Cannibal Corpse (+ Azziard) au Petit Bain (10.07.2015)

Bain de Sang au Petit Bain

Cannibal Corpse au Petit Bain : l’annonce avait en premier lieu créée la surprise chez les fans de la formation américaine. En effet, après des concerts récents donnés au Bataclan ou au Trabendo, le Petit Bain semblait un peu étroit pour accueillir George Fisher et sa bande. Ce n’est donc pas surprenant de voir que le concert du soir affiche complet, bien que le groupe ait donné plusieurs shows dans nos contrées récemment (outre celui donné en octobre dernier au Trabendo, les américains sont passés en juin au Hellfest et à Rouen). D’ailleurs, si la prestation du groupe au Hellfest n’a semble-t-il pas convaincu les présents, il nous tarde de voir ce que le groupe peut donner dans une salle de capacité réduite et avec un son correct.

Lorsque les fans de death metal entrent dans la salle, ils ne peuvent qu’apprécier les lieux, puisque l’acoustique et la visibilité semblent bien meilleures au Petit Bain que dans leur voisin du Batofar.

Azziard

Ce sont les français d’Azziard qui ont la lourde tâche d’ouvrir cette soirée. Œuvrant dans un black/death, la formation rappelle les Polonais de Behemoth. Sauf qu’à la différence de ces derniers, les français développent des thématiques axées principalement sur la Grande Guerre (comme le montre la cartouchière accrochée au pied de micro). Arborant un corpse paint relativement discret, la formation propose une musique empruntant plus au black metal qu’au death, avec un type de chant alternant entre growl et scream et des parties de batterie puissantes (« Sur la Toile »).

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Azziard ne révolutionne pas le genre, mais tel n’est certainement pas le but recherché par A.S.A (chant) et ses compagnons. Les quelques passages plus atmosphériques et plus lents constituant généralement les intros des compositions sont fort appréciables et permettent de proposer une alternative intéressante à la déferlante de riffs ( « Allegorie »).

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Le public est malgré tout assez statique, applaudissant poliment entre les titres. Pourtant les musiciens d’Azziard sont carrés, bien en place et montrent qu’ils ont désormais acquis de l’expérience scénique (le groupe a même participé au Hellfest en 2014). Mais les compositions ne suffisent pas à transcender un public venu pour Cannibal Corpse. Dommage pour la formation, qui en dépit d’un concert professionnel a pâti de la différence de style avec la tête d’affiche.

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Setlist Azziard :

Allegorie
Rebellion
Sur la Toile
Ekphrasis
De lumière, d’obscurité
Défiguré
Unus Mundus
Disjonction

Cannibal Corpse

A peu près tout les fans fans de death metal s’accordent pour dire que Cannibal Corpse est une valeur sûre sur scène. Le concert de ce soir ne déroge pas à la règle et lorsque les Américains entrent en scène, c’est « Scourge of Iron » qui se charge de casser les nuques des headbangers. D’ailleurs, l’avant dernier opus, Torture sera bien représenté aux côtés de A Skeletal Domain. Si Cannibal Corpse a sorti des albums élevés au rang d’incontournables dans leur discographie, le groupe prouve ainsi qu’il garde un pied ancré dans le présent et peut également être fier de ses compositions les plus récentes. « Kill or Become » ou « Sadistic Embodiment » sont déjà des classiques et ne font pas tâche à côté de « Disposal of the Body », « Stripped, Raped and Strangled » et « I Cum Blood ».

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Le son est puissant et permet de rendre justice à Cannibal Corpse et à son vocaliste George « Corpsegrinder » Fisher. Celui-ci éructe, headbangue en faisant tournoyer ses cheveux et n’hésite pas à solliciter le public. Les slammers en profitent, bien que la sécurité (qui ne semble pas habituée aux concerts de death metal) les repousse de façon assez dangereuse dans le public.

Ce qui frappe en premier lieu à chaque concert des Américains, c’est la précision chirurgicale des riffs de Rob Barrett et Pat O’brien, associée aux rythmiques massives de Paul Mazurkiewicz. De même, le co-fondateur du groupe, Alex Webster, impressionne toujours autant avec son jeu de basse sans médiator. Le mix étant parfaitement équilibré, chose rare pour être soulignée, chaque musicien peut s’exprimer, comme le font les deux guitaristes en rythmique comme en solo. 

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Cannibal Corpse a pensé à remodeler légèrement sa setlist par rapport au concert donné l’automne dernier au Trabendo. Du coup, c’est l’occasion d’entendre « Sentenced to Burn » (extrait de Gallery of Suicide) qui fait l’effet d’une massue et met à rude épreuve les cervicales du public, comme celles des musiciens.

Les titres s’enchainent et la fin du concert se fait sentir quand retentit le classique « Hammer Smashed Face » qui rend l’audience folle. Les slammers défient une nouvelle fois la sécurité et le pit se déchaine totalement. Le groove inhérent à ce titre associé à la violence du combo en font toujours une valeur sûre en live, que Corpsegrinder interprète magistralement. Sur les titres les plus anciens, le chanteur n’a pas de mal à tenir la comparaison avec Chris Barnes (premier vocaliste de Cannibal Corpse et membre de Six Feet Under) et impose le respect comme à chaque prestation.

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Cannibal Corpse a donc transformé le Petit Bain en bain de sang avec un set toujours solide, puissant et bien aidé par un public impliqué pendant toute le durée du set. Plus de 25 ans après sa formation, les Américains sont toujours au firmament du death metal, assurant toujours en live et en studio, et on se demande bien qui pourrait venir les en déloger.

Ce concert a par ailleurs permis de découvrir cet endroit prometteur que constitue le Petit Bain, à l’acoustique et l’ambiance fort sympathique. La taille du lieu et la mesure de l’évènement ont donné un certain cachet à cette soirée, qui restera longtemps dans les mémoires.

Setlist Cannibal Corpse :

Scourge of Iron
Demented Aggression
Evisceration Plague
Stripped, Raped and Strangled
Disposal of the Body
Sentenced to Burn
Kill or Become
Sadistic Embodiment
Icepick Lobotomy
Addicted to Vaginal Skin
The Wretched Spawn
Dormant Bodies Bursting
I Cum Blood
Unleashing the Bloodthirsty
Make them Suffer
A Skull full of Maggots
Hammer Smashed Face
Devoured by Vermin

Merci à Access Live Production et au Petit Bain.
Photographies : 
© 2015 Arnaud Dionisio/ Ananta
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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