Luca Turilli, compositeur de Luca Turilli’s Rhapsody

"J'ai hâte de partager cette énergie positive avec les fans."

Depuis le split de Rhapsody en deux entités, le compositeur Luca Turilli poursuit son petit bonhomme de chemin avec un metal encore plus orchestral décrit comme cinématique. C'est totalement détendu que l'artiste italien a longuement répondu à nos questions durant plus d'une heure afin de présenter son second opus de Luca Turilli's Rhapsody prévu chez Nuclear Blast ce 19 juin. : Prometheus, Symphonia Ignis Divinus.

Premièrement, comment te sens-tu maintenant que l'album est fini, proposé à la presse et avant sa sortie physique ? Sachant que tu as travaillé jour et nuit dessus pendant de long mois...

Pas vraiment stressé, même s'il est vrai que j'ai travaillé en studio pour cet album de mars 2014 à avril 2015. Pour moi, la création musicale est quelque chose de positif, donc quand tu peux ainsi offrir le fruit de ton travail tu ne peux qu'être heureux ! Il faut savoir aussi que si je n'avais pas eu de deadline, j'aurais sûrement encore travaillé dessus jusqu'en septembre, le temps n'est pas un souci pour moi. Sinon, j'étais en effet dessus jour et nuit comme tu le dis, je crois que pour la première fois de ma vie j'ai enchainé jusqu'à dix jours sans vraiment dormir, aussi bien que je finissais par douter de ma propre oreille tellement j'étais épuisé.

Est-ce le plus grand défi musical de ta vie ?

Oui, bien sûr ! Même si avec le recul je me rends compte que nous avions passé autant de temps à produire un album comme Symphony of Enchanted Lands à l'époque, sauf que nous n'avions pas le même matériel : nous intégrions la musique note par note dans le séquenceur de mon ancien collègue Alex Staropoli. C'était un vrai challenge, totalement différent ! Aujourd'hui je n'ai plus vraiment de limites, si ce n'est celle de l'inspiration.

Luca Turilli interview 2015

Qu'est-ce qui a été le plus difficile à faire sur cet album ? La composition en elle-même, l'enregistrement, les arrangements ou bien le mix par la suite ?

Tu sais, quand tu possèdes du matériel très puissant comme c'est mon cas, ça rend les choses plus simples mais tu as également envie d'exploiter au maximum ses possibilités. Sur Ascending to Infinty, j'avais programmé pas mal de sons directement dessus, alors que sur cet album j'ai enregistré avec mon clavier chaque instrument de l'orchestre y compris les sons de flûte ou autres instruments à vent avant de les retranscrire sur l'ordinateur. C'était très long, probablement 90% de la production globale, mais le but était ici de rendre le son le plus réaliste possible. En ce qui concerne les guitares, c'était plus rapide. Tout ça au final a peut-être constitué le travail le plus ennuyeux de l'enregistrement puisque j'avais déjà réalisé des démos et que j'avais tous les arrangements en tête, mais c'était essentiel afin d'avoir un résultat parfait.

Tu as donc tout enregistré chez toi dans ton studio personnel ?

Mes parties oui, mais nous avons enregistré les guitares de Dominique Leurquin en France et ensuite la batterie d'Alex Landenburg puis la touche finale de la production à Kempen en Allemagne avec notre ingénieur du son Sebastian Roeder qui a également pris en charge le mixage. Nous avons d'ailleurs dû changer quelques arrangements à la dernière minute afin que le son soit parfaitement équilibré car j'avais au préalable fait un prémix chez moi.

Finalement, contrairement à une ancienne news, l'orchestre symphonique Cappelen Orchestra and Choir dirigé par le tchèque Petr Pololanik n'a pas été utilisé ?

Non, avoir un orchetre symphonique est quelque chose d'extraordinaire, mais l'enregistrer dans son ensemble pose quelques soucis parfois au niveau du son. Si tu fais cela, tu peux difficilement retoucher le mix instrument par instrument derrière, au contraire du procédé que j'ai choisi pour Prometheus en enregistrant et programmant chaque arrangement à part moi-même. C'est d'ailleurs plus pratique quand on combine le côté orchestral et le côté metal comme c'est le cas ici, nous avons pu ainsi mieux gérer les différentes fréquences afin de rendre le résultat global le plus parfait possible.

L'album représente ainsi un équilibre total entre influences classiques et cinématographiques, as-tu justement cherché à doser parfaitement ce mélange tout en y intégrant l'aspect metal ou est-ce que cela s'est fait naturellement au final ?

Nous n'avons jamais vraiment été un groupe très orienté guitare, du coup il est plus simple pour nous d'y intégrer des éléments mélodiques. Il n'y a pas de vrais riffs dans Rhapsody, je ne serais d'ailleurs pas capable de composer dans cette optique purement metal, à part peut-être un peu sur les deux derniers albums avant le split. Quand je compose une chanson, je sais d'avance si elle sera plus axée metal ou orchestrale, du coup je vois à cet instant si je commence à travailler plus sur la guitare ou sur les claviers.

Luca Turilli home studio 2015

Sur le précédent album, quatre chansons ("Quantum X", "Ascending To Infinity", "Dark Fate Of Atlantis" et "Of Michael The Archangel And Lucifer's Fall...") étaient connectées dans un certain concept. Qu'en est-il sur ce nouvel opus ? On imagine aisément que "Of Michael The Archangel And Lucifer’s Fall Part II: Codex Nemesis" en fait évidemment parti...

Au fond, elles en font plus ou moins toutes partie ! Et je dirais même toutes depuis le début de ma carrière musicale. Tout tourne autour de l'évolution spirituelle, la saga était d'ailleurs une véritable métaphore de celle-ci comme je l'ai déjà expliqué. La seule différence désormais c'est que j'écris différentes chansons sur le sujet, connectées par une même idée et non une histoire, portant sur des questions existentielles typiques telles que les mystères de l'univers ou pourquoi nous existons. Tu passes ta vie à chercher des réponses, à te rapprocher de cette vérité, et ma rencontre avec Alex quand nous étions adolescents était axée sur cette quête. C'est l'histoire de ma vie basée sur la  méditation, marqué par le tragique épisode de mon cancer qui aurait dû m'être fatal selon les médecins. Puis un miracle est arrivé, j'ai guéri sans aucune raison scientifique, et cela m'a depuis encore plus rapproché de tout ce qui est surnaturel ou élévation de soi. Pour moi, la musique est comme une mission afin de mieux comprendre la vie, les connexions entre le passé, le présent et le futur. Saga ou non, c'est la vie qui nous entoure et les expériences spirituelles qui inspirent ma création, il est donc normal que mes chansons en parlent de façon plus ou moins imagée. J'irais même plus loin en te disant que ce sont ces thèmes et inspirations qui font que je crée ma musique. Je ne me considère pas comme un réel compositeur, c'est pour moi une intuition qui provient de cette énergie et que je canalise lors d'intenses séances de méditation. Je ne fais au final que retranscrire ces ondes positives en note.

La jeune française Emilie Ragni apparait plusieurs fois sur l'album, notamment en duo sur le morceau opéra "Notturno". Comment l'as-tu rencontrée et pourquoi l'avoir choisie ?

Parce que j'ai beaucoup d'amis en France, d'ailleurs beaucoup de gens considèrent Rhapsody comme un groupe autant français qu'italien (rires) ! C'est en venant souvent à Annecy pour répéter avec mes amis et membres du groupe Dominique Leurquin et Patrice Guers (qui vivent dans cette ville) que nous avons rencontré Emilie. Et cela tombait bien car nous cherchions une voix féminine pour venir chanter avec nous sur scène autant que sur album ! J'ai trouvé son chant époustoufflant, je me devais donc de l'utiliser sur le nouveau disque, et notamment en duo avec Alessandro Conti. De plus, Emilie est une personne très positive qui colle parfaitement à l'état d'esprit que je veux dans le groupe.

Parlons justement de "Notturno", un véritable hommage aux canons de l'opéra. Est-ce qu'un compositeur ou une oeuvre du genre t'a inspiré en particulier ? Peut-être les "Nocturnes" de Chopin ?

Oui, c'est exactement cela, le morceau a été composé à partir de cette oeuvre et arrangé par mes soins afin d'être transformé en véritable chanson. Il était important d'ailleurs d'avoir un tel titre sur l'album car je voulais ce dernier le plus varié possible avec diverses ambiances, et plusieurs langues aussi pour le chant.

Pas mal de chant en italien sur cet album d'ailleurs, est-ce un choix personnel ou plus lié aux capacités exceptionnelles d'Alessandro Conti dans sa langue natale ?

Oui, c'est une évidence, il a appris à chanter ainsi dans l'école de Pavarotti et donc il sait parfaitement gérer sa voix dans cette configuration, y compris dans son grand potentiel de ténor. Ensuite, c'est logique surtout sur le fait qu'Alessandro n'a pas à se concentrer sur la prononciation anglaise, il peut donc s'exprimer à 100% sans la moindre gêne. C'est pour cette raison je pense qu'il y a plus de morceaux avec de l'italien sur ce CD que sur le précédent, et qu'il y en aura encore certainement plus sur le prochain ! (rires)

Un petit mot sur "One Ring to Rule Them All" qui semble avoir été un véritable défi dans sa confection. Tu as même enregistré des choeurs en "noir parler" (NDLR: La langue de Sauron dans Le Seigneur des Anneaux), cela n'a-t-il pas été trop dur niveau prononciation pour la chorale ?

D'ailleurs, avant de te répondre, il faut savoir que c'est Alessandro qui fait lui-même Gollum au début (rires) ! Ce n'est d'ailleurs pas la seule langue complexe à la prononciation particulière qu'on utilise, il y a également du vieil hébreu sur la chanson "King Solomon and the 72 Names of God" sans parler évidemment des parties en latin. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'enregistrement des choeurs fut un véritable défi sur cet album ! Bien que nous utilisions grosso-modo la même équipe que sur le précédent opus, cela nous a pris en tout six jours pour enregistrer ces parties de choeurs opératiques ! Je pensais sincèrement que cinq jours seraient suffisants et que même j'avais vu large, mais il y a tellement plus de langues mais aussi de parties chorales sur cet album de 70 minutes qu'on a dû travailler un jour de plus et ce jusqu'à la dernière minute. Pire, les chanteurs ont terminé par une série d'enregistrement qui a duré 16 heures en tout jusqu'à 8h du matin !! Ils étaient épuisés et je pense me détestent cordialement depuis ce jour ! (rires)

Sur "Anahata", on ressent même un aspect assez léger et nostalgique qui n'est pas sans rappeler des BO telles que L'Histoire Sans Fin. Ce morceau semble très "positif" et axé sur le don de soi, est-il encore plus proche de cette philosophie qui t'est personnelle ?

Il représente très bien la variété de l'album dans ses ambiances, plus que L'Histoire Sans Fin j'avais d'ailleurs en tête les travaux d'Enio Morricone notamment pour son introduction mais avec la production et les arrangements je comprends ce que tu veux dire. Ce film faisait partie d'un de mes préférés quand j'étais adolescents avec La Boum (rires), je suis donc ravi de la comparaison ! En ce qui concerne le thème, cette chanson parle de compassion et d'amour, mais l'amour spirituel qui va au-delà de cet amour souvent corrompu par l'égo de l'être humain. Il n'y aucune haine dans cet amour dont je parle ici, on est dans un autre niveau bien plus élevé, de ce sentiment qui lie les gens entre eux.

Sur "Il tempo degli dei", tu as choisi d'incorporer un enregistrement dans lequel on entend le penseur italien un peu mystique Gustavo Rol. En quoi te sens-tu proche de ce philosophe ?

Il s'agit tout simplement d'un des hommes qui m'a le plus inspiré. Toute ma vie a été plus ou moins liée au surnaturel et à la métaphysique que j'ai réussi à apprivoiser grâce à la méditation. Tout ceci est pour moi devenu naturel bien que cela paraisse fou pour une majorité de personnes. C'est un peu le message que voulait faire passer ce magicien des temps modernes, lui qui a appris à manipuler la matière physique jusqu'à travailler avec le gouvernement américain sur des cas dits paranormaux. La Loi dont on parle dans la chanson et qui unit la couleur verte, la chaleur et la quinte musicale a d'ailleurs été découverte en France, à Marseille.

Revenons à "King Solomon" car celle-ci est probablement ta première composition avec des influences orientales...

En effet, je voulais vraiment explorer cet élément sur cet album pour lui apporter la plus grande diversité, comme je te l'ai dit précédemment. Quelque part j'ai probablement été un peu inspiré de façon indirecte par le jeu God of War et sa bande son. C'était au final l'orientation musicale parfaite pour mettre en valeur ce mythe quelque peu mystérieux et symbolique autour du Roi Salomon. Sur cette chanson, j'aurais d'ailleurs voulu collaborarer avec le chanteur de Myrath mais il n'a malheureusement pas pu se libérer, du coup j'ai utilisé la voix de David Readman (ex-Adagio, Pink Cream 69) pour les parties qui lui étaient dues.

"Yggdrasil" semble être un morceau très Rhapsody old school dans son approche et pourrait être lié à "Excalibur" du précédent CD dans son approche un peu folk par moments avec un thème très fantasy...

Oui, pour moi cette thématique est très importante et va au-delà de ce que l'ont perçoit de prime abord. Tout cet amour que les gens portent au fantastique est avant tout psychologique car on a chacun besoin de ces histoires mettant en scène des héros qui vivent leurs aventures en traversant d'innombrables obstacles pour arriver à des fins nobles. Le psychologue Car Gustav Jung, dont je suis un grand fan, a étudié ce phénomène qui s'est développé au fil des âges et ce dans toutes les cultures. Il a démontré que chaque être humain était relié dans son subconscient à cette thématique, nous sommes chacun attirés par ces histoires, cela fait partie de cette quête spirituelle relative à tout être humain. C'est un peu génétique en fait, cela explique le grand succès de ces films, romans ou séries comme récemment Game of Thrones, mais aussi la base de certaines cultures dans des mythologies comme j'en parle ici dans "Yggdrasil" connectée au monde nordique. En lisant les paroles, on peut ressentir l'importance de cet aspect symbolique qui a traversé les époques.

"Prometheus" sera donc le second single faisant suite à "Rosenkreuz (The Rose and the Cross), as-tu toi-même effectué ces choix de titres mis en avant ?

Oui, c'était évident dès le début, il y en aura même un troisième : le morceau "Yggdrasil" justement. Le fait est que cet album de 70 minutes permet la sortie de trois différents singles tout en gardant intact le contenu global de l'album, le label a d'ailleurs appuyé ce choix. Quant à "Prometheus", elle représente l'archétype même de cette évolution spirituelle qui est le thème principal de l'album, ou comment l'être humain doit achever sa quête par l'obtention de la sagesse.

Quant au grand morceau final, qui constituerait presque un EP à part puisque lui-même découpé en plusieurs chapitres, il semble faire le lien parfait entre passé, présent et futur. Représente-t-il ta vision de ce qu'est ou a été la création du monde ou de la vie ?

Complètement ! Et pourtant, au départ, je n'avais pas prévu d'en faire une seconde partie. Mais en réécoutant la première, je me suis dit qu'il en fallait une suite, et je suis d'ailleurs certain qu'il y aura un troisième volet sur le prochain album. Tu sais, cela va paraître prétentieux dit ainsi, mais je suis sûrement le premier fan de ma musique, certainement parce que pour moi je n'en suis pas le compositeur, restituant uniquement l'énergie spirituelle que je capte autour de moi. Je m'en sers comme soundtrack de ma propre vie, j'en écoute pendant ma gymnastique quotidienne. J'ai donc eu lors d'une de ces séances la certitude que ce morceau devait devenir une sorte de saga musicale. Il est d'autant plus important pour moi qu'il représente le mieux l'évolution du son de Rhapsody avec ces différentes atmosphères à la fois organiques et électroniques, une parfaite combination pour parler des mystères de l'univers. Je peux ainsi y mettre tout ce qui me passe par la tête, la longueur du morceau aidant. Par exemple, le passage instrumental au milieu est inspiré de la BO de Transformers 3 à la fois moderne et orchestral.

Le morceau "Fantasia Gotica", prévu sur le précédent album mais finalement pas terminé à temps, ne figure finalement pas sur cette nouvelle sortie. Pour quelle raison ?

Ca fait 10 ans qu'elle est composée cette chanson, elle n'a décidément pas de chance hein (rires) ! En fait je pensais la mettre sur l'album mais il n'y avait vraiment plus de place, de plus je trouve qu'elle ne colle pas forcément à l'ambiance générale. Le souci c'est que nous avons tellement évolué depuis qu'il faudrait que je la remixe à la sauce du Rhapsody d'aujourd'hui, et le temps m'a manqué pour cela une fois l'album composé. J'espérais la sortir en bonus track mais je ne pense pas que cela pourra être possible dans l'immédiat, je ne désespère cependant pas de la proposer aux fans un jour sous un format de téléchargement gratuit par exemple. Nous l'avons promis donc il faut le faire (rires) ! Ensuite, il faut savoir que ce morceau est très différent de ce qu'on fait, c'est une ballade orchestrale gothique qui serait difficile à placer sur un opus complet.

Une reprise de "Thundersteel" du groupe Riot figurera en bonus track, quel est ton lien personnel avec ce morceau ?

Une de mes chansons préférées issue d'un de mes albums favoris, de cette période 1987-1988 qui est pour moi l'ère glorieuse du speed power metal. En fait, si j'ai choisi cette chanson, c'est aussi grâce au boss de Nuclear Blast l'ami Markus Wosgien qui adore ce morceau, et lors d'une discussion il m'a convaincu de reprendre ce titre. De plus notre ingénieur du son Sebastian Roeder nous a permis d'avoir Ralf Scheepers sur les choeurs de cet album, et nous en avons profité pour l'utiliser en lead sur le morceau en duo avec Alessandro sur une version très spéciale et réarrangée à la sauce cinématique. La collaboration avec Ralf s'est d'ailleurs tellement bien passée que je pense la poursuivre sur les prochains albums.

En parallèle, tu as également créé ta boite de production musicale. Qu'as-tu réalisé depuis sa création et quels en sont les projets futurs ?

A la base, je voulais aider quelques personnes avec cette entreprise, mais je me suis vite rendu compte que je n'aurais absolument pas le temps de composer pour d'autres gens. J'ai eu énormément d'offres et mon emploi du temps quotidien est si chargé que je n'aurais pu assurer autant de travail en plus. Tu sais, je n'ai chaque jour que deux heures maximum de temps libre que je consacre à mes séances de yoga ou à ma gym, et c'est pour moi nécessaire de garder ces activités si je ne veux pas mourir d'une crise cardiaque dans 10 ans assis devant un ordinateur à composer ou mixer (rires) ! Par contre, je m'en sers pour travailler sur des démos afin d'attirer les producteurs ou réalisateurs d'Hollywood et ainsi travailler sur des films à l'avenir. Grâce à l'une d'entre elle, j'ai d'ailleurs pu entrer en contact avec un agent qui vit à Los Angeles, donc on verra ce que l'avenir apporte de ce côté-là même si la promotion du nouvel album m'a un peu ralenti sur la création de matériel dans cette optique. Il y a peut-être une opportunité qui se présente, mais il faut savoir que dans ce business tout ce que tu as pu faire par le passé ne compte pas, c'est comme repartir de zéro pour moi.

En ce qui concerne la prochaine tournée live, j'imagine que l'aspect visuel sera encore plus spectaculaire et poussé. As-tu des idées précises et quelques petits indices à nous donner ?

C'est justement ce qui me prend le plus de temps en ce moment car je ne pourrais jamais confier cet aspect à quelqu'un d'autre, il faut que je puisse contrôler chaque parcelle de la représentation live. Du coup, je suis en train de réfléchir sur les vidéos qui seront projetées sur le backdrop, aux possibles arrangements sur la setlist et j'en passe. Ce que je peux te dire déjà c'est qu'Emilie Ragni nous accompagnera sur toute la tournée, j'espère ensuite qu'on passera par la France entre octobre et novembre pour au moins trois dates comme nous l'avons fait la dernière fois. J'ai hâte de partager toute cette énergie positive avec les fans.

Luca Turilli live Paris

As-tu eu le temps d'écouter le dernier Rhapsody of Fire, le premier depuis le split ?

Juste une fois, car j'étais curieux de voir la direction qu'ils allaient prendre, mais pas plus car il est pour moi très difficile d'écouter ton ancien chanteur et ton compère créer une musique différente de ce qu'on a fait avant. Alex a fait de même avec mon album, et lui non plus n'a pu l'écouter plusieurs fois pour les mêmes raisons. Mais quoiqu'il arrive lui et moi restons les meilleurs amis du monde, et c'est même plus détendu depuis que nous ne faisons plus de musique ensemble car il n'y a plus ces conflits qui nous ont un peu fatigué sur les dernières années. Les gens ont toujours du mal à croire qu'on reste très proches, pourtant c'est naturel pour nous et ce malgré la séparation !

Je sais que tu es très ami avec Tuomas Holopainen, as-tu jeté une oreille sur le dernier Nightwish ?

Pas encore, mais c'est prévu pour bientôt car Nuclear Blast m'a envoyé l'album il y a quelques jours. Tuomas et moi sommes très proches car nous avons la même approche spirituelle, on parle beaucoup de ces sujets quand on est en contact, il a d'ailleurs la même vision musicale à ce niveau avec une évolution que pas mal de gens pensent mystique mais lui et moi on se comprend très bien (rires) ! J'aimerais travailler avec lui un jour, j'adorerais m'occuper des orchestrations sur un album de Nightwish par exemple.

Un dernier mot pour les fans français ?

A bientôt mes amis [en français dans le texte] ! On espère que l'album vous plaira et que les concerts de la fin d'année seront pour nous une belle occasion de vous retrouver !
 



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