Falk-Maria Schlegel et Roel van Helden de Powerwolf

« Notre travail est acharné »
 

A l’occasion de la sortie de Blessed & Possessed, nous nous sommes entretenus avec Falk-Maria Schlegel (claviériste) et Roel van Helden (batteur) de Powerwolf; afin d’évoquer le nouvel album, ce qui l’entoure, mais aussi les tournées qui arrivent à grand pas. Cela leur a permis de parler de leur relation avec le public ainsi que de l’imagerie particulière et pourquoi ils l’ont choisie ainsi.

Bonjour à vous et merci de nous accorder cette interview. Comment vous sentez-vous à la sortie de votre sixième album, Blessed & Possessed ?

Falk-Maria Schlegel : On se sent vraiment bien, le gros du travail est fini ! Non, en fait, après avoir avoir fini d’enregistré l’album, nous en étions très contents et très confiants concernant sa réception.

Roel van Helden : C’est une longue période de travail acharné au cours de laquelle nous ne nous concentrons que sur une chose à la fois. D’abord, la composition, qui nous a pris six mois. Ensuite, l’enregistrement nous a pris trois mois. Ca fait neuf mois en tout, comme un bébé heavy metal ! et maintenant, nous avons hâte de remonter sur scène ! Avec les festivals, on a de quoi s’occuper !

Du coup, comptez-vous revoir la mise en scène de vos concerts ?

Falk-Maria Schlegel : Oui, Matthew Greywolf [guitare] a fini de travailler sur la nouvelle scène. Elle est plus grosse avant. Nous avons fait attention à l’aspect visuel, de manière à faire ressembler la scène à une église, mais le plus important dans Powerwolf, c’est l’interaction avec le public. Je ne veux pas me cacher derrière des lumière ou des effets pyrotechniques. On en utilise quelques-uns, bien sûr, mais ça ne doit pas prendre le pas sur le contact qu’on a avec notre public.

Powerwolf

Est-ce un aspect que vous comptez développer ?

Falk-Maria Schlegel : Je ne prévois pas ce que je vais faire quand je monte sur scène, il est important de rester spontané. Tout ce que je peux dire avant de monter sur scène, c’est que je ne resterai pas planté derrière mon clavier ! Tout dépend de ce qu’il se passe le soir même, de la réaction du public, tu ne peux pas prévoir ça à l’avance.

Roel van Helden : Tu as devant toi le premier frontman-claviériste ! [rires]

Qu’attendez-vous de votre prochaine date à Paris, qui sera aussi votre deuxième concert en tête d’affiche dans la capitale ?

Roel van Helden : J’ai de très bons souvenirs de notre premier concert. C’était complet, c’était donc la première occasion de le faire pour moi, qui suis dans le groupe depuis 2011, je ne savais pas à quoi m’attendre et j’ai été très impressionné.

Falk-Maria Schlegel : C’était aussi la première date de la tournée et nous ne nous attendions pas à un début aussi intense ! Du coup, nous avons vraiment hâte de revenir. Il y a aussi ce concert au Hellfest 2014 qui nous a impressionné. Il y avait énormément de monde et tout le monde était dingue malgré le fait qu’on était en début d’après-midi et qu’il faisait très chaud. Nous espérons également revenir au printemps 2016 pour jouer plus de concerts en France. C’est vraiment dommage de vivre si près de la frontière française et d’y jouer si peu !

Revenons maintenant à Blessed & Possessed. A quoi correspond ce titre ?

Falk-Maria Schlegel : Il a plusieurs significations. Pour Powerwolf, Blessed (béni) représente la musique, l’aspect épique, le fait de célébrer le metal et Possessed (possédé) représente notre passion. Nous sommes possédés par le heavy metal. Sans aller jusqu’à en faire une religion, ça va au-delà de simplement écouter de la musique. Cette idée m’est venue lors d’un concert à Londres (pas à Paris, désolé), j’ai crié à la foule, sans micro : « Are you Possessed ? » [êtes-vous possédés ?] et ils m’ont répondu « Yes, we are ! » [Oui]. Ce titre peut aussi correspondre au fait de vivre sa vie normale le jour et de vouloir s’en défaire la nuit, d’où l’opposition entre ces deux termes. L’idée de confronter deux idées opposées est un thème qui revient souvent dans nos paroles. C’est le cas de « Sacramental Sister ». On parle d’une nonne qui vit dans la chasteté qui a des désirs sexuels la nuit.

Sortir six albums en sept ans, c’est un rythme très soutenu, comment le vit-on ?

Falk-Maria Schlegel : Notre travail est acharné. Dès que nous finissons de tourner, nous nous attaquons à l’écriture.  Nous n’allons pas nous reposer sur nos lauriers parce que nous avons fait de bonnes ventes dans tel ou tel pays. En revanche, nous prévoyons de faire plus de concerts pour Blessed & Possessed, mais qui sait, peut-être que nous allons vouloir écrire dans peu de temps et sortir un nouvel album plus vite qu’on ne le pense !

Powerwolf

En plus de cet album, vous incluez en bonus un autre disque, Metallum Nostrum, qui est constitué de reprises. Comment les avez-vous choisies ?

Roel van Helden : Nous avons fait exprès de ne pas choisir les chansons les plus évidentes. Par exemple, pour Iron Maiden, nous jouons « The Evil that Men do » et pas « The Trooper », qui a été fait un million de fois. Pour Judas Priest, nous n’avons pas pris Painkiller, mais « Touch of Evil » et « Night Crawler ».

Falk-Maria Schlegel : Cela faisait 5 ans que cette idée d’album de reprises nous trottait dans la tête. Il est très important pour nous que les éditions limitées de nos albums soient de bonne qualité, plutôt que de donner que deux démos en bonus. Ce disque bonus est un délire de fans de metal. Charles Greywolf [guitare] a pris Running Wild, Matthew a pris Chroming Rose, un groupe allemand de power metal malheureusement oublié, j’ai choisi Savatage. C’est un moyen pour nous de raconter notre histoire et de rendre hommage à nos héros.

Roel van Helden : C’est un peu un album à part entière, d’une durée conséquente et avec une bonne productions. Il y a certaines chansons que nous n’avons pas beaucoup retouchées, comme « Touch of Evil », mais Attila a fait un super travail dessus, et d’autres que nous avons un peu remaniées, comme « Out in the Fields » de Gary Moore que nous avons fait passer de hard rock au heavy metal, ou aussi « Gods of War Arise » d’Amon Amarth, qu’on a fait avec du chant clair.

Avez-vous pensé à faire un album de reprises de chansons hors-metal ?

Roel van Helden : Atrocity déjà a fait ça, Therion a fait ça aussi d’ailleurs, j’ai offert l’album Les Fleurs du mal à Falk-Maria Schlegel, vu que sa femme aime la chanson française et qu’il aime le metal [rires] Je ne pense pas qu’on fera ça. C’est facile de transposer une chanson d’Abba en version metal, mais c’est vraiment cliché.

Falk-Maria Schlegel : je ne pense pas non plus, car Metallum Nostrum contient des chansons qu’on apprécie beaucoup personnellement, du coup, ça n’aurait pas vraiment de sens pour nous de reprendre des chansons qui ne nous touchent pas tant que ça.

Powerwolf

Powerwolf est un groupe à l’imagerie fortement liée à la religion. Quels sont les liens entre le metal et la religion selon vous ?

Falk-Maria Schlegel : Je dis toujours que nous sommes un groupe spirituel, mais nous avons choisi l’imagerie chrétienne parce que nous avons grandi avec. Il y a plein de sujets à propos desquels nous pourrions écrire, mais nous faisons pas mal de recherche sur ces thèmes précisément, ça nous a notamment inspiré pour la chanson « Armata Strigoi ». Nous adorons les clichés et nous prenons plaisir à les inclure dans notre travail, mais nous sommes aussi sincèrement intéressés à cette religion. Parfois, les gens nous demandent s’il y a une fin avec ce thème, mais non, il y a tellement d’histoires et de choses qui ont été faites au nom de Dieu que c’est une source inépuisable d’inspiration !

Roel van Helden : En plus, ça correspond parfaitement à notre musique. Avec une chanson de heavy metal rapide, tu ne peux pas vraiment parler de te balader sur la plage avec ta copine,,, Ce serait drôle cela dit ! [rires] Mais les thèmes qu’on emploie collent parfaitement à ce qu’on joue. Certaines personnes pensent que nous sommes des chrétiens intégristes, mais non. D’autres pensent qu’on blasphème, mais non plus, chacun peut croire en ce qu’il veut, nous ne jugeons personne, ça ne nous intéresse pas. On ne fait que chanter dessus.

Falk-Maria Schlegel : Et avec une chanson qui a pour titre « Resurrection by Erection », il est évident, que nous avons aussi un regard ironique dessus. Ce n’est pas interdit. Le heavy metal est aussi là pour divertir. Quand je suis en festival, je trouve que certains groupes se prennent trop au sérieux. Je suis aussi sérieux dans mon travail, mais sur scène, mais je m’amuse et je le montre. Si tu n’as rien à regarder sur scène, autant rester chez toi à écouter le CD.

Photos live : © 2013 Fanny Storck et © 2014 Nidhal Marzouk
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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