Mayhem au Hellfest 2011

Rock Hard Tent – Vendredi 17 juin 2011 à 01h00

Après une apparition remarquée au Hellfest en 2008, en plein cagnard de l’après-midi, cette fois le festival accueillit le groupe mythique sous le chapiteau à une heure plus que tardive.

Attila, qui a su trouver dans Mayhem un refuge pour ses expérimentations macabres ou mystiques, sait s’adapter. Si en 2008 le Hongrois était apparu sur la Mainstage 2, en plein cagnard, en toute sobriété, délivrant son chant aux multiples aspects, en 2011 il débarque en grande pompe avec ses fanfreluches de sataniste. Décor en papier d’alu véritable, autel surdimensionné tout recouvert d’ossements et de crânes derrière lequel semble-t-il il y a une batterie ?! Fumigènes, chandeliers et affiches rituelles gigantesques, on l’aura bien compris, on va assister à une messe noire. Mais, ne soyons pas trop « evil », il faut avouer que la mise en scène est là, le jeu de lumières est superbe et vient renforcer à de nombreuses reprises l’intensité du set, sans parler des flammes qui jaillissent juste devant les musiciens.
 

Mayhem


Le plus impressionnant est la foule présente ce soir sous le chapiteau, venue assister avec plus de curiosité que de passion à ce concert unique en son genre. Je m’explique.

Le maître de cérémonie surgit des coulisses, suivi de près par sa cape, tenant dans sa main un crâne (humain, selon ses dires dans une interview récentes… mouais).

Sur les premières notes de « Ancient Skin », il nous fait clairement comprendre ce que sera ce rituel. Un énorme test de foi et de ténacité. En effet, Attila ne fait jamais les choses au hasard.

Ce qui est certain, c’est qu’au delà de la surface de recueillement, il est à fond dans son jeu de scène. Comme un chef de l’armée des morts, il entend se charger de nous, et on va devoir laisser notre âme à l’entrée pour apprécier ce show froid et morbide. Le maître de cérémonie, lui, brandit son crâne et se penche depuis son autel qu’il ne quittera que rarement pendant le set. Mais ce jeu de scène est au final assez monotone (Attila brandit le crâne, Attila transpere le crâne avec son micro, Attila repose son crâne, puis le reprend… ). Il ne le jettera même pas dans la foule, comme le faisait Maniac avec les têtes de porcs. Cependant il faut le lui avouer, Attila a une voix au meilleur de sa forme.

 

Mayhem


A titre d’exemple, lorsqu’il annonce longuement « A Time to Diiiiieeee », son vibrato de voix suffit seul à faire trembler la voûte.

Aussi, la programmation n’est pas laissée au hasard. Et, ce que j’appellerai toute la première partie du show est constituée de morceaux assez planants, faisant partie du registre le plus expérimental du groupe. Sur « My Death » Attila nous rappelle chez les morts avant de s’effondrer sur son autel. Mais il est certain qu’en enchaînant les planants « Illuminate Eliminate », « Freezing Moon » et « View from Nihil », Mayhem entend nous faire entrer dans une transe très spéciale pour nous mettre en condition pour la suite du set… mais certains commencent à s’impatienter et une bonne partie du public est en train de quitter cet endroit malsain.

Alors Attila s’écrie :
« And so I greet those who still have eyes to observe and see
And who still have courage to break through into the dying light ! ».

Bon ben du coup je reste pour ce que j’appelle la seconde partie du set et je comprends mieux son petit manège. La foule étant maintenant suffisament clairsemée, je me faufile telle une enfant qui veut voir son maître.

 

Mayhem

Et une fois que je me suis trouvée place de premier choix pour avoir un son optimal, je trouve que les guitares sont au top, je suis en transe lorsque Silmaeth débarque sur scène pour donner une prestation vraiment remarquable, apportant vraiment un dynamisme incroyable dans ce show un peu statique il faut le dire. Aussi, la batterie est complètement obstruée par l’autel et on regrette vraiment de ne pas voir Hellhammer exécuter les superbes accélérations de « Deathcrush », « Pure Fucking Armageddon ». Le public autour de moi semble conquis également. Enfin, le show prend de la vitesse et de la profondeur du premier lever de rideau laisse la place à la brutalité du second.

Sur « De Mysterii Dom Sathanas » enfin, on retrouve toute la puissance de Mayhem, l’ambiance, la malsainité et la noirceur. Attila nous a encore prouvé que Mayhem est une légende vivante du Black Metal.
 

Kaatarzyna


PS : Au bout de 2 titres les photographes n’étaient plus autorisés à venir dans le pit pour des raisons de sécurité (les flammes)…d’où les photos…

Setlist indicative :

Ancient Skin
My Death
A Time To Die
View From Nihil
Illuminate Eliminate
Freezing Moon
Crystalized Pain in Deconstruction
Silvester Anfang
Deathcrush
Buried By Time And Dust
De Mysterii Dom Sathanas
Pure Fucking Armageddon



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