European Carnage (Megadeth + Slayer) au Zénith de Paris (26.03.2011)


Carnage Thrash au Zénith, aucun survivant à déplorer

par Vyuuse


Les fans parisiens de sensations fortes ont répondu présent le 26 mars. Et pour cause : Megadeth et Slayer, deux groupes majeurs dans l’histoire du Thrash Metal, étaient réunis ce soir pour montrer aux headbangueurs que leur faim n’a pas disparu. L’Ange de la Mort plane au dessus du Hangar 18…

 


ZUUL FX

 

Et ce sont des français qui ont été choisis pour ouvrir cette soirée infernale. Comment les thrashers allaient-ils accueillir ce groupe qui se situe quelque part entre le Thrash et le neo metal ? Le public était dans l’ensemble calme et passif, ce qui donnait un contraste avec le chanteur qui se démenait sur scène. Il semblerait que la musique groovy et énergique de nos compatriotes n’ait que peu convaincu ce soir. Si le chanteur arrivait à faire scander des « Fuck off », son envie de voir des circle pits n’a pas été satisfaite. Il est difficile de conquérir une foule avec un son aussi bas et des graves malheureusement trop présentes. On peinait à entendre le guitariste, Symheris, de T.A.N.K., qui joue avec le groupe comme remplaçant. A croire qu’une musique énergique et un chanteur charismatique n’ont pas suffi au groupe, choisi au pied levé, pour s’attirer la sympathie des présents.

Zuul FX Live

 

Au grand étonnement de beaucoup de fans, c’est le décor de Slayer qu’on installe en premier. Deux logos du groupe sont suspendus derrière un fond noir. Et aux Californiens de rentrer en piste.

 

 

SLAYER

 

C’est sur « World Painted Blood » et « Hate Worldwide » que les hostilités commencent. Et au public de se réveiller et de s’échauffer sur ces deux titres du dernier album, qui font leur effet en live. Une bonne entrée en matière pour la déferlante Thrash qui s’abat sur le Zénith. Ce n’est pas un scoop, Slayer ne fait pas dans la dentelle. Décor simple au possible, musiciens en place, mais cela n’empêche en rien de donner un show intense et violent.

La performance en demi-teinte du dernier Hellfest est maintenant oubliée. Tout le monde est en forme, surtout Tom Araya, dont on retrouve la furie primaire. Si le headbang est maintenant hors de question, ses cris déchirants ne manquent pas de se faire entendre. Et ce n’est pas le hurlement au début du tube « Angel of Death » en fin de set qui lui donne tort. Les autres membres ne sont bien sur pas en reste, Dave « Thunderdave » Lombardo massacre sa batterie à n’en plus finir, et l’éternel Kerry King se démène comme un beau diable en nous servant à tour de bras ses riffs assassins. Mais les interrogations se portent surtout sur Gary Holt, guitariste et membre fondateur d’Exodus, qui remplace Jeff Hanneman sur cette tournée. Si la maîtrise de son instrument n’est plus à prouver, on regrettera qu’il soit en retrait dans les balances et sur scène. On se doute que toutes ces grimaces dont il a le secret se prêtent moins à la musique diabolique de Slayer. On peut également comprendre cette réticence à se mettre en avant dans un groupe qui n’est pas le sien.

Malgré cela, Tom ne manquera pas de le remercier en fin de set, lors d’une de ses rares interventions au micro. Si on peut difficilement lui reprocher des défauts de hurleur, on peut voir qu’il ne s’est toujours pas amélioré pour communiquer avec le public. On remarque d’ailleurs que son discours introduisant le classique « Dead Skin Mask » est le même depuis le live historique Decade of Agression. Fort heureusement, cela ne nuit pas à l’interprétation rageuse des chansons, qui sont autant d’obus Thrash qui font mouche.

Slayer Live

 

Ces obus choisis sont sur cette tournée de vieux titres pour la plupart. En effet, à part quatre titres de World Painted Blood et un de God Hates Us All (« Payback »), tous sont issus des cinq premiers albums (bien que Hell Awaits ne soit pas représenté ce soir). Les classiques, tels que « Raining Blood », « War Ensemble » ou « South of Heaven » sont bien évidemment de mise, et le public est toujours présent pour se détruire cervicales et cordes vocales dessus. Mais le groupe a su convaincre en sortant des vieux titres des tiroirs, comme l’implacable « Postmortem », le fougueux « Antichrist » ou encore l’enragé « Silent Scream ».

C’est donc un set intense d’environ 1h15 sur lequel le groupe et le public on pu déchaîner toute leur rage et montrer une fois de plus leur ferveur envers le Thrash Metal, dans un de ses aspects les plus violents. On notera que le groupe était servi par un son plus que satisfaisant, qui rendait honneur à ce spectacle sanglant.

 

Setlist :

- World Painted Blood
- Hate Worldwide
- War Ensemble
- Postmortem
- Temptation
- Dead Skin Mask
- Silent Scream
- The Antichrist
- Americon
- Payback
- Seasons in the Abyss
- Snuff
- South of Heaven
- Raining Blood
- Black Magic
- Angel of Death

Après la déferlante brutale qui s’est abattue sur la tête des quelques 4000 thrashers présents ce soir, place à un aspect plus hargneux et technique. Place à Megadeth.

 


MEGADETH

 

C’est maintenant au tour de la bande de Dave Mustaine d’asséner le coup final de la soirée. Si le public se montre moins violent qu’avec les assassins, cela ne les empêche pas d’apprécier le set carré et riche en classiques que nous servira Megadeth ce soir. Classique est en effet le premier mot qui vient à l’esprit quand on regarde la setlist. Le groupe passe en revue les albums de Peace Sells… Bur Who’s Buying? à Cryptic Writings et fait une légère promotion d’Endgame, de manière relativement équilibrée. Pas d’album surreprésenté, les albums bénéficiant de la meilleure exposition sont Rust in Peace et Endgame, avec trois titres chacun. Les titres de ce dernier sont d’ailleurs lâchés en milieu de set, ce qui fait qu’il n’est pas tellement mis en avant. Bizarre pour un album dont la tournée sert à le promouvoir. Cependant, les titres récents comme « 1,320 » ou « Head Crusher » se mêlent bien aux plus anciens, tels que « Hangar 18 » ou « Peace Sells », pendant laquelle un Vic Rattlehead en costume vient haranguer la foule. Un clin d’œil à Iron Maiden ?

On notera aussi la présence d’une petite rareté, « Angry Again », de l’EP Hidden Treasures, qui a su faire son effet. Face à la dévastation  proposée par Slayer, Megadeth propose un contrepied en commençant son set avec deux titres mid-tempos, « Trust » et « In My Darkest Hour », riches en émotion. Le raffinement de "Trust" contre la brutalité vicieuse de « World Painted Blood ». Aux fans d’avoir leurs préférences, mais on peut féliciter le fait que chaque groupe cherche à affirmer sa personnalité, et, de fait, à nous délivrer deux concerts réellement différents alors qu’ils appartiennent à la même famille.

Megadeth

 

On peut saluer aussi le son dont bénéficie Megadeth, limpide au possible, laissant sa place à chaque instrument, bien que Chris Broderick soit mis un peu en retrait, ce qui était flagrant pendant les duels de guitares. La prestation était carrée et sans défaut, les musiciens de Megadeth sont connus et reconnus pour leurs qualités d’instrumentistes, qui n’ont pas manqué ce soir-là. Broderick reproduisait fidèlement les solos de son illustre prédécesseur Marty Friedman, sans pour autant le faire oublier. Si le talent de guitariste de Dave Mustaine n’est plus à prouver, beaucoup lui reprochent de ne pas retransmettre aussi bien les lignes de chant de ses compositions, on peut dire qu’il a réussi son pari ce soir-là en nous délivrant une prestation vocale tout à fait correcte.

On pourra en revanche lui faire les mêmes reproches qu’à Tom Araya en termes de communication avec le public, avec le discours de remerciements qui ne change pas de tournée en tournée. Malgré cela le groupe semblait heureux d’être là et de jouer devant tant de fans en tête d’affiche. Joie qui est d’autant plus compréhensible que leur dernière date en tête d’affiche à Paris s’est faite à l’Elysée Montmartre, dont l’actualité est plus qu’incertaine...

 

Setlist :

- Trust
-
In My Darkest Hour
-
Hangar 18
-
Wake Up Dead
-
Poison Was the Cure
-
Angry Again
-
How the Story Ends
-
She-Wolf
-
Head Crusher
-
1,320'
-
A Tout Le Monde
- Sweating Bullets

Rappel 1

- Symphony of Destruction
-
Peace Sells

Rappel 2

- Holy Wars... The Punishment Due

 

Cette soirée a permis de montrer que les thrashers français répondent toujours présent à l’appel du sang. Si le Zénith n’était pas complet, il a tout de même accueilli 4000 headbangueurs, ce qui est assez encourageant pour des groupes que l’on croyait en baisse de popularité. Ce regain de notoriété est-il un présage à une éventuelle poussée créative ? L’avenir nous le dira.


Vyuuse


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