The Algorithm (+ Pryapisme et Stömb) au Backstage de Paris (10.07.2015)

Gallego rythme
 

Voilà une affiche qui vendait du rêve what the fuck : les glitcheurs professionnels The Algorithm en compagnie des fétichistes félins progressifs Pryapisme, le tout avec les très prometteurs Stömb en première partie. Cette affirmation était d’autant plus vraie que chacune des dernières sorties de ces trois groupes était excellente. Restait à savoir si ca se passerait aussi bien sur scène

 

Stömb

 

Du djent instrumental, ca peut etre chiant à mourir en concert. (Coucou Animals as Leaders) Mais avec Stömb, on joue dans une autre cour. Certes, leurs compositions ne sont pas aussi originales et touffues que celles des Américains, mais c’est a contrario un véritable plaisir à voir sur scène.
 

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Les musiciens sont impressionants de maîtrise comme sur album, avec de grands sourires aux lèvres, tout en étant tres concentrés sur leur musique. A l’écoute, on peut affirmer Stömb n’est pas un groupe de djent lambda, il y a une vraie personnalité musicale dans ces compositions. On sent certes une nette influence de Meshuggah, à la fois dans les rythmiques, les textures ou les solos, mais ce n’est pas une pâle copie de l’original : ces gars se sont creusés le ciboulot pour servir quelque chose de frais.Objectivement, le son est plutot bon, mais il est dommage qu’une des deux guitares soient nettement moins audible que l’autre. On l’entend donc moins quand elle fait des rythmiques ou des parties lead. Mais ca n’impacte pas sur l’energie du concert
 

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A la fin du concert, on se rend compte que Stömb arrive a gérer aussi bien les gros riffs que les parties mélodiques, révèlant un jeu polyvalent. Quelle ironie : des centaines de djeuns sont en ce moment au UK Tech Fest en en train d’écouter des dizaines de groupes qui se ressemblent, alors que devant joue nous une des rares formations du genre à se demarquer musicalement, et qui est pourtant condfidentiel. Espérons que ça ne durera pas, c’est tout le mal qu’on leur souhaite. On en aurait volontiers pris une double ration !

 


Pryapisme

 

C’est un vrai plaisir de revoir Pryapisme sur scène à paris, même si ce ne sera qu’un quickie. Après quelques minutes de jeu, on peut entendre que le groupe est toujours aussi monstrueux d’un point de vue technique. Comment font-ils ? En tendant l’oreille, on peut entendre que les arrangements live n’ont rien à voir avec les versions studio (normal, elles sont quasi-impossibles a jouer sur scène), ce qui donne une autre vision des compositions de la formation auvergnate.

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Dans la fosse, les gens deviennent fous, et on les comprend : qui ne le deviendrait pas en écoutant ce groupe ? On verra même un moshpit se former à plusieurs reprises pendant le set. Il faut dire que la musique de Pryapisme est largement assez extrême pour cela, même s’il y a  un net contraste avec du thrash ou du death. Le mosh se transforme en piste de danse sur « Suppozitorium Granifujnikoi? », ou plutôt en rave party façon 1992. Un solo de guitare flamenco signé Nils Cheville, un passage electro hardcore suivi d’un riff prog loufoque : tout cela peut se trouver dans une minute de musique de Pryapisme, et c’est ce qui fait tout son charme. (Ou au contraire son goût de trop plein pour les détracteurs) Avant de lancer « la notion de chiralite de spin […] », Nicolas Sénac s’affirme comme un frontman très à l’aise au micro, ayant toujours un stock de blagues désinvoltes bien fourni, ou de quoi sourire dans les moments de calme avant la tempête. Dommage que les guitares soient légèrement sous-mixées, mais c’est compensé par une bonne présence des claviers, qui permettent de suivre l’écoulement de la musique.
 

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Après « Lesbian Bordello », Pryapisme termine son set avec une raretée : « Random Jean Vigo », qui est de l’aveu des musiciens un cauchemard à jouer en concert. Mais c’est justement aussi pour l’ambition de ses musiciens que Pryapisme est un groupe unique : peu de formations se risqueraient à faire de même… Ben Bardiaud continue de s’y illustrer comme un claviériste de talent, capable d’arranger et d’interpréter avec brio ses parties pour le concert. Et c’est avec Nicolas au vocoder que se conclut ce set de Pryapisme. Hyperactif et imprévisible, le groupe se confirme comme un excellent groupe de scène, parfaitement apte à nous faire passer un bon moment.
 

Setlist :

Un druide est giboyeux lorsqu’il se prend pour un neutrino
Suppozitorium Granifujnikoi?
La notion de chiralité de spin et d’oscillation de saveur des particules supersymétriques définissant un champs scalaire lors d’une transition de conifold en cosmologie branaire dans un modèle ekpyrotique
Lesbian Bordello
Random Jean Vigo

The Algorithm

 


Décidément, 2015 consacre The Algorithm comme une tête d’affiche de premier choix, si on observe à quel point la salle est remplie. Le duo entame le set sur « Synthesiz3r », toujours efficace sur scène avec son intro entraînante, et le destructueur  riff principal que Rémi joue à la guitare. Les passages electros sont eux joués plus naturellement que jamais, puisque le frontman dispose maintenant d’un pad qui lui permet d’actionner ses samples comme sur un synthé.
 

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On peut regretter que le son manque un peu de précision, mais il reste cependant assez puissant pour s’immerger dans la musique du blondin de Perpignan. On relèvera ce qui constitue probablement le seul moment improvisé du concert : le solo de guitare de Rémi sur le passage dub de « Access Granted ».
 

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Le duo n’a d’ailleurs pas perdu son sens de l’humour potache, puisque Rémi en profite pour glisser un clin d’oeil appuyé à la musique de Fort Boyard. Dans la fosse, c’est le chaos. Ca danse tout autant que ca mosh, et cette attitude du public reflète parfaitement la dualité de la musique de The Algorithm, à la fois très dansante et brutale.
 

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La chanson « Will Smith » et ses passages ambiants permettent de se reposer, mais ce n’est qu’un bref sursaut avant la reprise de la furie. Le duo s’apprêtait à jouer le single « Neo Tokyo » mais Rémi a eu un problème technique sur son ordinateur l’empêchant de jouer la chanson. Il en profite pour demander un peu de bruit pour Internet, qui récolte une belle ovation. Et nous arrivons à la fin de cet  excellent concert avec « Damage Points » qui continue de disloquer la fosse avant de la faire danser avec sa partie drum and bass. Après un rappel de 20 secondes, le duo remonte sur scène et termine sur le classique « Trojans », toujours aussi efficace. Voilà une première date sold-out à Paris des plus réussie pour The Algorithm, à vous les studios.

Compte-rendu par Tfaaon (Facebook)

Photos : Sylvain Chéreau / © 2015 Das Silverfoto
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe

 



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