The Gentle Storm (+ Stream of Passion) au Divan du Monde (22.04.2015)

In the Valley of the Queens

Après avoir participé au concert des Sirens dans cette même salle il y a quelques mois, Anneke Van Giersbergen est de retour au Divan du Monde. La maîtresse de cérémonie (l’affiche du concert indique Anneke presents The Gentle Storm) est venue donner vie sur scène au projet initié en compagnie d’Arjen Lucassen. Si le géant hollandais n’est malheureusement pas de la partie ce soir, son ombre plane au dessus de cette soirée puisque Stream of Passion, autre groupe de métal féminin dont il est à l’origine, a pour mission d’ouvrir le concert de ce soir. Les fans d’Ayreon ne sont donc pas déboussolés par l’affiche de ce soir qui rappelle le nombre impressionnant de projets que Lucassen a initié.

Stream of Passion

Si, comme nous l’avons évoqué précédemment, Arjen Lucassen est à l’origine de la formation de Stream of Passion, ayant également composé leur premier album (Embrace the Storm), le concert de ce soir nous permet d’évaluer le chemin parcouru par Marcela Bovio et ses acolytes depuis 10 ans. A ce titre, seulement deux morceaux du premier album seront interprétés ce soir, preuve de l’émancipation réussie du groupe par rapport à son mentor. De plus, les Hollandais mettent l’accent sur leur dernier album en date, A war of our own, en interprétant trois extraits à la suite dès le début du set.

Marcela Bovio, Stream of Passion, Ayreon,

Dès « Monster », le premier titre joué ce soir, on s’aperçoit que les mexicano-hollandais sont en forme, à l’image des deux guitaristes Eric Hazebroek et Stephan Schultz . Marcela Bovio est bien en voix, faisant preuve de puissance comme d’émotion, suivant ce qu’exigent les compositions.
Tout le monde est bien en place et les deux six cordistes, accompagnés de Johan Van Stratum à la basse, headbanguent et sollicitent le public. Marcela en profite également pour s’exercer au français entre deux titres et cherche à créer une vraie proximité avec le public. D’un point de vue musical, il est tout de même dommage que le violon de la chanteuse soit sous-mixé lorsqu’elle l’utilise. Les parties de batterie et les riffs de guitare un peu trop fort empêchent ainsi l’apport de ces touches celtiques dans la musique du combo.

Marcela Bovio, Stream of Passion, Review, Live report,

Mais le temps fort de ce set reste la reprise de Radiohead, « Street Spirit », qui si elle n’atteint pas le degré d’émotion du morceau original, a le mérite d’être proposée dans une version qui respecte l’identité de Stream of Passion. Les musiciens parviennent à s’approprier le titre et récoltent des applaudissements nourris par le public.

Au final, les Hollandais auront été un très bon choix de première partie, totalement dans l’esprit de The Gentle Storm, avec des musiciens tellement investis que certains resteront sur scène pour le set de la tête d’affiche.

Stream of Passion, Marcela Bovio, Gentle Storm,

Setlist Stream of Passion

Monster
A War of our Own
The Curse
Deceiver
Exile
Don’t let go
Street Spirit (Radiohead cover)
In the End
Haunted

The Gentle Storm

Si l’accueil reçu par The Diary à la fois par la presse et par les fans a été plutôt positif, nombreux sont ceux qui attendaient de pouvoir juger sur scène de la qualité des compositions. Alors que l’album présente les mêmes morceaux en deux versions, il était évident que le live nécessitait de mettre en avant les interprétations Storm pour ne pas perdre le spectateur et conserver l’énergie de la scène. C’est le choix qu’Anneke et ses partenaires ont donc logiquement privilégié, débutant ce set par « Endless Sea », le morceau d’ouverture de The Diary

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Les spectateurs sont immédiatement plongés dans l’ambiance maritime qui plane au dessus de ce projet, et sont prêts à embarquer pour le voyage en compagnie d’Anneke et ses musiciens. Johan Van Stratum et Marcela Bovio de Stream of Passion sont donc resté sur scène pour compléter le line-up. Les six-cordes sont tenues par Ferry Duijsens, un habitué des tournées avec Anneke, et par Merel Bechtold, une jeune guitariste très talentueuse qui apporte un peu de fraîcheur sur scène. A ce sujet, nous soulignerons que la présence de trois femmes sur scène est intéressante surtout dans une musique où la gente féminine est généralement moins représentée.

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Avec « Heart of Amsterdam », The Gentle Storm propose l’un des titres les plus accrocheurs de leur dernier opus, aux influences celtiques marquées, qui plaît immédiatement à l’audience. Anneke est toujours aussi juste vocalement, et sa voix parvient toujours à allier émotion, douceur et lyrisme. Elle est bien aidée en cela par Marcela Bovio qui fait office de choriste de luxe, sans jamais empiéter sur la voix lead.

Mais l’intérêt de ce concert réside également dans les surprises qui viennent ponctuer la setlist, comme « Eléanor », reprise de l’ancien groupe de la chanteuse, The Gathering. Ce morceau permet de se replonger dans le passé doom/atmosphérique de la vocaliste et fait office de temps fort du concert. Les claviers de Joost van den Broek (ex-After Forever) y tiennent d’ailleurs une place prépondérante. On retiendra également l’interlude acoustique, qui verra Anneke, seule sur scène, interpréter une reprise parfaitement réussie de « Wish you were here » de Pink Floyd, forte en émotion. La vocaliste profite également de cette intimité et se permet de blaguer avec ses fans entre les morceaux, se faisant tantôt espiègle, tantôt charmeuse.

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Les deux reines de la soirée, Anneke et Marcela se retrouvent pour interpréter en duo « Valley of the Queens » d’Ayreon, preuve que l’ombre de Lucassen n’est jamais très loin, avant d’enchaîner sur un autre titre du projet du Hollandais, « Comatose » (issu de 01011001). Après cet interlude acoustique, The Gentle Storm revient à l’électrique et à The Diary (« Cape of Storm »), avant de bifurquer à nouveau vers des reprises surprises comme « Isis and Osiris » issu de Into the Electric Castle (Ayreon).

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Si les morceaux de The Gentle Storm passent bien le cap de la scène, ce sont bien ces reprises parcourant l’ensemble de la carrière de la chanteuse qui sont plébiscitées. D’ailleurs, en guise de rappel, les musiciens choisiront de reprendre « Fallout », fruit de la collaboration entre Anneke et Devin Townsend.

C’est « Shores of India », porté par ses harmonies orientales et son refrain accrocheur, qui conclura ce set fort en émotion, pour lequel le public s’est réellement investi. Ce concert aura permis de voir que The Gentle Storm n’est pas qu’un projet studio et qu’il peut malgré tout survivre à l’absence de son géniteur, comme Stream of Passion actuellement. La présence de reprises ponctuelles, associées à l’œuvre d’Arjen Lucassen a cependant permis de rendre hommage au musicien hollandais, que l’on espère retrouver un jour sur les planches. Quoi qu’il en soit, les spectateurs semblent avoir passé une excellente soirée, qui va se poursuivre en compagnie d’Anneke, celle-ci retrouvant immédiatement ses fans une fois le concert terminé pour faire, une fois de plus, preuve de toute sa générosité.

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Setlist Gentle Storm

Storm versions :
Endless Sea
Heart of Amsterdam
Brightest Light
The Storm
Eléanor (The Gathering cover)
New Horizons

Acoustic/Gentle versions

Wish you were Here (Pink Floyd cover)
The Moments
Valley of the Queens (Ayreon cover)
Comatose (Ayreon cover)

Storm versions
Cape of Storms
The Greatest Love
Waking Dreams (Ayreon cover)
Strange Machines (The Gathering cover)
Isis and Osiris (Ayreon cover)

Rappel :
Fallout (Devin Townsend Project cover)
Shores of India

Merci à Garmonbozia
Photographies : Arnaud Dionisio 
© 2015 / Ananta
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe.



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