While She Sleeps (+ Cancer Bats et Oathbreaker) au Petit Bain (20.04.2015)

Personne ne dort en soirée crustycore

En voilà une affiche éclectique, allant du sludge crust au hardcore punk en passant par le metalcore, dont la tête d’affiche While She Sleeps en est un bon ambassadeur en 2015. Ce genre de tournée ralliant des styles sensiblement différents est toujours un quitte ou double. La mayonnaise allait-elle prendre ?

 

Oathbreaker


Quand Oathbreaker arrive sur scène, difficile de ne pas avoir les yeux rivés sur Caro Tanghe, la charismatique chanteuse du combo belge. Avec sa coiffure façon the Ring dissimulant son visage, son allure et sa voix, on croirait vraiment faire face à une sorcière possédée par on ne sait quel démon sumérien. L’effet est saisissant en plus d’être très efficace. Musicalement, c’est un véritable brûlot mélangeant habilement crust, hardcore et sludge, faisant comme si on vous éclatait un cocktail molotov sur la tête : des riffs lourds et rapides, un section rythmique surexcitée, et cette voix, bon sang, cette voix !
 

Oathbreaker, 2015, live report, petit Bain, While She sleeps,


Le véritable chaos auquel on assiste sur scène contraste avec la relative indifférence du public. Quelques têtes se bougent ça et là, mais la plupart du public a surtout l’air d’attendre les groupes suivants. Pendant ce temps là, Oathbreaker continue d’abattre son set sans concessions aucunes. Ca tabasse sévèrement, cela malgré un son puissant mais qui aurait pu être mieux équilibré. Parfois, Caro déploie un peu de chant clair, mais il est en retrait dans le mix, et ne tient pas vraiment une place importante par rapport à ses hurlements rageurs qui se taillent la part du lion. Même si la performance des musiciens est exemplaire, particulièrement Lennart Bossu (Amenra) à la guitare, c’est véritablement Caro qui fait que le groupe est si mémorable sur scène. On la voit à un moment s’agenouiller devant la batterie comme devant un autel. On assiste à une véritable séance de catharsis, c’est vraiment intense ! Bref, Oathbreaker aura tout emporté son passage. Difficile de comparer ce set d’une demi-heure aux têtes d’affiches de la soirée, mais gageons que si les Belges étaient restés sur cette lancée, ils auraient fait le meilleur concert de la soirée.

 


Hundredth


Lorsque le groupe monte sur scène, le vocaliste Chadwick Johnson signale au public que la scène du Petit Bain est idéal pour les slams, et qu’il veut en voir un nombre conséquent. Là, on sent le public plus dans son élément, et c’est très rapidement le souk dans la fosse. Il faut bien admettre que le groupe est plutôt bien en place, même si le metalcore joué est finalement assez classique dans son format. Les instrumentistes poussent même le vice au point de faire eux-mêmes du karaté sur scène. C’est cliché, ça dégouline d’hormones d’adolescence, mais ça reste amusant à observer, et encore plus avec le jeu de lumières qui donne un effet tridimensionnel bien réussi !
 

Hundredth, live report, 2015, Paris, petit bain,


Si Chadwick est bon en voix hurlée, il est nettement moins convaincant en chant clair. En effet, sa voix manque de puissance et surtout, de justesse. Et il n’est pas aidé par son camarade Alex Blackwell à la guitare et aux chœurs, qui ne s’en sort pas mieux à la voix. Ce défaut est contrebalancé par un son qui est globalement bon, notamment pour les guitares. Dans la fosse, c’est toujours la guerre, et vu le nombre de Tees Hundredth, on comprend le pourquoi du comment. Les fans sont à fond, à tel point que Chad demande au public de choisir entre deux chansons. Après comparaison à l’oreille du bruit généré par les deux propositions, c’est « Carry On » qui l’emporte, et fait un carton plein. Le vocaliste en profite pour mouiller le maillot dans le public, alors que le concert se dirige vers sa fin. Avec un bon compromis entre agression et mélodie, Hundredth arrive à ne pas être ridicule après la claquasse administrée par Oathbreaker.

Cancer Bats


Ca y est, le Petit Bain est complètement blindé, et la tension monte en attendant la première partie de luxe que sont les Cancer Bats. Sans surprise, c’est la cohue dans la fosse alors que le groupe arrive sur scène. Déjà, on remarque qu’en dépit de son énergie remarquable, Liam Cormier n’est pas très en voix ce soir. En effet, ses cris semblent vraiment faiblards par rapport à leur rendu en studio, et ce manque de puissance affecte directement la performance des Canadiens, d’autant plus que le son n’est pas très précis.
 

Cancer Bats, live, 2015, Petit Bain, Paris,

Fort logiquement, la setlist est axée sur le dernier album de la formation, Searching For Zero. Et cela ne joue pas en son avantage, sachant qu’il n’est clairement pas aussi abrasif et accrocheur que ses prédécesseurs. Il y a bien les vieilles chansons pour rééquilibrer le tout, mais non, rien n’y fait, il manque toujours quelque chose à ce concert pour convaincre musicalement parlant. Evidemment, au niveau de l’ambiance, c’est une toute autre histoire, car le public est encore plus possédé que pour Hundredth, moshant et slammant à tout va. La température du Petit Bain devient suffocante, les gouttes de sueur perlant au front. Entre les morceaux, Liam fait l’effort de parler en français au public, et s’en sort plutôt bien ! Au bout de quatre chansons, il s’exclame : « Vous êtes incroyables, c’est déjà le meilleur concert de notre tournée ! ».
 


Et le concert reprend de plus belle. Liam fait participer les fans du premier rang en leur tendant le micro, pendant que les autres membres sautent dans tous les sens sur scène, comme on le voit souvent avec ce genre de hardcore teinté de metal. Le bateau tremble de toutes ses tôles, on peut déjà dire que les Bats ont réussi leur contrat de première partie. Mais c’était sans compter sur la touche finale du groupe avant de quitter la scène, à savoir une reprise d’un classique parmi les classiques : « Sabotage » des Beastie Boys. Dès le break caractéristique à la batterie, le public devient une fois de plus fou, et ne s’arrêtera vraiment qu’après la poignée de morceaux joués en conclusion du set. Plus débridé sur la fin, ce concert des Cancer Bats reste une semi-déception compte tenu de leurs brûlots sur album. Il faut sans doute trouver la raison de cette petite forme dans les tournées extensives que le groupe abat à chaque sortie. Fera sans doute mieux la prochaine fois !

 


While She Sleeps


Après la fureur provoquée par les Cancer Bats, c'est au tour de While She Sleeps de mettre le feu au Petit Bain. Le groupe entre en scène sur l'intro « The Divide » pour démarrer en force avec « New World Torture » tiré du tout dernier album Brainwashed. Il faut à peine quelques secondes pour que le public se rapproche et se mette à scander « We are the underground... » avec le chanteur, Loz Taylor. La formation continue dans la même lancée avec le puissant « Brainwashed » suivi de « This Is The Six » issu du premier album. Visiblement content de par l’engouement provoqué ce soir, Loz nous annonce très vite que ce concert est le meilleur qu'ils ont joué en France. Et le public ne manquera pas de le prouver au fur et à mesure que les morceaux défilent.
 

While She Sleeps, concert, Paris, 2015, petit bain,

Il faut noter que le son est vraiment puissante et précis, en particulier au niveau des guitares. Ceci dit, on se serait bien passé d’une telle précision pour les chœurs horriblement faux scandés par Mat Welsh officiant également à la guitare. Bien que la setlist soit axée en majorité du dernier album, While She Sleeps n'oublie pas ses titres phares, on aura le droit ce soir à « Seven Hills », « Death Toll »,  « Our Courage, Our Cancer » ou encore « Dead Behind The Eyes ». Côté fosse, autant dire qu'il fait toujours aussi chaud, le public chante, pogote et crowd-surf sans cesse, pendant que Loz assure ses parties avec brio et bouge dans tous les sens. Le reste du combo est tout aussi mobile, on verra notamment Aaron Mckenzie tantôt jouer de la basse allongé sur dos, tantôt sautant dans la fosse.
 

While she sleeps, live report, 2015, Paris, Petit Bain,


L'ambiance est vraiment à son comble ce soir. Le groupe comme les fans sont en grande forme et on le voit au beau wall of death que Loz a demandé. Le public ne s'est pas fait prié est s'est exécuté avec entrain ! En somme, le retour de While She Sleeps avec leur nouvel album, a fait l'effet d'une bombe incendiaire au Petit Bain, si bien que les premiers rangs se sont fait arroser par des membres de l'organisation pour les garder frais et dispos.

Setlist :

The Divide
New World Torture
Brainwashed
This Is the Six
Seven Hills
Torment
Kangaezu Ni
Life in Tension
Death Toll
Our Courage, Our Cancer
Dead Behind The Eyes
We Are Alive At Night
Our Legacy
Trophies of Violence
Crows
Four Walls

Compte rendu par Tfaaon (Facebook) et Nouria Vil Stinson
Photos : Nouria Vil Stinson / © 2015

 



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