Pavillon Rouge – Legio Axis Ka

A moi la légion !


Pour sûr, la scène black metal française est une des plus riches de ce bas monde. Que ce soit avec les expérimentations dissonantes de Deathspell Omega, les envolées épiques de The Great Old Ones ou encore les relents symphoniques du dernier Blut aus Nord, il y en a pour tous les goûts. Avec son premier album, Pavillon Rouge ajoutait sa pierre à l’édifice avec un black metal drogué à l’indus. Attendu avec impatience par les aficionados depuis maintenant quatre ans, ce Legio Axis Ka arrivait à point nommé.
 

Comme l’a prouvé Samael en son temps, black metal et indus peuvent faire bon ménage. De son côté, Pavillon Rouge continue de suivre sa propre voie, déblayée avec leur premier album Solmeth Pervitine. Dès l’ouverture du disque sur « Prisme Vers l’Odyssée », on est frappés par la puissance des riffs. Tranchants et plein de rage, ils évoquent Emperor periode Nightside Eclipse et cimentent l’album avec  les battements de la grosse caisse électronique, l’autre signature du groupe. Cette batterie se fend d’ailleurs, comme sur le premier album, de quelques breaks familiers à la techno, notamment sur  « A l’Univers » ou encore « Kosmos Ethikos », qui fait presque office d’intermède.
 

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Globalement, on peut dire Legio Axis Ka est plus agressif, un rendu probablement influencé par la production, qui est bien meilleure que sur le premier opus, notamment sur les deux points clés évoqués plus hauts. L’équilibre entre le lo-fi urgent du black metal et la froideur indus est parfaitement dosé, à la fois dans les compositions et la production, qui donne à l'album une part de nostalgie nineties tout en conservant une approche moderne.  A la voix, le vocaliste Kra Cillag est, lui aussi, beaucoup plus puissant et rageur, et l’auditeur peut particulièrement en profiter sur « Prisme Vers l’Odyssée », le tube sulfureux « Droge Macht Frei » ou encore « Klux Santur », qui vient clôturer l’album avec un superbe climax.

 


Mais le charme de ce Legio Axis Ka réside avec tout dans le climat, les ambiances qui sont crées par ces neufs compositions s'articulant parfaitement entre elles. Plutôt que de vous agresser sans discontinuer pendant ces 47 minutes, Pavillon Rouge temporise avec des chansons mid tempo tout aussi efficaces, comme « Mars Stella Patria » et son intro martiale ou « Aurore et Nemesis », ce qui donne encore plus d’emphases aux cavalcades des morceaux plus rapides.
 

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Vous l’aurez compris, Legio Axis Ka est une pure réussite. C’est un album jouissif, dans lequel on ne s’ennuie pas une seconde, pour peu que l’on apprécie le metal hybride. Avec ses samples et références plus ou moins obscurs (notamment à Watchmen), ses riffs et ses beat electro, Pavillon Rouge transforme l’essai marqué avec son premier album. Connaissant la qualité du groupe sur scène, on vous conseille d’aller les voir s’ils passent par chez vous, à commencer par le 19 octobre à Paris au Glazart avec Hanzel und Gretyl, Herrschaft et syndro-sys.

Chronique par Tfaaon (Facebook)

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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