Ghost – Meliora

La mue fantomatique
 

Toujours fort d'un franc succès, Ghost sort Meliora, son troisième album. Après un Opus Euponymous heavy et un Infestissumam plus mélodique, le groupe a décidé de prendre ce qu'il y avait de bon dans chacun de ses deux albums pour avancer et sortir un disque toujours d'aussi bonne qualité. Changement d'ambiance, mais conservation des nuances, pour un groupe qui continue de réussir.

La carte du mystère reste une pièce maîtresse du jeu de Ghost. Pour son nouvel album, le groupe s'est offert une nouvelle peau, représentée par de tous nouveaux costumes, qu'ils soient sur le dos de Papa Emeritus III ou de ses cinq Nameless Ghouls. L'univers change et va de paire avec l'ambiance générale du disque, qui réunit cette fois-ci des éléments de ses deux prédécesseurs qui avaient remué la planète metal.

En effet, le groupe s'est amusé à reprendre la manière de composer d'Opus Euponymous, en basant ses titres sur des riffs bien sentis. Ainsi, "Cirice" ou "From the Pinnacle to the Pit" ne manqueront pas de faire headbanguer les metalleux. Mais en même temps le groupe n'a pas manqué de nuancer ses compos en gardant un certain sens de la mélodie, qui avait grandement gagné en importance sur Infestissumam. On le ressent notamment dans la magnifique doublette "Spöksonat"/"He Is", nourrie d'arpège et d'une mélodie diaboliquement douce.

De fait, Ghost arrive à apporter une variété au sein de l'album, qui le rend dynamique, mais aussi doux, du fait de la teneur de certaines mélodies. Le groupe suédois maintient donc avec brio un certain équilibre, reste dans son cadre, mais l'exploite au maximum le long des 41 minutes qui constituent un voyage semé d'embûches pour l'auditeur imprudent, qui aurait tort de se laisser calmer par "He Is", car le riff direct de "Mummy Dust" l'attend non loin de là.

Ghost garde aussi le sens de la nuance dans les nouveautés. Voulant se placer dans un univers futuriste tel qu'il était vu par Fritz Lang dans son chef d'oeuvre Metropolis, le groupe modifie un peu ses samples de clavier pour leur donner un aspect kitsch, notamment en ouverture de "Spirit" ou pendant le solo de "Mummy Dust". Cependant, le groupe ne tombe jamais dans le piège de la surenchère et sait même rester dans son cadre, même lorsqu'il est grandiloquent. Le final du heavy "Absolution" gagne ainsi en classe.

Ghost

Et classe est bien le maître-mot de Meliora. Après avoir bien mis cette facette en avant dans Infestissumam, Ghost exploite l'aspect raffiné de sa musique à plein régime. Les nuances de chant sont d'autant plus présente, que ce soit dans l'interprétation de Papa Emeritus III que dans son jeu avec les choeurs fantômatiques qui l'entourent. La nuance est aussi fort bien maîtrisée par les Nameless Ghouls, qui savent exprimer tout un panel d'ambiance sans jamais en faire trop, ni trop peu. Les choeurs d'églises se mêlent ainsi aux samples kitsch avec une rare cohérence, de la même manière que les riffs heavy se marient de manière évidente avec les mélodies jouées.

Avec Ghost, la qualité est omniprésente, faisant de Meliora une œuvre terriblement propre et attachante.
 

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NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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