The Darkness – Last of Our Kind

Il y a trois ans, le quatuor anglais sortait Hot Cakes, un opus catchy qui, malgré quelques bons morceaux, annonçait un retour en demi-teinte pour The Darkness.

Cependant, loin d’avoir fait retentir son dernier riff, le groupe remet cette fois-ci le couvert avec Last Of Our Kind, un album beaucoup plus convaincant et à l’esprit toujours aussi décalé.

Petits changements à signaler au niveau du line-up. Suite au départ du batteur d’origine, Ed, c’est Emily Dolan Davis qui a repris les baguettes pour l’enregistrement. Malheureusement, cette dernière a annoncé qu’elle quittait le groupe peu avant la sortie de la galette, avec le souhait de se consacrer à d’autres projets. On attend pour l’instant une annonce officielle concernant un éventuel remplaçant pour la tournée, à savoir tout de même que le batteur Rufus Taylor (qui n’est autre que le fils de Roger Taylor, batteur de Queen) a dernièrement dépanné le groupe pour quelques dates. Affaire à suivre.

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Pour en revenir à Last Of Our Kind, cette fois-ci le groupe reprend clairement du poil de la bête en enterrant pour de bon l’ère de One Way Ticket To Hell … And Back. The Darkness renoue ici avec ses origines, en arborant des riffs aux résonances purement hard rock et pleins de groove. Pour notre plus grand plaisir, les compositions sont riches et l’album beaucoup plus équilibré que ne l’était Hot Cakes.

L’entrée en matière se fait en immersion dans l’univers Viking avec « Barbarian ». Aussi bien musicalement que textuellement, cette histoire d’affrontement entre Edward the Martyr et Ivar the Boneless fait ressurgir l’âme même du quatuor. Les riffs sont massifs et les envolées de Justin, habiles ; nos légers mouvements de headbanging sont alors ponctués de petits sourires amusés, comme au bon vieux temps. The Darkness est bien de retour. Une évolution est tout de même perceptible, comme il est possible de le constater avec « Open Fire ». Justin use d’intonations bien plus graves qu’à son habitude, ce qui se révèle assez déstabilisant à la première écoute mais apporte une épaisseur particulière au morceau. D’ailleurs, cette évolution ne se manifeste pas uniquement sur le plan musical, puisque, visuellement aussi, il y a aussi du changement :

Une chose est sûre, malgré les changements de styles vestimentaire et capillaire de Justin, le talent des deux frères Hawkins reste intact. La voix haut perchée de Justin est reconnaissable entre mille et toujours aussi admirablement bien maîtrisée, tandis que de leur coté, les riffs envoyés par Dan sonnent plus que jamais. La guitare est véritablement mise en avant sur cet opus, au détriment des petites fioritures parasites auxquelles le groupe nous avait habitués sur les deux précédents albums. Sur « Wheels of the Machines », quelques parties de mandolines se font tout de même entendre ici et là. Ajoutées avec parcimonie, elles s’intègrent parfaitement à l’identité du groupe, qui évite cette fois de tomber dans quelque chose de trop extravagant, comme cela avait déjà été le cas avec de précédentes compositions (souvenez-vous de « Hazel Eyes », ce moment douloureux où on ne savait plus si on devait rire, pleurer ou crier en se roulant par terre.)

Le son est globalement plus brut, dans la droite lignée de Permission To Land, que le groupe peine tout de même à égaler douze ans plus tard. Mais Last Of Our Kind recèle lui aussi de riffs ultra accrocheurs, faisant clairement écho à ce premier album. « Roaring Water » et « Mudslide », groovy à souhait, en sont les deux parfaits exemples. D’autres morceaux se démarquent, comme l’entraînant « Hammer & Tongs », mais The Darkness s’illustre également dans un registre plus calme et aérien avec les étonnants « Mighty Wings » et « Wheels of the Machine ».

Au niveau de la section rythmique, tout reste simple et efficace. Emily Dolan Davis souligne le jeu  d’un Frankie Poullain qui reste malgré tout en retrait. Ce dernier prend cependant une revanche inattendue en s’emparant du micro sur « Conquerors », le tout dernier morceau de l’album. Une ultime ballade qui fonctionne étonnement bien et clôt l’album sur une note triomphante.

Si le groupe a eu du mal à se séparer de sa réputation sulfureuse après Permission To Land, peinant notamment à produire des albums plus concluants, il est désormais possible d’envisager un avenir plus prometteur pour The Darkness. Last Of Our Kind est l’album hétéroclite, énergique et léger, assez court tout de même mais qui se laisse savourer et surtout, réécouter à volonté. 

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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