Satyricon (+ Vredehammer et Oslo Faenskap) à  la Machine du Moulin Rouge, Paris (06.04.2015)

No way but Norway
 

Malgré tous leurs efforts pour ne pas rentrer dans le moule, Satyricon reste aujourd’hui soumis au bon vieux cycle sans fin «  album – tournée, album – tournée... ». La sortie du premier album live de leur carrière était donc l’occasion idéale pour une nouvelle tournée européenne, qui est passée à la Machine du Moulin Rouge de Paris avec Vredehammer et Oslo Faenskap. Voici ce qu’il fallait retenir de cette soirée norvégienne.

Oslo Faenskap
 


A la surprise générale, le début du concert d’Oslo Faenskap révèle à l’audience que nous avons affaire à rien moins qu’un groupe de metalcore pur jus, un choix plutôt osé pour une soirée estampillée black metal. Mais après tout pourquoi pas, d’autant plus que le groupe est plutôt bien en place et dispose d’un bon son pour un set d’ouverture !
 

Oslo  Faenskap, 2015, live report, paris,


On peut d’ailleurs remarquer l’effort du groupe de ne pas limiter ses compositions aux simples clichés du metalcore, avec ça et là d’ingénieuse incorporations d’autres styles : un riff black metal, un pont mélodique à la Mastodon. On peut voir que Satyricon ne les ont pas pris en tournée par hasard, les gars d’Olso Faenskap gèrent bien leur affaire, avec tout de même une petite réserve sur le chanteur qui est un peu limite en chant clair.
 

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Sans surprise, l’accueil réservé au groupe par le public est d’abord glacial, avec très peu d’applaudissements et de cris entre les morceaux. Pourtant, étonnamment, ils vont augmenter au fur et à mesure du concert.Oslo Faenskap a réussi un pari difficile : convaincre une audience d’amateurs de black avec du metalcore. Ceci résume finalement bien la performance du groupe : des musiciens qui maîtrisent leur discours, mais qu’on sent encore un peu verts au niveau de la composition. Ceci dit, la maturité pourrait faire d’eux un groupe à suivre ! Seul l’avenir nous le dira.

 


Vredehammer
 


Qu’est-ce qui fait qu’on apprécie un concert ? Cette question est loin d’avoir une seule réponse. Ca peut être l’ambiance, retrouver ses amis, la performance du groupe, le volume, la précision du son… Ou tout cela à la fois ! Et, pour le grand malheur de Vredehammer, ce concert manquait très ostensiblement d’une chose : un son correct. Cela faisait bien longtemps que votre serviteur n’avait pas  entendu un son aussi affreux. C’est bien simple : on ne distingue rien !!! Les guitares ? Bof, un vague bourdonnement de mouche à 100 dB. On a peine à déceler la structure des morceaux, et la voix est le seul élément du concert qu’on arrive à percevoir avec la batterie.
 

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C’est d’autant plus frustrant qu’on sent que le groupe maîtrise bien sa musique sur scène. Le chanteur Par Valla a d’ailleurs une bonne présence scénique, doublée d’un excellent growl, qui est d’ailleurs plus propre qu’habituellement dans le genre.  Mais il est bien difficile d’apprécier un concert dans de telles conditions  sonores. Et pendant que le batteur attaque son blast beat comme un forcené, on peut remarquer le jeu de scène très détendu du bassiste, qui arbore d’ailleurs un t-shirt Meshuggah, au lieu d’un plus classique t-shirt noir à logo illisible !
 

Vredehammer, live report, 2015, Paris,


De toute façon, le public aura à peine le temps d’essayer d’entrer tant bien que mal dans le concert, puisque tout comme Oslo Faenskap, Vredehammer se retire de la scène au bout d’une petite demi-heure. Dans l’audience, on entend des propos amers de fans, pas déçus par le groupe mais pas le son ne rendant clairement pas hommage à la musique des Norvégiens. Malheureusement, étant arrivés en retard à cause d’une panne de van, le groupe n’a pas eu le temps de faire de balances correctes. C’est  donc la malchance qui aura fait de cette prestation de Vredehammer, un mauvais concert. Espérons qu’ils auront la possibilité de corriger le tir la prochaine fois.

 

Satyricon

Ne soyons pas dupes, si les groupes d’ouverture ont joué si peu de temps, c’est parce que Satyricon nous réserve un programme chargé. Ca y est, ils sont sur scène, et l’intro de « Voice of Shadows » retentit, c’est parti ! Le premier constat est que ce bon vieux Satyr a toujours autant de charisme sur scène. Il est vraiment bien en voix ce soir, et est visiblement déterminé à faire participer le public, en commençant d’abord par faire mine de ne pas entendre le public d’un air désinvolte assez comique !
 

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Derrière un magnifique et imposant kit de batterie, Frost blaste comme un fou furieux. Son jeu puissant et d’une précision chirurgicale est la colonne vertébrale du son de Satyricon, et sa performance de ce soir ne fait que le confirmer, toujours à grand coup de headbang qui a son petit effet visuel ! Comment-fait-il pour tenir, mystère ! Après quelques titres des albums black rock n’roll du groupe, Satyricon lance « Filthgrinder » à la figure. Il est d’ailleurs accueilli assez froidement par le public, comme si l’album Rebel Extravaganza n’avait toujours pas été accepté par les fans. Il faut dire que le groupe arrive très bien à reproduire le son très froid et sale de l’album.
 

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D’ailleurs, la voix de Satyr a un son presque robotique ce soir, et ça sonne plutôt bien ! En fait, ça se rapproche de croassements de corbeaux, un peu à la Abbath. La palme de l’inutilité revient au claviériste de session, vraisemblablement sous-mixé qu’on n’entend qu’à de très rares occasions. Sur « Die By My Hand », Satyr fait le métronome et compte les temps au micro pour que le public crie à l’unisson « DIE ! » au bon moment, ce qui a un effet certain la quatrième fois quand presque toute la salle le reprend. Pour sûr, le Satyr sait mener une foule !
 

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Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Après un long discours où Satyr explique qu’initialement, il ne voulait devenir musicien pour tourner, mais que c’est l’envie de partager sa musique qui l’a fait changer d’avis, il annonce que la formation va jouer des parties du futur album à venir, qui est actuellement en cours de composition. On a donc droit un medley avec des extraits de nouvelles chansons, dont un qui est presque une chanson aboutie et qui s’intitule pour l’instant « Driller ». On y entend Satyricon adopter une orientation conforme à son évolution musicale depuis dix ans, mais en un étant tout de même un brin plus extrême, mais aussi plus expérimental au niveau de la rythmique. L’avenir du groupe semble assuré !
 

Satyricon, 2015, live report, Paris,


On commence à s’approcher de l’heure quarante cinq de concert, et donc de la fin. Le moment que tous attendent : « Mother North ». Ou quand la Machine se transforme en véritable stade de foot avec les fans qui reprennent à tue-tête la désormais culte ligne mélodique (et tant pis pour les blackeux authentiques à qui ça ne plaît pas). Et c’est sûr un « King » endiablé que Satyricon conclue son concert, avec un Satyr complètement possédé, déchaînant ses dernières forces avant la relâche. Professionnel, bien mis en son et chaleureux, le combo norvégien aura donné une performance à la hauteur de sa réputation. Vivement la suite !

Setlist :

The Rite of Our Cross
Our World, It Rumbles Tonight
Now, Diabolical
Black Crow on a Tombstone
Filthgrinder
The Dawn of a New Age
A New Enemy
Walker Upon the Wind
Walk the Path of Sorrow
The Infinity of Time and Space
The Pentagram Burns
Die by My Hand
With Ravenous Hunger
Medley nouvel album (avec Driller)
Mother North

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Fuel for Hatred
K.I.N.G.

Reportage par Tfaaon (Facebook)

Photos : Arnaud Dionisio / © 2015 Ananta
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe

 

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