Enslaved – The Sleeping Gods (EP)

Les dieux Enslaved s'endorment-ils sur leurs lauriers ?

par Lionel / Born 666

The Sleeping Gods (EP 5 titres) est actuellement téléchargeable gratuitement via le site de Scion A/V depuis le 10 Mai. Et c’est un geste sympathique de la part du groupe envers ses fans.

Parmi ces derniers, ceux qui avaient été attirés par le côté progressif du groupe devraient être content, pour les autres…
La pochette ne nous laissait guère imaginer que l’on allait écouter un album d’Enslaved mais plutôt un album de Rock Prog.

Sur la couverture (peut-on en parler pour un album en téléchargement ?), on retrouve au milieu d’entrelacs de serpents et de formes ésotériques l'Œil de la Providence. Il est généralement interprété comme la représentation de l'œil de Dieu exerçant sa surveillance sur l'Humanité. Il apparait également dans l'iconographie de la franc-maçonnerie. L'addition d'un triangle qui l’entoure est habituellement vue comme une référence à la trinité et donc explicitement au Dieu chrétien.

L'Œil de la Providence le plus connu est celui qui figure au verso du billet de un dollar. Le design original du billet de 1935 fut approuvé par Franklin D. Roosevelt, ce dernier étant bien sûr Franc-maçon.

Les titres ont été enregistrés dans le Studio du groupe Solslottet à Bergen.

On commence par « Heimvegen ». Il s'agit d'un titre comme on en retrouve maintenant souvent depuis l’album Ruun sorti en 2006. Long morceau entrecoupé de breaks complètement progressifs. Rythme saccadé, voix claire, trop claire ? Il est vrai que les musiciens ne cachent pas leurs influences. Ce sont de grands amateurs de King Crimson et de Pink Floyd.

C’est bien fait mais cela surprend de plus en plus.

« Alu Misyrki » est plus « rentre dedans » et on retrouve ce que sait le mieux faire Enslaved, c'est-à-dire un rythme plus soutenu qui nous montre l’autre face du groupe avec la voix typique de Grutle entrecoupée de chœurs clairs ; puis changement de rythme qui apporte force au titre.

« Synthesis » est un morceau réalisé seulement avec des synthés. Très ambiante comme un interlude que n’aurait pas renié un Pink Floyd dans des fumées psychédéliques ou un Sunn O)) plus actuel, mais qui n’apporte rien si ce n’est peut-être le mettre en intro en live quand Enslaved monte sur scène.

Quand à « Nordlys » c’est un titre instrumental presque dans le registre « Gothic Metal ». Sonorités bien maîtrisées, légèreté et souplesse du morceau, assez planant. L’auditeur est rapidement transporté par la mélodie.

On clôture l’album par une chanson typiquement Viking « The Sleeping Gods » chanté au fin fond d’un fjord éloigné comme on l’entendait souvent avec Enslaved dans les années 90.

Enslaved

Les purs fans du groupe seront (il faut bien l’avouer) assez surpris par The Sleeping Gods. Mais ne sentaient-ils quand même la chose venir depuis de nombreux albums ? Le virage est maintenant totalement pris et c’est dans la ligne droite inverse (à 180°) que l’on retrouve les coureurs, heu, les musiciens. Heureusement que le batteur et de magnifiques soli sont encore là pour nous rappeler à qui on a à faire.

Tracklist :

01. Heimvegen
02. Alu Misyrki
03. Synthesis
04. Nordlys
05. The Sleeping Gods

Note : 3/5

Lionel / Born 666

Enslaved sur La Grosse Radio

Live Report de Enslaved au Nouveau Casino (avril 2011)

NOTE DE L'AUTEUR : 6 / 10



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