Nick Holmes, chanteur de Paradise Lost

« Nous n’avions pas eu cette approche en 23 ans »
 

A l’occasion de la sortie imminente de The Plague Within, Nick Holmes, chanteur de Paradise Lost depuis le tout début du groupe, a accordé une interview à La Grosse Radio. Il y décrit la nouvelle approche au sein du nouvel album, avec un retour aux sources, explique aussi ses méthodes d’écriture, sans oublier d’évoquer son expérience avec le groupe suédois Bloodbath, qu’il a intégré récemment.

Bonjour Nick et merci de nous accorder cette interview. Comment te sens-tu après avoir fini The Plague Within ?

Nous en sommes très contents. C’est le cas depuis au moins 10 albums ! [rires] The Plague Within représente ce que Paradise Lost fait de mieux en 2015.

Pourquoi as-tu décidé de revenir au growl après tout ce temps sans en utiliser dans Paradise Lost ?

On l’avait dans notre besace, nous ne l’avions juste plus utilisé pendant 23 ans ! [rires] Cela ajoute une nouvelle texture à la musique, je pense, ça change, par rapport aux quatre derniers albums. Avec les riffs plus agressifs qu’on avait employés ici, il fallait que la voix colle. Il se trouve que ça fonctionne bien. Quand j’ai recommencé à chanter ça, je me suis dit « Ah, j’avais oublié que je pouvais faire ça ! » [rires]

Penses-tu que vos récentes expériences avec Bloodbath pour toi et Vallenfyre pour Greg [Mackintosh, guitariste] vous ont aidé à aller dans cette direction ?

A peu près 80 % de l’album était écrit avant que je n’intègre Bloodbath. Je pense que chanter dans Grand Morbid Funeral m’a permis de me réhabituer à ce type de chant, pour que je l’utilise à nouveau dans Paradise Lost. Ça m’aussi permis de me remettre dans le bain de l’extrême, bien plus que ces dix dernières années en tout cas. Concernant Greg , vu qu’il écrit à la fois la musique pour Paradise Lost et Vallenfyre, on peut comprendre le fait qu’il y ait une influence, qu’elle soit consciente ou non. Mais cela ajoute de la texture à la musique. Nous n’avions pas eu cette approche en 23 ans. On n’a pas mis de growl dans toutes les chansons cela dit, c’est sur quelques passages.

Paradise Lost Nick Holmes

Et qu’est-ce que ça a fait d’y revenir ?

Une fois qu’on s’est lancé dans cette direction, c’est devenu tout à fait naturel, comme si on prenait la suite de Shades of God (1992). Quand nous avons commencé le groupes, nous étions passionnés de death et de doom metal. Du coup, ça nous a fait l’effet de ressortir des tiroirs quelque chose que nous n’avions plus utilisé depuis longtemps. On a senti que c’était ce qu’il fallait faire, après avoir écrit deux ou trois chansons, on a vu qu’elles étaient plus agressives et le reste a suivi tout à fait naturellement.

Comment est-ce que ce virage a commencé ?

La première chanson que nous avons écrite après Tragic Idol était « Punishment Through Time ». Quand tu commences à écrire un album, c’est toujours difficile de savoir quelle direction prendre. C’est une chanson assez unique dans l’album, avec un feeling particulier assez old-school. Du coup, comme c’est la seule comme ça, nous l’avons gardée. Certains m’ont dit qu’elle aurait pu être dans Tragic Idol, ce que je trouve assez étrange, mais elle fonctionne bien, en tout cas.

D’où vient le titre The Plague Within ?

C’est Greg qui l’a trouvé. Contrairement à la peste (plague) qui avait touché Londres entre 1655 et 1656, on fait référence à un état dans lequel on se trouve quand on a des problèmes mentaux, un état très négatif, pour faire simple.

Qu’en est-il des paroles, qui semblent s’articuler autour des mêmes thèmes morbides et négatifs de Paradise Lost ?

Effectivement oui. Je ne parle pas nécessairement de mes propres expériences dans mes paroles, mais aussi des périodes de troubles qu’on rencontrées certaines personnes que je connais. Je les écris à travers mon point de vue aussi, et non comme quand j’avais commencé, à l’époque où j’écrivais du point de vue d’un adolescent. Pour écrire tout ça, je vais dans un endroit bien particulier, je m’enferme et je me mets dans un état assez misérable pour écrire tout ça, et ensuite c’est reparti ! Je ne suis pas aussi misérable que mes paroles pourraient le suggérer, mais je le suis assez pour faire un album! [rires]

Il faut se mettre dans un sacré état pour en arriver à un tel résultat !

Il n’y a pas d’autre solution pour moi, ce sont les seules paroles que je suis capable d’écrire. J’ai un vocabulaire précis, avec certains mots que j’aime réutiliser dans les paroles, parce qu’ils sonnent bien dans les chansons. J’ai tendance à relever combien de fois j’utilise certains mots, pour décider si je dois les utiliser plus ou moins. Dans Tragic Idol, j’ai beaucoup employé le mot « eyes » (yeux), moins dans The Plague Within, dans lequel « hope » (espoir) revient de plus en plus. J’écris les paroles dans une optique globale de l’album, et non indépendamment pour chaque chanson, comme ça, je peux savoir si je me répète trop ou pas assez. Parfois, c’est assez difficile comme processus, car j’ai horreur de faire des rimes. L’avantage, avec le death metal, c’est qu’on n’est pas obligé !

Paradise Lost

Du coup, tu as dû changer tes méthodes dans Bloodbath, puisque tu as écrit pour seulement deux chansons de Grand Morbid Funeral.

Effectivement, j’ai fait les textes de « Beyond Cremation » et « Unite in Pain ». C’était d’ailleurs assez fun à faire, la manière de travailler est complètement différente. Pour la première, je me suis demandé ce qui pouvait être pire qu’être brûlé, une fois que tu es mort. Écrire sur les thèmes de Bloodbath est assez fun, il faut chercher des alternatives aux thèmes des zombies, sinon tes auditeurs s’ennuient. J’ai aussi essayé de me faire encore plus gore que les autres, mais les paroles de Sodomizer [guitariste] sont très explicites, je n’ai pas pu le surpasser.

Tu as déjà pu donner quelques concerts avec Bloodbath d’ailleurs, comment as-tu vécu cela ?

C’était bien, cela m’a demandé beaucoup de préparation, nous avons dû beaucoup répéter pour notre set spécial, ce sera bien pour le Hellfest, surtout si on joue dans la même tente que l’année dernière avec Paradise Lost, j’ai un très bon souvenir de ce concert. Jouer sur une mainstage en pleine après-midi ne correspondrait pas beaucoup à notre musique.

Revenons à The Plague Within, parle-nous de votre collaboration avec votre nouveau producteur, Jamie Gomez.

Il avait travaillé sur le premier album de Ghost. Il a une approche de la production assez old school, proche des années 80, en tout cas de ce qui me plat dans le metal des années 80, comme Mercyful Fate, par exemple. Pour la batterie, par exemple, nous utilisons de vraies percussions, pas de samples. Je me souviens, quand cette mode avait commencé, je trouvais ça génial, mais maintenant, je ne peux plus en écouter. Il aime les production organiques, ce qui nous a bien plu et nous sommes très content du résultat.

Paradise Lost

Parle-nous de vos projets de tournée pour The Plague Within.

Nous ne faisons pas beaucoup de festivals pour 2015. J’imagine qu’on en fera plus l’année prochaine. La tournée européenne à proprement parler commencera fin septembre. Nous allons jouer un peu partout en Europe. Nous allons jouer une bonne partie de The Plague Within, peut-être 70 %. Il se trouve que ce disque, non seulement on l’aime bien, mais il semble bien fonctionner en live, alors que certaines autres chansons sont plus intéressantes dans leur versions studio. Mais si ça se trouve, les gens ne l’aimeront pas, donc il nous faut un plan B ! Pour le reste, nous piocherons un peu partout, même si je ne pense pas qu’il soit nécessaire qu’on joue « Frozen Illusion » de notre premier album Lost Paradise, par exemple ! [rires]

Cet album semble particulièrement vous plaire. Avez-vous déjà été déçu par un album à sa sortie ?

Jamais. Pour certains albums qui sont sortis auparavant, certaines circonstances personnelles ont fait que nous n’étions pas aussi enthousiastes que nous aurions dû l’être au moment de leur sortie. Mais ce n’est pas lié aux albums en eux-même. Chacun des albums que nous avons fait nous représente au meilleur de ce qu’on a pu produire au moment où ils ont été conçus. Nous n’avons aucun regret pour cela.



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