Moonspell (+ SepticFlesh) au Trabendo (31.03.2015)

Quand le loup croque le titan
 

Avec Extinct, les Portugais de Moonspell se maintenaient sur un très bon cap musical, qui ne demandait qu’à être confirmé sur scène. Pour s’exécuter, une tournée avec leurs amis de Septicflesh semblait être un excellent écrin, d’autant plus que le dernier album de la formation grecque en a lui aussi convaincu plus d’un. Ce concert allait-il tenir ses promesses ?


 

Septicflesh


Après une introduction orchestrale ténébreuse caractéristique du groupe, Septicflesh attaque son concert avec « War in Heaven », chanson d’introduction de Titan. Premier constat, Seth pète la classe ! Avec son armure de cuir et sa basse Vigier, il en impose sacrément, d’autant plus que le chanteur est très en voix ce soir. Les fans du groupe savent que Seth a un discours peu renouvelé en concert, et se retrouve souvent à répéter les mêmes invectives au public pour l’encourager. Ce soir, nous aurons donc droit à pas moins de onze « Destroy !!! » [NDRL : la rédaction a compté] hurlés par le meneur de Septicflesh, parfois accompagnés du désormais classique «  Come on, motherfuckers !! ». On ne change pas une équipe qui gagne, n’est-ce pas ?
 

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Malheureusement, malgré une setlist plutôt efficace bien que complètement axée sur les trois derniers albums du groupe, on commence à déceler des défauts sur le tableau. Déjà, il y a le son. Habituellement servis par un son massif au service de ses riffs pachydermiques, la mise en son est ce soir mal équilibrée, mettant beaucoup trop en avant la grosse caisse et les samples. Ces mêmes samples nous rappellent d’ailleurs à quel point ils pourraient être exécutés par un claviériste plutôt qu’un ordinateur, mais que voulez-vous, des chansons sur un ordi, c’est plus pratique ! [et moins cher.] En conséquence, les guitares sont gobées par le reste, ce qui enlève une bonne partie de la puissance de leur attaque. Par ailleurs, pour ceux qui l’avaient oublié : la machine de guerre qu’est Fotis Bernardo n’est plus dans Septicflesh depuis plusieurs mois. Pour le remplacer, le groupe a choisi le jeune Kerim “Krimh” Lechner. Si ce dernier délivre une performance honorable, on est loin, très loin du jeu massif et véloce de Fotis, qui, on s’en rend compte maintenant, contribuait énormément à la puissance de Septicflesh sur scène. C’est la première tournée de Krimh avec le groupe, il a encore le temps de s’améliorer, mais ça se ressent directement sur la performance des Grecs.
 

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On aurait pu croire que « Pyramid God » relancerait le set, mais rien n’y fait. On s’ennuie presque ! Et ce n’est pas ce qui se passe normalement à un concert de Septicflesh. Les orchestrations, très belles et bien travaillées au demeurant, sont toujours trop en avant. Leur problème est qu’ils veulent reproduire exactement ce qui est sur l’album en se reposant sur l’ordinateur, alors qu’une vision plus pragmatique, en adaptant les chansons d’une autre manière pour les concerts, serait sans doute plus appropriée pour enlever au concert son côté artificiel. Enfin, ce set manque de dynamique : ça blaste, ça blaste, mais pas beaucoup de variations sont à relever. Les chansons s’enchaînent et se ressemblent, une impression qui pourrait être atténuée en jouant plus d’anciens morceaux, étant donné que les trois derniers albums de Septicflesh sont assez proches musicalement parlant. En tout cas, le public ne semble pas partager cet avis, et manifeste avec moult cris son enthousiasme, particulièrement sur l’hymnique « Anubis », où Seth invite une fois de plus le public à « destroy » la salle. Copie à revoir pour un groupe dont on attendrait plus.
 

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Setlist :

War in Heaven
Communion
Order of Dracul
A Great Mass of Death
Pyramid God
Titan
Prototype
The Vampire from Nazareth
Lovecraft's Death
Anubis
Prometheus

 

Moonspell


Après le gros death metal de Septicflesh, le metal gothique de Moonspell aurait pu paraître bien inoffensif. Que nenni, ma bonne dame ! Les Portugais envoient la sauce d’entrée de jeu, avec une sélection des meilleurs titres d’Exctinct, notamment les excellents « Medusalem » et son refrain entraînant et le tubesque « The Last of Us ». Scéniquement, Fernando Ribeiro est un sacré meneur : il sait comment tenir un public. Vocalement il assure très bien, et sa voix grave fait toujours son petit effet. On note tout de même une petite faiblesse lorsqu’il doit tenir des notes aigües, mais rien de rédhibitoire !
 

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Le reste du groupe est bien en place et assure le boulot comme il se doit, particulièrement la section rythmique basse/batterie. Il y a un peu plus de laisser aller du côté de Ricardo Amorim au niveau des solos, qui sont un peu brouillons. Rien à redire sur la rythmique en tout cas, les riffs sont bien aiguisés, ça claque ! Pour faire écho aux remarques sur Septicflesh, il doit être noté que Moonspell fait l’effort d’avoir un claviériste sur scène, et ça change tout ! Cela permet avant tout de donner un côté plus humain et chaleureux, mais également d'apporter une touche différente aux chansons jouées par rapport aux versions studio, permettant ainsi au public de découvrir les pistes du groupe sous un autre angle.
 

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Il y a beaucoup de fumée sur scène, on est bien mis dans l’ambiance associée à la musique de Moonspell. Force est de constater que les nouvelles chansons s’intègrent parfaitement au set et fonctionnent bien sur scène, alors que le groupe s’autorise aussi quelques détours sur Irreligious et Wolfheart, qui fête ses vingt ans cette année comme le rappelle Fernando. Entres les chansons, ce dernier remercie chaleureusement le public pour son accueil, et en français, s’il vous plaît ! On voit d’ailleurs que le public avec joie les plus vieux morceaux du groupe, ce qui se manifeste dans un beau boxon dans la fosse. Ce chanteur est vraiment le pilier du groupe sur scène, avec une belle implication doublée d’une présence imposante, ce qui permet au groupe rester intense, y compris lorsqu’il joue une ballade comme « The Future is Dark ».
 

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Dans ce registre bien gothique, « Aetegina » fait figure d’intrus avec ses mélodies celtiques qui pourraient nous faire croire qu’on se trouve à un concert de folk pagan, mais le public n’en est absolument pas dérangé. Et c’est dans cette ambiance festive que le groupe se retire déjà pour un rappel. Et Moonspell termine de gâter son auditoire français en interprétant « La Baphomette », chanson du dernier album avec des paroles dans la langue de Molière. Et ça fait mouche ! Malin, le combo termine sur un « Full Moon Madness » qui met tout le monde d’accord. Ce soir, le Portugal aura battu la Grèce !
 

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Setlist :

Breathe (Until We Are No More)
Extinct
Night Eternal
Opium
Awake!
The Last of Us
Medusalem
...of Dream and Drama (Midnight Ride)
Funeral Bloom
Malignia
Em nome do medo
The Future Is Dark
Vampiria
Ataegina
Alma Mater

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La Baphomette
Full Moon Madness 

Reportage par Tfaaon (Facebook)

Photos : Arnaud Dionisio / © 2015 Ananta
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe



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