John D. Cronise, leader de The Sword

« Je ne concevais pas le fait de tomber dans une routine et de faire la même chose album après album. »
 

C’est un John D Cronise assez zen, tranquille et sûr de la qualité de son album, qui s’entretient avec nous pour nous présenter la philosophie de The Sword et de son évolution.

Lionel / Born 666 : Avant de rentrer en studio, vous aviez une petite idée de la direction que vous vouliez donner à cet album?

John D Cronise (chanteur, guitariste) : Non. Pas particulièrement. Tu sais on voulait seulement aligner des morceaux qu’on serait heureux de jouer. C’est ce qui compte pour nous, tu sais. Et c’est ce qui s’est passé.

Lionel : Et vos sentiments. Ont-ils changé avant de vous retrouver en studio ? Quelque chose qui touché la spiritualité?

John D Cronise : Au niveau artistique peut-être. On ne voulait pas non plus enfoncer une porte ouverte, nous répéter nous même. En temps que compositeur, je ne voulais pas non plus me répéter après Apocryphon jouer les Cassandres (« doom and gloom »). Donc je ne concevais pas le fait de tomber dans une routine et de faire la même chose album après album. Trouver une piste plus bluesy comme direction.

Lionel : Vous avez improvisés lors de ses séances ?

John D : Parfois sur certains arrangements on se lâchait et on laissait parler les guitares. C’est quelque chose que l’on aime faire que ce soit en studio ou en live. La plupart des chansons étaient prêtes avant d’entrer en studio, mais lorsque l’on commençait à jouer « live » elles prenaient un côté plus blues. Ressentir un feeling live plus que sur le précédent album.

Lionel : Avec High Country, j’ai l’impression d’écouter tout ce que la musique américaine a produit depuis 50 ans. De la country jusqu’à Creedence Clearwater Revival en passant par Janis Joplin et Lynyrd Skynyrd et même des refrains (comme sur « The Dreamthieve ») qui me faisaient penser à America…

John D : Je suis d’accord avec cela. Cet album est beaucoup plus influencé par la musique américaine que les précédents, ou par le rock anglais ou n’importe quelle autre influence. C’est vrai qu’on y retrouve des influences de la musique blues, de Lynyrd, de la danse music, … je ne peux qu’être d’accord avec toi.
 

The Sword


Lionel : Quels sont les musiciens qui t’ont influencé, ceux que tu aimes comme musicien ou chnateur. Et ceux qui t’ont inspiré avant d’enregistrer High Country ?

John D : Humm. C’est une bonne question. Avant tout, lorsque je rentre en studio j’essaye d’être moi-même car je ne veux pas tomber dans le fait d’imiter les autres que ce soit au niveau du chant ou des guitares. J’ai d’abord envi de sortir des trucs de moi-même ; voir ce que je peux faire, mais tu sais en général, j’aime les groupes de rock. Bien sûr, il y a ZZ Top qui fait parti de mes influences majeures, j’aime aussi tout ce qui est bluesy venant du southern rock…

Lionel : Bon et votre changement musicale est logique en adéquation avec l’évolution de voter logo…

John D : …oui on l’avait déjà fait avant. On est plus dans le classic rock. On voulait changer le logo qui restait dans l’image du stoner rock alors qu’on joue dans le rock, le packaging, la pochette, c’est normal qu’on voulait quelque chose de simple pour son écriture.

Lionel : Quels sont tes moments préférés lors de la réalisation d’un album et lors de High country en particulier ?

John D : Pour celui-ci c’était la première fois que l’on faisait venir parmi nous des gens de l’extérieur du groupe comme une section de cuivres. C’était vraiment génial. Une très bonne expérience et de bonne sensation. Et observer des musiciens aussi professionnels jouer leurs parties d’une telle façon, c’était vraiment nouveau pour nous. Bon après enregistrer c’est toujours cool et sympa, on aime ça ! Ensuite enregistrer dans une ancienne église reste quelque chose d’intense…

Lionel : …beaucoup de spiritualité ?

John D : Oui bien sûr ! Beaucoup d’espoir. L’église nous donnait beaucoup d’énergie.

Lionel : Tu composes tous le temps ?

John D : Je le fais quand je me sens bien, que j’ai le bon feeling, si ça ne va pas, ce n’est même pas la peine d’y penser. Et puis quand je suis en tournée ce n’est pas évident car je sais ce que c’est que l’investissement qu’il faut afin de produire quelque chose de bon. C’est pour cela que je préfère m’y atteler après un cycle de tournées afin de m’y concentrer pleinement.
Mais bon, tu ne sais vraiment jamais quand tu peux avoir une bonne idée (sourire). Généralement je n’ai pas besoin d’être vraiment concentré pour avoir le « blues ».

Lionel : Je pense que votre musique peut prendre désormais maintenant n’importe quelle direction. Vous étiez plus limité dans le stoner ?

John D : C’est vrai que de nombreuses formations font souvent la même chose. J’ai maintenant vraiment envi que l’on soit nous-mêmes. On aime changer les réglages de nos guitares pour passer même parfois au « super heavy ». Beaucoup de musiciens que l’on aime sont ainsi accordés. On aime faire des essais et voir comment ça sonne, on change nos accordages… Comme cela on ne risque pas de tourner en rond…

Lionel : Ne trouves-tu pas qu’avec High Country vous avez franchi un palier, beaucoup plus ouvert à des gens qui ne serai pas venu obligatoirement vers votre musique ?

John D : Oui, j’aimerai le penser, qu’ils apprécient la bonne musique et qu’ils découvrent ce que l’on fait et que ceux qui pensent qu’on est dans le « heavy » jette une oreille sur ce qu’on fait maintenant. J’aimerai qu’ils le fassent.

The Sword


Lionel : Dans peu de temps vous aller être sur les routes, vous savez déjà quels nouveaux morceaux vous allez jouer ?

John D : On aimerait tous les jouer, mais on va tout de même en jouer beaucoup. On les joue en live et on apprécie de les jouer ensemble. On va probablement tous les jouer sur cette tournée. Peut-être pas sur la même date mais sur toute la tournée, oui ! La setlist sera tout de même basée sur notre dernier album. Et puis on a notre batteur Santiago Vela III qui est avec nous maintenant depuis 2 albums et on sera plus à même de jouer des titres sur lesquels il a joué, mais on jouera aussi des vieilles chansons de nos deux premiers albums (Age of Winters et Gods Of The Earth).

Lionel : Et parmi ces nouveaux morceaux, tu sais déjà sur lesquels vous allez jammer et improviser en envoyant une reprise comme vous aimez le faire ?

John D : C’est une bonne question. On n’a pas encore réfléchi à ce sujet, mais bon, désolé, cela restera une surprise… (rire).

Lionel : Votre producteur a eu un rôle important sur High Country ?

John D : Oui, bien sûr. Il a toujours pleins d’idées. Il a une approche originale des perspectives musicales. Beaucoup plus que certaines personnes. On voulait travailler avec quelqu’un comme lui qui possède une telle approche. Pas obligatoirement enregistrer exactement ce qu’on avait en tête mais quelqu’un qui fait aussi des propositions.

Lionel : On peut dire que l’album est bien équilibré entre titres catchy avec de gros riffs, big rock et musique mélodique. Il vous a aidé dans ces choix ?

John D : On a plus eu l’aide de notre bassiste Bryan Richie en ce qui concerne cette construction. Il a énormément contribué à High Country, il a enregistré des titres, jouer ses parties de basse bien sûr, mais aussi les 2 instrumentales qu’il a composées, les parties de synthés, les passages acoustiques… c’est clair que tout cela à jouer sur la texture de l’album.

Lionel : En 2012, Apocryphon avait atteint la 17ème place des chars US. Des ambitions pour High Country ?

John D : On va faire le mieux possible. Beaucoup de groupes sortent de bons albums en ce moment. Il y a une bonne compétition entre plusieurs groupes qui sortent leurs albums en même temps. On verra bien…

Lionel : En 2013 vous aviez joué au Hellfest car votre album était sorti l’année précédente, on peut espérer vous y voire l’année prochaine ?

John D : Probablement. Je ne sais pas encore s’il en fera parti, mais on sait que l’on sera sur des festivals en Europe en juin 2016.

Lionel : Un mot pour vos fans en France avant votre tournée ?

John D : J’espère en voir le maximum à Paris quand on y jouera (12 Septembre à la Boule Noire) et nous espérons revenir par la suite pour faire plusieurs dates en France car on n’y joue pas assez.

Lionel : La dernière fois que je vous avais vus c’était en 2009 en ouverture de Metallica.

John D : C’était incroyable, inoubliable.
 



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements