Devin Townsend Project – Ghost

Prenons un fantôme. Bon globalement, même si il enlève son drap blanc, ça reste assez intangible (c’est à dire que l’on ne peut pas toucher et pas auquel on ne peut s’attaquer comme Nicolas Sarkozy aimerait bien nous faire croire).

Prenons donc maintenant de la musique de fantôme... bon, il y en a bien quelques uns qui peuvent faire "ouhou" ou faire un peu du vent dans quelque chose mais... bon voilà.

Enfin rassurez vous ici on à quand même des guitares!

Bon, trêve de plaisanteries. Le nouvel album de Devin Townsend, qui est sorti le 20 juin chez InsideOut, est le fruit de sa volonté de faire une musique simple et calme, par opposition à la musique complexe et violente qui a caractérisé la majorité de sa carrière. Contrairement à son prédécesseur dans la tétralogie Devin Townsend Project, Ki, Ghost ne fais aucune concession à la violence musicale. Au contraire Townsend invite même une sommité de la musique New Age : la flûtiste Kat Epple qui improvise sur un certain nombre de morceaux.

L’album s’étale sur un peu plus d’une heure. Il comporte des morceaux de type ballades et de longues plages planantes avec solos de flûtes. Si «Texada» relève un peu le tempo, l’album reste cependant globalement assez lent.

Je ne vous le cache pas, je n’ai pas du tout aimé. Jusqu’au morceau «Blackberry», l’album est d’un ennui assez mortel. Les compositions répétitives manquent de profondeur et d’inventivité. L’exercice de la simplicité est ici beaucoup moins réussi que dans Addicted. Il est même parfois difficile de croire que l’on à réellement affaire à du Townsend. On peut cependant encore une fois apprécier le choix des musiciens et la qualité d’ensemble du jeu, avec mention spéciale pour Kat Epple qui apporte un plus bien nécessaire à l’album. Mais pourquoi faire rimer simplicité avec manque d’inventivité? Ou avec répétition? J’ai très honnêtement du mal à écouter une même partie répétée une trentaine de fois sans changement. En écrivant «Bend It Like Bender!», j’avais été conquis par la subversion de la forme tube. Ici j’ai du mal à me raccrocher à quoi que ce soit, et pourtant j’aime beaucoup, beaucoup Townsend.

Faut-il cependant parler d’accident de parcours? Je ne pense pas. Il s’agit là à la fois d’un retour aux sources et d’une évolution à suivre dans la carrière du bonhomme multiforme. Il cite deux albums de Epple (dans son duo Emerald Web, Sound Trek et Valley Of The Birds) comme les premiers ouvrages musicaux ayant réellement changé sa vie, il paraît normal qu’il y fasse un hommage. De plus, comme il l’expliquait en interview, la «musique complexe» n’est plus actuellement sa favorite, entre autre du fait de son âge.

L’exercice est donc absolument réussi de ce point de vue, l’album est tout à fait conforme à ce qu’il voulait en faire. Dire les choses le plus simplement possible, par souci d’élégance.

Mais pourtant, n’est-ce pas une vision un peu simpliste de l’art? Si il faut dire les choses simplement et sans complexité, pourquoi le dire comme les autres? Dans la recherche du langage musical le plus simple et élégant, où est la place de l’originalité?

Si l’album est une grande déception pour moi, je ne peux que saluer la qualité d’une œuvre qui est le résultat d’un choix artistique complètement assumé. Et ça c’est déjà quelque chose. Mais honnêtement je suis peut être biaisé dans mon approche. Écoutez le si vous voulez vous faire votre propre avis. Il est certain qu’assis dans un bon fauteuil avec un bon thé entre les mains, cet album ne peux pas faire de mal. Mais moi j’irais plutôt m’écouter un Sigur Rós dans ce cas.


Track List : 

Fly
Heart Baby
Feather
Kawaii
Ghost
Blackberry
Monsoon
Dark Matters
Texada
Seams
Infinite Ocean
As You Were

 
 

NOTE DE L'AUTEUR : 5 / 10



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