Slipknot au Hellfest 2015

Vendredi, 00h45 - Mainstage 2


Tête d’affiche de la Mainstage 2 en ce premier jour du Hellfest 2015, Slipknot est de retour quelques années après le fiasco du Furyfest. De l’eau a coulé sous les ponts, d’autant plus que le public actuel n’a quasi rien à voir avec celui qui foulait l’aérodrome du Mans il y a maintenant plus de dix ans. Retour sur un concert qui a manqué de spontanéité.

Qui dit tête d’affiche, dit décor scénique habituel. Et avec Slipknot, le spectateur en prend plein les mirettes. Backdrop à l’effigie du dernier album, 5: The Gray Chapter, plateforme sur ressorts pour Clown et Chris Fehn (percussions) et plateformes individuelles pour Craig Jones (claviers) et Sid Wilson (DJ). Tout attire l’œil et complémente bien l’habillage des Mainstage du Hellfest.

Pendant que l’intro "XIX" commence, on peut apercevoir les membres en train de se mettre en place les uns après les autres, Corey Taylor (chant) étant le dernier à arriver. Ce qui frappe d’entrée de jeu, c'est le manque de puissance dans l’ensemble du son, une constante du week-end sur cette scène en plus de la surexposition de la basse. En plus de cela, Corey Taylor est dans une petite forme vocale en ce début de concert, tout comme le public bien mou pour une musique aussi énergique et violente que celle de Slipknot. Rassurons-nous, tout cela va s’arranger au fur et à mesure du concert.


Avec seulement 75 minutes de temps de jeu, il faut faire des choix et malheureusement, c’est le spectateur qui en patit au niveau de la setlist. Par exemple, ce soir, pas de "Custer", de "Killpop" ou encore de "People = Shit", dommage. Après un "Sarcastrophe" de bonne facture, retour à l’époque Iowa avec "The Heretic Anthem". Un morceau qui porte bien son nom, un hymne imparable de la discographie des compères masqués. Le combo "The Devil in I" – "AOV" permet de mettre en avant le dernier opus des Américains et de démontrer que la créativité en studio de Slipknot est bien vivante. "AOV" est une véritable mandale dans la tronche, et pour les cervicales. Ce n’est pas Shawn Crahan (aka Clown) qui nous dira le contraire, vivant la musique comme peu d’artistes, celui-ci headbang à n’en plus pouvoir, et tout cela perché sur ses percus.


Corey Taylor a repris un peu de puissance vocale en même temps que le public s’est pris au jeu. Toujours très proche du public, avec quelques mots en français, ses discours n’en sont pas moins des énièmes copier-coller des précédents concerts. Si toi lecteur, tu étais aussi au Zénith, tu comprendras mon point de vue. Nous pouvons aussi évoquer le point "Spit It Out". Oui, c’est cool de jouer avec le public mais déjà que le temps de jeu est réduit, pourquoi perdre plus de 5 minutes pour quelque chose qui existe depuis 10 ans ? Alors que le public pourrait bénéficier d’une chanson supplémentaire par exemple. Ces détails à part, Slipknot nous gratifie d’une belle surprise avec "Vermillion, pt 2". Un morceau à part, d’une beauté incroyable. Merci.

Véritable électron libre, Sid Wilson est un peu le pendant scénique de Christoph Schneider chez Rammstein avec ses pas de temps totalement ubuesques. Il apporte cette petite pointe de folie supplémentaire, bien agréable. Si celui-ci s’applique sur ses pirouettes, il n’en est pas de même pour James Root qui n’est pas toujours dans le bon tempo et nous gratifie de quelques pains.

Assez effacé lors des premières dates, le nouveau bassiste est cette fois-ci beaucoup plus à l’aise sur scène, plus mobile aussi. Tandis que son compère à la batterie est d’une efficacité redoutable, n’ayant absolument rien à envie à Joey Jordisson (et nous permettant d’échapper à la torture du solo de batterie).


Avec une fin de set sans surprise, remplie de classique, Slipknot nous quitte donc sur "Spit It Out", avant de revenir pour le duo "(sic)" et "Surfacing" qui clôt la prestation du combo. Le groupe mérite amplement sa place sur l’affiche et le concert aura tenu ses promesses en dehors de quelques petites habitudes agaçantes.

Setlist:
XIX
Sarcastrophe
The Heretic Anthem
Psychosocial
The Devil in I
AOV
Vermilion
Wait and Bleed
Before I Forget
Duality
Eyeless
Spit It Out

Encore:

742617000027
(sic)
Surfacing

 

Photos : © 2015 Nidhal Marzouk
Toute reproduction interdite sans l'autorisation écrite du photographe

 



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