Blind Guardian (+ Orphaned Land) au Bataclan (14.04.2015)

C’est une très belle affiche que Garmonbozia nous a concoctée en faisant cohabiter le power metal puissant de Blind Guardian avec le metal progressif oriental d’Orphaned Land. S’il est étonnant de retrouver les Israëliens en ouverture d’un groupe de power metal (étant donné leur popularité qui ne cesse de monter) ce choix aura été pertinent car le groupe a su séduire l’ensemble du public ce soir.

D’autre part, les fans de Blind Guardian attendaient ce concert avec impatience, la formation allemande n’ayant pas foulé les planches d’une salle parisienne depuis 2010. En dépit de cela, le Bataclan n’est malheureusement pas complet et la salle se retrouve ainsi en configuration réduite (les barrières du pit photos sont installées à deux bons mètres de la scène). Qu’importe, les deux groupes sauront instaurer une proximité avec le public, même si celle-ci est mise à mal par une telle distance entre la scène et la fosse.

Orphaned Land

Après avoir fêté les dix ans de Mabool l’année dernière sur la scène du Divan du Monde, les Israeliens s’attaquent là à une plus grosse salle de la capitale française. C'est avec le morceau éponyme d'All Is One, leur dernier album que les musiciens entrent en scène. Ne disposant pas d’un temps de jeu très conséquent, Kobi Fahri (chant) et ses coéquipiers n'ont cependant pas beaucoup d’efforts à faire pour convaincre le public parisien. En effet, dès « Barakah », l’audience frappe dans ses mains et ce à chaque incitation du chanteur de la formation. Celui-ci se révèlera d'ailleurs très en voix, à la fois à l'aise sur les parties lyriques des morceaux, tout comme sur les passages en voix death disséminés tout au long des titres.

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Du côté des musiciens, Matan Shmuely (batterie) fait le show, malgré l'aspect technique prépondérant dans certains titres du combo. Chen Balbus et Idan Amsalem (guitares), malgré leur récente intronisation au sein d'Orphaned Land, semblent désormais bien intégrés. De même, si l'on regrette malgré tout le départ de Yossi Sassi, Idan, son successeur, n'a aucune difficulté pour en réinterpréter les plans de guitare.

Orphaned Land, Kobi Fahri, Bataclan, Live Report, Review

Il est plaisant de voir un public aussi investi pour un groupe d’ouverture, ce qui prouve bien le statut particulier des Israéliens dont l'ascension continue encore et toujours. Avec « The Kiss of Babylon », le combo se lance dans l’un de ses meilleurs titres, dont la partie vocale orientale est reprise en chœur par le public qui participe tout au long du set. Il faut dire que Kobi Fahri dispose d'un fort capital sympathie en plus d’être un excellent vocaliste, ce qui aide l’audience à s’investir dans ce concert.

Orphaned Land, dont le message de paix et de tolérance entre les peuples est toujours mis en avant, se voit rejoint par une danseuse du ventre libanaise et musulmane sur « Sapari », preuve selon le chanteur qu’une cohabitation entre les religions est possible. C'est sur « Norra el Norra » que les musiciens concluent un excellent set bien équilibré mais malheureusement trop court, première partie oblige.

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Setlist :

All is One
The Simple Man
Barakah
The Kiss of Babylone (The Sins)
Birth of the Three (The Unification)
Olat Hatamid
Sapari
In thy never ending way
Norra el Norra (Entering the Ark)/ Ornaments of Gold

Blind Guardian

Hansi Kürsch et ses acolytes sont attendus de pied ferme par leurs fans ce soir. En effet, la formation allemande n'avait pas mis les pieds dans la capitale depuis cinq ans. Autant dire une éternité pour le public qui n'aura de cesse de hurler des sempiternels “guardian!  guardian! “ avant le concert et entre les morceaux. En promotion de son dernier album, Beyond the Red Mirror, le gardien aveugle démarre logiquement son set avec « The Ninth Wave», qui a le mérite de déclencher l’hystérie dans la fosse. C'est que les Parisiens souhaitent faire un bon accueil à Blind Guardian, d'autant plus que le combo enregistre tous les concerts de la tournée en vue d'un CD live.

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Avec « Banish from Sanctuary », Blind Guardian enfonce le clou et ce sont des pogos endiablés qui se déclenchent dans la foule, preuve que le power metal peut avoir un effet similaire au thrash lorsqu'il est bien joué. D'ailleurs, les Allemands maitrisent leur sujet et leur style à la perfection, en alliant puissance et mélodie. Le leader de la formation, Hansi Kürsch, est positionné pied sur le retour et montre qu'il est en voix. Il cherche également à communiquer au mieux avec le public, allant jusqu’à jurer en français entre deux morceaux pour nous prouver qu'il maitrise la langue de Molière. André Olbrich et Marcus Siepen (guitares) ne sont pas moins impliqués et sont bien aidés par un son plutôt bon, surtout en solo. On n’en dira pas autant de la batterie de Frederik Ehmke, qui écrase un peu le reste, notamment lors de ses passages les plus speed. 

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Malheureusement, après un départ sur les chapeaux de roue, la redondance de certaines compositions fait un peu office de ventre mou sur ce concert (« Prophecies », « The Last Candle »). C’est alors que le groupe a la bonne idée de varier les plaisir et d’interpréter « Miracle Machine » et « A Past and Future Secret » en acoustique, bien suivi par le public qui apprécie cette ambiance plus intimiste. Les titres puissants et speed reprennent enfin le dessus avec notamment « Imagination from the Other side », qui constitue l’un des grands classiques des Allemands.

Blind Guardian s’éclipse alors. Le public est d’abord surpris puisque le concert semble avoir débuté il y a peu, mais le combo germanique a prévu deux rappels ce soir. Et qui plus est, c’est une avalanche de classiques de la formation qui vont être joués. On retiendra notamment un excellent « Valhalla », dont le refrain est repris en chœur par une foule aux anges, qui d’ailleurs ne semble pas vouloir s’arrêter  et qui continue de le chanter a capella pour le plus grand bonheur d’Hansi.

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Le second rappel verra les musiciens interpréter encore un morceau en configuration acoustique. Mais ce dernier n’est autre que « The Bard Song », peut être le titre le plus connu des gardiens. Le public chante les paroles encore une fois. André et Marcus ont d’ailleurs un grand sourire aux lèvres, preuve qu’ils ne sont pas insensibles à l’accueil du public français. « Mirror Mirror » vient conclure un concert de plus de deux heures, au cours duquel les allemands auront reçu un accueil impressionnant de leur public, qui ne souhaite certainement pas attendre encore cinq ans avant de revoir Blind Guardian à Paris. La présence d’Orphaned Land sur cette affiche est également un point fort de ce concert, puisque les Israëliens ont, comme à chaque fois, délivré une excellente prestation.

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Setlist Blind Guardian

The Ninth Wave
Banished from Sanctuary
Nightfall
Fly
Tanelorn (Into the Void)
Prophecies
The Last Candle
Miracle Machine (acoustic)
A Past and Future Secret (acoustic)
Bright Eyes
Welcome to Dying
Imagination from the Other Side

Rappel :

Into the Storm
Twilight of the Gods
Valhalla

Rappel 2 :

Wheel of Time
The Bard’s Song – In the Forest
Mirror Mirror

Merci à Garmonbozia
Photographies :  
Arnaud Dionisio / © 2015 Ananta
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



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