Mayan – Quarterpast

Hollande productions présente : le nouveau chef d’oeuvre de Mark Jansen, réalisateur révélé au festival de Deauville avec AFTER FOREVER, puis récompensé aux oscars avec EPICA… Ouais, tout ça est un poil hors sujet, mais le side-project de mister Jansen a tout des allures d’une superproduction hollywoodienne. Une équipe de rêve, entre collègues d’EPICA et ex-collègues d’AFTER FOREVER, et rien moins que Simone Simons, Floor Jansen et une chanteuse lyrique italienne inconnue de la sphère métal en guests. Indépendamment de ce qu’on peut penser d’EPICA, le monsieur est compétent et possède un certain talent. L’occasion est donc belle de l’entendre se lâcher dans le cadre d’un projet lui permettant de s’exprimer d’une autre façon.

Première constatation, c’est du lourd. Comme annoncé, MAYAN évolue dans un registre death technique teinté de progressif. A ce titre, reconnaissons que « Symphony of Aggression » porte bien son nom. Malgré une voix death des plus basiques, le morceau, réhaussé par les interventions de Floor Jansen, n’est pas désagréable… mais c’est tout. Et c’est bien là tout le problème, qui persiste tout au long de l’album ou presque. Les riffs tantôt basiques tantôt complexes sans raisons ne dégagent pas d’atmosphère particulière malgré qu’on nous ait vendu du « ce sera influencé par la culture maya ». Peut-être au niveau des textes, mais musicalement c’est pas flagrant. L’aspect symphonique est très light, ce qui n’est pas pour me déplaire. Le mauvais côté, c’est qu’il n’y a plus grand chose pour cacher la vacuité du reste.

Il n’y a en effet que peu d’idées convaincantes sur ce Quarterpast terriblement linéaire. A croire que Mark Jansen est resté trop scotché à sa partition et a complètement oublié de penser à l’auditeur. A vouloir trop bien faire, à systématiquement chercher le truc qui tue à chaque fois, il s’est surtout emmêlé les pinceaux. On est content que tout ce petit monde sache se servir de leurs instruments, mais on s’en fout vu qu’on n’en doutait pas une seconde ! En bref, Jansen et ses potes ont oublié de donner une âme à leur projet. Le potentiel est là, mais tué dans l’oeuf. Voilà ce qui peut malheureusement arriver à force de trop « penser » sa musique… On peut également y perdre toute spontanéité, toute fraîcheur, tout discernement, et se prendre les pieds dans le tapis.

Le potentiel est indiscutablement là, des titres comme « Bite the Bullet », plutôt accrocheur, « Drown the Demon » et son final ravageur le prouvent. Sans doute le projet a-t il cherché à être trop ambitieux. Au final, un album décousu donc, manquant cruellement de mélodies marquantes, et qui nous fait douter de la capacité de Mark Jansen à évoluer dans ces contrées musicales. Une vraie déception compte tenu de l’équipe embarquée, à l’instar d’un bon blockbuster ricain qui a l’air d’avoir tout ce qu’il faut pour nous en mettre plein la gueule, qui nous pousse à payer une place de cinoche bien chère (et 3 euros de plus pour la 3D siouplé), un seau de popcorn encore plus cher, le tout pour pas grand chose. Et de sortir de la salle en ayant tout oublié. Les effets spéciaux ? Mortels. Le casting ? Nickel. La performance d’acteurs ? Bonne. Le scénario ? Y en a pas.

Ma note : 4/10

Sortie le 20 mai chez NUCLEAR BLAST

NOTE DE L'AUTEUR : 4 / 10



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