Philm (+ The Lumberjack Feedback) au Glazart (08.03.2015)


Voilà quelque chose qu’on n’attendait pas : voir Philm se produire en France ! C’est pourtant bien ce qui est arrivé début mars sur la scène du Glazart. On peut difficilement rattacher ce trio à un genre particulier. Punk ? Metal ? Jazz ? Un peu les trois à la fois ma bonne dame ! Avec un très bon album sous le bras, et The Lumberjack Feedback en ouverture,  Dave Lombardo et sa bande avaient toutes les cartes en mains pour nous faire passer une très bonne soirée !

 


The Lumberjack Feedback


On commence donc avec du sludge teinté de doom, façonné à Lille. La première chose qui saute aux yeux est bien sûr la présence de deux batteurs sur scène. Au delà du manifeste coup de punch que la deuxième batterie donne à leur son, il est intéressant d’observer la symétrie dans les gestes des deux batteurs, voire même l’asymétrie lorsqu’ils ne jouent pas la même chose. C’est un régal pour le spectateur.
 

The Lumberjack Feedback, Paris, 2015, concert, Philm, Dave Lombardo,


La musique de The Lumberjack Feedback ne fait pas dans la dentelle. Ca envoie du gros riff de bûcheron, avec beaucoup de dynamique dans leurs morceaux étirés. Et quand ça ne tabasse pas, les musiciens nous taillent des passages planants qui rappellent avec nostalgie Isis. D’un point de vue sonore, rien à dire, ils ont un gros son qui arrive à rester bien précis. De plus, la mise en place des musiciens est vraiment au point, c’est vraiment plaisant de se laisser happer dans leur musique. Et contrairement à un certains nombre de groupes instrumentaux, le chant ne se fait pas du tout désirer !
 

Ce soir, The Lumberjack Feedback nous donne un avant-goût de leur premier album à paraître, et ça s’annonce plutôt bien, avec des compositions qui regorgent de riffs massifs et autant d’accélérations que d’envolées éthérées. Ca sonne, et on en redemande. Miam ! Et c’est sûr un passage drone/noise, suivi de ce qui semble être une improvisation nihiliste que les Lillois concluent leur set. On comprend mieux pourquoi leur guitariste Simon Herbaut porte un t-shirt Sunn o))). Vous l’aurez compris, rien que pour la première partie, ce concert valait le coup. On peut déjà dire que les absents auront eu tort. Vivement l’album !

 


Philm


Après la claque administrée par les lillois, c’est à Philm d’investir la scène du Glazart, et ils avaient fort à faire pour être aussi bons. Sans roadie. On voit donc le trio monter son matériel seul, à l’exception d’un coup de main donné par l’orga. On voit donc Dave Lombardo monter sa batterie seul, et cette vision est un spectacle en soi, on ne peut plus authentique loin des projecteurs de Slayer. C’est sur une intro’ bruitiste que le trio commence son set, avant d’enchaîner sur la chanson titre du dernier album « Fire From The Evening Sun ».
 

Philm, Dave Lombardo, live, Paris, 2015,


Assez injustement, tous les objectifs des photographes sont braqués sur Dave. Certes, le talent du bougre n’a plus à être démontré, mais ses coéquipiers sont eux aussi des brutes dans leurs domaines respectifs. La deuxième partie du morceau très thrash/hardcore lance ce concert sur de très bons rails. Le groupe est très bien en place, et Garry Nestler assure avec brio au chant clair comme hurlé. De son côté, Dave cogne comme un possédé sur sa batterie, avec un visage qui transpire (littéralement) une implication totale dans sa musique. Il est assez hypnotisant de le voir jouer de si près dans le petit espace qu’est le Glazart, même si on plaint les premiers rangs qui doivent en prendre plein les oreilles.

Philm, Live, Paris, 2015, Glazart, Pancho,


Soudain, Pancho a un problème avec sa basse. Là où tout concert normal s’arrêterait, Garry et  Dave se lancent dans une jam improvisée  sur le rythme de « Lady of The Lake ».  Et leur performance se transforme en concert de jazz. Les problèmes continuent, mais rien n’arrête le trio : Dave casse sa pédale de grosse caisse et éclate de rire en disant « Je vous jure, ça n’arrive pas normalement ! » Pour faire patienter le public, nous avons droit à un superbe solo de basse de Pancho.
 

Philm, Dave Lombardo, 2015, concert, Glazart, live report,


En fait, le set est axé sur le deuxième album, et c’est une bonne chose car il est beaucoup plus accessible et taillé pour le live que Harmonic. Le concert défile vite, avec une maîtrise instrumentale qui laisse pantois. De fait, on croirait faire face à des musiciens de jazz jouant du punk. Et ça sonne terrible, en plus d’avoir une empreinte musicale bien particulière ! A un moment, on a même droit à une belle blague de Dave qui joue la mythique intro de « Criminally Insane » de Slayer. Toute l’audience retient son souffle, mais ça n’aura pas lieu. Avec le sourire, le concert continue et se dirige vers la fin. Clairement, cette performance de Philm transforme l’essai marqué avec leur deuxième album.  Trio de virtuoses, le groupe a su allier précision et improvisation pour donner un concert pêchu et assurément humain. Un excellent moment passé avec l’ex-thrasher et ses acolytes. Malheureusement, le public n’était pas venu en masse, rares sont les mélomanes qui auront pu profiter de ce moment privilégié. Dommage !

Reportage par Tfaaon

Photos 1 et 2 : © 2015 Nidhal Marzouk  / Yog Photography
Photos 3 et 4 : © 2015 Brian Ravaux / ImmortalizR
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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