Uncle Acid and the Deadbeats – The Night Creeper

Uncle Acid and The Deadbeats possède ce coté vintage fascinant, un peu à part, qui nous confère à chaque écoute la sensation revigorante d'un retour aux sources. Toujours mené par Kevin Starrs, leader charismatique bien que légèrement mégalo, le groupe parvient à se faire sa réputation au fil des années et des albums, aidé notamment par leur récente tournée en première partie de Black Sabbath.

Mettons-nous d'accord dès le début, cette nouvelle galette n'égale toujours pas Blood Lust, qui reste jusqu'alors reste à ce jour la pièce maîtresse de la discographie d'Uncle Acid. Cependant, plus cohérent que son prédécesseur Mind Crawler, The Night Creeper nous transporte et nous enivre, développant au fil des morceaux l'étrange histoire d'un sinistre serial killer.

D'emblée, les bases sont posées. Le premier morceau, « Waiting For Blood », introduit l'univers nocturne au sein duquel évolue The Night Creeper, cette mystérieuse silhouette tapie dans les ténèbres de la nuit et prête à tuer. Musicalement, on constate que le combo conserve la même recette que pour les précédents opus, le son reste quasiment inchangé, lourd et chargé d'une bonne dose de psychédélisme. La voix harmonisée et ultra-rétro de Kevin Starrs ajoute toujours ce coté aérien et envoutant aux compositions du groupe.

On retrouve avec « Murder Nights » ces riffs de guitares lancinants qui apportent une touche   hypnotique, avec tout de même un coté heavy surgissant ici et là. L'atmosphère se réchauffe progressivement avec l'excellent « Pusher Man », un morceau puissant aux sonorités sombres et bourdonnantes. Malgré l'ambiance obscure de cet album, il est à noter que « Downtown » avec son coté presque dansant, et « Melody Lane » avec ses riffs bien sentis, se tournent du coté d'un rock plus vitaminé qui vous fera forcément dodeliner de la tête.

The Night Creeper, comme nous le faisait judicieusement remarquer Kevin Starrs en interview, est un album que l'on peut séparer en deux parties distinctes. Cette scission intervient avec « Yellow Moon », un morceau entièrement instrumental qui a de quoi mettre mal à l'aise. Cette piste énigmatique aux traits inquiétants possède également quelques passages lumineux, ce qui nous rend encore plus impatient de découvrir la suite de l'album et de l'histoire.

« Inside » nous rapproche fatalement du dénouement de l'histoire. La guitare saccadée, répétitive, est  anxiogène et annonce la conclusion violente du feuilleton imaginé par Uncle Acid. En effet, The Night Creeper possède un final morbide qui s'étale sur près d'un quart d'heure, avec « Slow Death » et « Black Motorcade » deux morceaux accompagnés en fond par le bruit de la pluie. Oui, on sait comment plomber le moral chez Uncle Acid.

The Night Creeper, Uncle Acid, 2015

« Slow Death » est un morceau au rythme lent, douloureux, qui conserve malgré tout le coté planant  de l'album. Si vous vous trouviez dans un bon état d'esprit et que preniez encore goût à la vie, sachez bien que ça, c'était avant. Dissonant, et totalement exempt du son de guitare électrique qui faisait la robustesse du reste des pistes, « Black Motorcade » se charge de clore l'album dans le plus grand des malaises. La guitare acoustique s'éloigne peu à peu, avant de disparaître dans un dernier soupir, laissant uniquement place au son de la pluie battante.

The Night Creeper évolue finalement jusqu'à un épilogue assez doux et surprenant, bien que macabre, loin de l'ardeur des premiers morceaux. Ce nouvel album d'Uncle Acid and The Deadbeats n'a rien de décevant, le groupe reste fidèle à lui-même et les compositions sont de qualité. On savoure donc sans jamais rechigner le voyage nocturne jalonné de crimes et d'angoisses que nous offre The Night Creeper.
 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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