Sunset in the 12th House – Mozaic

Crépuscule estival

Quoi de mieux qu'un album atmosphérique et psychédélique pour vous accompagner alors que l'été est sur le déclin et qu'une rentrée souvent morose se précise pour certains ? Remerciez donc les maîtres à penser de Dordeduh, ex-Negură Bunget, pour cette oeuvre singulière qui en fera voyager plus d'un. Prenez place et impregnez-vous du premier opus de Sunset in the 12th House paru chez Prophecy Records.

Mozaic porte bien son nom. Cet album renferme en effet un subtil patchwork d'influences qui nous fera passer d'une ambiance tantôt éthérée, tantôt complexe, tantôt plus rentre dedans, en un clin d'oeil. Mais si l'on doit en retenir une, ce serait sans contestation possible cet attrait poussé au rock progressif d'antan bercé de quelques claviers aériens chers aux fans de Negură Bunget (pour les non connaisseurs, on vous renvoie volontiers aux albums OM ou Vîrstele pamîntului), une constante le long des 56 minutes comprenant l'album. Tout commence ainsi d'ailleurs avec la longue intro de "Seven Insignia" avant que le titre ne se fasse un peu plus metal mais sans le moindre chant (ce qui sera une quasi constante sur l'album). Sans surprise peu de morceaux courts nous sont proposés dans cette épopée musicale, le temps aux roumains de ne proposer le plus riche des ensembles.

Force est de constater que, sur cette livraison, plus c'est long plus c'est bon. Les deux premiers morceaux de la galette, approchant les 15 ("Seven Insignia") et 11 minutes ("Arctic Cascades", grand moment d'envolée atmo-post rock et peut-être le titre le plus abouti et représentatif de l'idendité du projet, dont "Paraphernalia of Sublimation" en est la parfaite continuation), seront très certainement pour beaucoup les chefs d'oeuvre les plus marquants que ce soit dans leur progression ou leur profondeur. Assez peu évidentes dans leur approche, ces premières pierres angulaires musicales établissent un socle solide à un édifice qui ne cessera de s'ériger vers les cieux jusqu'à son sommet plutôt surprenant puisqu'assez abrupt et bien plus direct. "Rejuvenation" fait en effet office d'ovni dans son ensemble, comme une éclaboussure de rage alors contenue jusque là, avec le chant sans concession du sieur Hupogrammos qui apparait comme par magie alors que l'on pensait jusque là l'oeuvre totalement instrumentale.

Mais Sunset in the 12th House ne se contente pas de rester dans les canons du post-atmo-rock-prog. Quelques recherches musicales sont à noter, notamment sur "Desert's Eschaton" où un aspect oriental apparait avec entre autres l'utisation d'un instrument à cordes traditionnel turc : le saz baglama, mais aussi grâce à quelques rythmes originaux. On peut ainsi d'ailleurs souligner l'apport de l'italien Sergio Ponti (Dordeduh) derrière fûts et autres percussions, qui n'hésite pas à apporter sa touche personnelle et à varier les plaisirs de chanson en chanson. Par ailleurs, si l'on peut tout de même le considérer comme instrumental dans son approche, "Ethereal Consonance" nous offrira quelques choeurs épiques et se montrera sous un visage plus mystique afin de nous préparer à un grand final plus rugueux.

Sunset in the 12th House 2015 chronique review

Plus frais et léger que les premières sorties de Dordeduh, moins sombre et metal que les Negură Bunget d'antan, Sunset in the 12th House s'inscrit à part mais malgré tout dans la plus pure tradition des compositeurs Sol Faur et Hupogrammos. Pas loin de nous proposer un véritable chef d'oeuvre, le quatuor s'ouvre les portes d'un avenir glorieux qui devrait à la fois ravir les amateurs de post-rock, musique progressive et black atmosphérique. Comme si Alcest, My Sleeping Karma, Ozric Tentacles ou encore Monkey3 avaient voulu s'installer dans les Carpates...

Note : 8.5/10
 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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