Flotsam and Jetsam – The Cold

Voici un album de saison, en cette fin d’hiver : six ans après leur dernier album Dreams of Death, les trashers américains de Flotsam And Jetsam nous reviennent avec leur dixième opus, The Cold, paru le 18 février dernier chez Nuclear Blast. Après exactement trente ans de carrière, l’ancien groupe de Jason Newsted n’a jamais réussi à percer en dehors du milieu underground… Cela s’explique-t-il avec cette nouvelle galette ?


C’est une introduction calme et mystérieuse qui entame « Hypocrite », première piste de notre album. La voix profonde et énigmatique d’Eric Knutson nous plonge d’entrée de jeu dans une ambiance glaciale, qui se réchauffe d’un coup avec un solo échevelé. Les riffs coup de poing des deux guitaristes Mark Simpson et Michael Gilbert, typiquement trash tant dans le son que dans le rythme, ne laissent aucun doute sur l’identité musicale du combo de Phoenix. Le chant rappelle parfois un Bruce Dickinson dans les envolées et la scansion. Un très bon solo, envoûtant, vient conclure un premier morceau très engageant pour la suite.
Cette identité musicale se retrouvera sur la majorité de l’album, avec un talent certain. « Take », avec ses arpèges maîtrisés sur le refrain, son pont musical qui semble issu tout droit de Gladiator, mais aussi « Blackened Eyes », « Always » ou encore « Falling Short », sont autant de morceaux très trash, rappelant évidemment Metallica, guitares lourdes à l’appui, brillamment composés et interprétés, et magnifiquement bien soutenus par le batteur Craig Nielsen.
Parmi les pépites de l’album, on relèvera volontiers « Black Cloud », avec son dopée à la nitroglycérine, son chant au débit impressionnant, une partie batterie meilleure encore que sur le reste de l’album. Un morceau chargé d’adrénaline, parfait à écouter dans le métro à l’heure de pointe ! Un pont aux sonorités étranges, presque sinistre, débouche sur un solo exceptionnel dans le plus pur style « vol du bourdon ». On écoute encore avec plaisir  « Better Off Dead », morceau calme de l’album, avec sa partie acoustique et son refrain poignant, plein d’émotions… Toujours une agréable surprise de la part de trashers !
Enfin, nous nous attarderons un peu sur le morceau éponyme, « The Cold », tout simplement parce qu’il vaut le coup ! Un long morceau, 7 minutes 19, pour un petit chef-d’œuvre atmosphérique et musical. Tout commence par une longue introduction où les notes s’égrènent, envoûtantes, chamaniques, à demi malsaines et à demi féériques. Arrive la voix, profonde, légèrement saccadée, comme une incantation mélodieuse. Les roulements de caisse claire en fond contribuent à l’entrée en transe de l’auditeur. Puis, imperceptiblement, le morceau bascule dans le plus pur trash metal en l’espace de quelques secondes. Mais même à ce stade, on frissonnerait presque du froid que dégage ce morceau, tant l’ambiance en est travaillée et réussie. Le chant est impeccable, la guitare splendide, le refrain nostalgique… Puis arrivent les hurlements successifs des mots « the cold », à mi-chemin entre Testament et Linkin Park à la belle époque. La mélodie est maîtrisée jusque dans le cri le plus brutal, et le second refrain laisse place à un pont rappelant les dernières secondes, étranges, d’un « TheArt of Dying » de Gojira. Un solo à nouveau magnifique vient compléter cette totale réussite !  

On retiendra de cet album un véritable chef-d’œuvre, « The Cold ». Quelques excellents morceaux, une identité trahs à la fois bien définie et capable de variations subtiles chez les cinq types de Flotsam And Jetsam. Quelques petits ratés (le très kitch « Secret Life » en clôture notamment) sont certes regrettables, mais après dix albums, nos amis ont de la bouteille et connaissent la musique, à n’en pas douter. Brillant.

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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