Seth de SepticFlesh au Hellfest 2011

Par Katarz, Born666
Traductions réalisées par Katarz


Katarz (K) : Bonjour et merci de nous accorder cette interview pour la Grosse Radio.

Merci à vous.

K : Ce n'est pas la première fois que vous jouez au Hellfest, et sachez qu'en 2008 le concert que vous avez donné était extraordinaire. A l'époque vous étiez venus faire la promotion de l'album « Communion ». Cette fois ce sera pour le nouvel opus : « The Great Mass ». Pourquoi avoir cela vous a pris 3 ans pour réaliser ce nouvel album ?

Merci beaucoup ! Ce n'était pas si long, en réalité cela ne nous a pris que 2 ans pour faire « The Great Mass ». Mais c'est à cause des tournées ! Et oui, nous avons tourné pendant 7 mois, sur un laps global de temps de 2 ans. Nous sommes allés en Europe et aux Etats Unis. Nous avons entre autres tourné avec Satyricon, Behemoth, Vader... Lorsque tu composes un nouvel album, c'est nécessaire de prendre au moins deux ans pour faire des tournées, puis se reposer un petit peu, sans quoi tu ne feras rien de bon pour la suite. Pour nous SepticFlesh ce n'est pas un job : jouer, composer, jouer, composer...

Born666 (B) : Est-ce que tu vis de ta musique ?

En fait c'est tout le groupe aujourd'hui qui peut vivre de ça, on vit de l'art. En ce qui me concerne, je  peins aussi.

K : Oui, peux tu justement nous parler plus de la manière dont tu peins ces splendides tableaux...

Je crois qu'il nous faudrait beaucoup plus de temps pour en parler et les analyser ! (Rires)
Mais ce que je voudrais dire c'est que j'ai étudié la peinture en Grèce et je suis très heureux aujourd'hui de pouvoir combiner la peinture et la musique ensemble. C'est une très importante part de moi même... Et ça c'est une bénédiction....

K : Donc ta musique c'est plus que des « concepts albums », c'est ta vie que tu exposes en permanence devant nous...

Exactement. Je suis très heureux de m'accomplir comme ça aujourd'hui. Mais vous savez, c'est énormément de travail aussi. Nous n'avons pas de vies privées.

 

SepticFlesh

K: Peux tu nous parler du nouveal album, « The Great Mass », et de son univers ?

Je n'ai pas envie de vous parler de généralités sur cet album... et vous qu'en pensez-vous ?

B : Je crois qu'il est très orchestral, et j'ignore complètement comment vous allez le jouer ce soir... avez vous prévu des samples ?

Bien sûr ! Je vais vous en dire plus... en fait c'est mon frère, Chris, et moi même, nous nous sommes demandés.. « Ok qu'est ce que nous allons faire maintenant, après « Communion »? »
Nous avons alors décidé de partir de la musique classique et de construire tous les morceaux dessus. La musique classique est la source, et la base de cet album et de la manière dont nous avons construit nos titres. Nous l'avons voulu comme ça, et nous voulions faire un album qui sonne très extrême. En ce qui concerne le concept, il s'agit de notre plus profond Moi, le plus sombre. Nous existons depuis les années 90 et je crois que nous avons aujourd'hui acquis la maturité qui nous permet de combiner tous ces éléments, death, classique, heavy...dans quelque chose de plus grand.

B: Vous avez splitté en 2003 qu'en est-il aujourd'hui de votre line-up? Est-il solide ?

Oui, en 2003 nous étions fatigués, tu sais. Aussi, on avait l'université et je voulais me concentrer sur mes études d'art... mon frère aussi. Dans la vie parfois il y a des priorités. Mais comme je le disais pour nous SepticFlesh est une des expressions de notre art.

K: Tu as dit que « The Great Mass » est extrême, alors que moi je le trouve moins brutal que le précédent. Es-tu d'accord avec ça ?

Non. Et tu sais pourquoi ? Parce qu'avec tout le travail que nous avons réalisé, par exemple la batterie... Fotis est aujourd'hui extrêmement bon, il réalise des blasts incroyables. Et même le ton de « The Great Mass » est bien plus sombre que « Communion ».
Moi, j'ai composé le morceau « Pyramid God » sur l'album, qui je crois est le seul qui soit plus groovy, plus mid-temp. Plus catchy également.

K: Et que peux tu nous dire de cette grande messe dont tu parles ?

Comme je le disais précédemment, « The Great Mass » est une grande et sombre expérience de nos vies. Sotiris compose les paroles depuis longtemps maintenant. Sa vie est très proche de ce dont il écrit et je crois qu'il a encore et toujours envie d'en parler. C'est très important quand on créé de la musique d'exprimer quelque chose en plus.

B: Peux tu nous parler maintenant des problèmes que tu vois en Europe, et particulièrement en Grèce ? Que ressens-tu à propos de cette situation, et est-ce que aujourd'hui cela a en quelque manière que ce soit affecté ou inspiré SepticFlesh ?

Tu veux parler de la crise ? Absolument pas. Si tu vas aujourd'hui, samedi, te promener dans les rues d'Athènes, la nuit, tu verras que les Grecs font la fête ! Sinon oui c'est un temps de crise, un mauvais moment à passer, et il faudra du temps pour réapprendre à vivre avec moins de choses. Alors bien sûr, beaucoup de Grecs ont des problèmes aujourd'hui, à cause de la crise, mais c'est pas nouveau. Depuis l'Euro déjà nous savions que cela allait mal se finir pour la plupart des pays européens. Au Portugal c'est la même chose. L'économie est un grand jeu entre politiciens et SepticFlesh n'a jamais eu de message qui a quelque chose à voir avec ça.

K: Et d'un point de vue autant philosophique, que économique et sociétal, penses tu, comme Machiavel, que la seule manière d'aller de l'avant est de détruire tout et de recommencer ou de prendre le temps de construire progressivement ?

Cela dépend de la situation. Quand je travaille sur mes peintures, il est clair que si je n'aime pas le résultat, je vais le détruire et tout recommencer depuis le début. Mais lorsqu'il en vient de la société, il y a beaucoup de paramètres en jeu et cela devient plus compliqué. Je crois que ce qui se passe en Grèce c'est une crise et que dans deux ans la situation redeviendra plus stable.

B: En ce qui concerne le Hellfest, verras-tu des groupes aujourd'hui ?

Non, tu sais on va immédiatement repartir en tournée. On n’a pas du tout dormi, depuis 23 heures.
(rires)

 

SepticFlesh

B : Nous avons une question de la part de Leana, qui souhaitait en savoir plus sur les incroyables tatouages de ton avant bras. Qui les a réalisés ?

(NDLR : Seth remonte sa manche qui découvre le visage d'une jeune femme réalisé en couleur, avec des yeux extraordinaires, et de l'autre côté de l'avant bras un visage effroyable)

Ce tatouage a été réalisé par Robert Hernandez, un tatoueur espagnol, qui est l'un des meilleurs aujourd'hui. C'est le premier tatouage réaliste qu'il avait réalisé sur moi ici. Mais il fait aussi tout plein d'autres choses, allez voir.

K : Qu'attends tu du concert de ce soir ?

Je suis sûr que ce sera génial, car je me rappelle que c'était le cas il y a deux ans, et nous revenons de la tournée française donc...c'était incroyable. Je suis convaincu que la France est notre second pays. Nous y avons tant de gens qui soutiennent SepticFlesh depuis tant d'années maintenant...

K: Et est-ce que votre succès a servi de tramplin à d'autres groupes de metal grecs ?

Oui, mais c'est difficile. Les choses changent pour les nouveaux groupes grecs trop doucement, parce qu'il est très difficile de créer un style original aujourd'hui.

K: Et la singularité, c'est ce pourquoi tu te bats tout le temps avec SepticFlesh ?

Oui.

(Rires)

K: As-tu de nouvelles idées pour SepticFlesh ? Une vision musicale à long terme ?

Oui. Nous pensons de cette manière-là tout le temps, et ce depuis le début. Nous avons encore de nouvelles mélodies que nous voudrions exploiter. C'est fou, quand je repense en arrière, Paradise Lost était mon groupe préféré, et j'ai eu la chance de réaliser leur pochette d'album. Imagine comme je me suis senti.

B : Êtes-vous amis avec Rotting Christ ?

Oui, nous sommes très proches depuis de nombreuses années.

B : Allez-vous jouer des morceaux de votre nouvel album ce soir au Hellfest ?

Absolument, nous allons jouer 5 nouveaux titres ce soir.

K : Donc votre intention c'est clairement de le promouvoir !

Oui, j'ai hâte de voir l'accueil qu'il aura.

K: Un dernier mot pour vos fans français puisque nous devons, hélas, clore cette interview ?

Oui, je voudrais dire un grand merci à vous tous pour tout votre soutien, vous nous avez vu grandir et c'est grâce à vous. SepticFlesh n'a pas la prétention de devenir un groupe commercial, on restera underground, toujours.

B : Merci beaucoup pour cette interview, c'était un énorme plaisir de vous avoir ici avec nous.



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