Tribulation – The Children of the Night

Rappelez vous, il y a environ un an et demi, nous vous parlions de cette formation suédoise prometteuse du nom de Tribulation. Sans nous attribuer la paternité de cette découverte, celle-ci revenant à un de nos confrères de la presse papier (Charlélie Arnaud de Rock Hard pour ne pas le nommer), nous avions largement su apprécier la formule proposée par le groupe. La longueur de l’album et une production peut être un peu datée (mais résultant d’un choix artistique totalement assumé) étaient alors les seuls reproches que nous osions formuler.

Aujourd’hui, non seulement Tribulation est de retour, mais ils ont également enrichi leur expérience scénique en tournant récemment aux Etats-Unis avec Behemoth et Cannibal Corpse. De quoi insuffler un peu plus de violence dans leurs compositions ? Et bien la réponse est non.

Du death metal, Tribulation ne pioche que les éléments qui l’intéressent, comme ces vocaux rappelant les grandes heures du death suédois (presque black metal d’ailleurs). L’influence Opethienne (période Orchid/Morningrise) est toujours présente également (« Winds »). Mais les compositeurs Johannes Andersson (basse et chant) et Jonathan Hultén (guitare) sont également de grands amateurs de films d’horreur et cela se ressent dans leurs morceaux. Dès les premières notes d’harmonium de « Strange Gateways Beckon », une ambiance digne des films de Vincent Price s’installe. D’ailleurs cette touche proche des BO de films se retrouve également lors du court instrumental « Cauda Pavonis » (on pense également au Fantôme de l’Opéra).

Tribulation, Children of the Night, Review, Suède

Tel un Ghost du death metal, Tribulation distille également des influences doom seventies très bien digérées (l’instrumental « Själaflykt »), sans aller jusqu’à flirter avec la pop, au contraire de Papa Emeritus et ses goules anonymes. L’album est dense, mais les compositions sont néanmoins très accrocheuses et évitent l’ennui (« Melancholia »), malgré leur relative longueur (elles sont majoritairement comprises entre 5 et 6 minutes). La production retro rappelle celle de leur précédent opus, mais Tribulation assume entièrement l’aspect vintage qu’il dévoile dans ses compositions, celui-ci faisant désormais partie intégrante de sa signature sonore et de son identité.

On retiendra aussi certains soli de guitare bluesy, gorgés de feeling, tels que ce « Strains of Horror » (le meilleur morceau de l’album) ou encore les harmonies de guitare à la Maiden de « The Motherhood of God », qui ajoutent de la richesse à la musique du quatuor.

Tribulation, Review, Children of the Night, Death Metal, Suède,

Au rang des reproches, on pourra souligner peut être le manque d’inventivité des parties de batteries de Jakob Ljungberg, celles-ci étant un peu simplistes et peu sujettes à variations, tout comme certains riffs un peu trop classiques. Mais ces éléments ne gâchent en rien l’écoute.

Ni moins bon, ni meilleur que The Formulas of Death (qui était vraiment excellent), The Children of the Night ne bénéficie peut être plus de l’effet de surprise lié à la découverte du groupe. Néanmoins, à la croisée des chemins entre le death, le black, le doom, le prog et le hard rock seventies, Tribulation semble avoir trouvé son identité et renouvelle le genre en apportant sa personnalité dans des compositions accrocheuses. Ce troisième album est aussi réussi que son prédécesseur et les titres combleront les plus ouverts d’esprit. Nul doute qu’il ne faudra pas louper leur prestation au prochain Hellfest. Rendez-vous est pris sous la Altar le dimanche 21 Juin.

Note : 8,5/10

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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