Jordan Fish, claviériste de Bring Me The Horizon


A l’aube de la sortie de That’s The Spirit, 5ème album du combo de Sheffield, nous nous sommes entretenu avec Jordan Fish (claviers, choeurs) qui est l’artisan du nouveau son de Bring Me The Horizon depuis son arrivée sur l’album précédent, Sempiternal. Une interview sans concession sur un groupe qui devient un mastodonte avec son lot de fans et de gens qui détestent royalement.

Bonjour Jordan, tout d’abord bienvenue à Paris ! C’est un plaisir de t’avoir avec nous pour cette journée promotion, comment tu te sens à quelques jours de la sortie de That’s The Spirit ?

Je suis excité et impatient que les gens puissent l’écouter. A une semaine maintenant, on s’attend à ce que l’album apparaisse en ligne assez rapidement de manière illégale. On est assez chanceux de ce côté-là puisque Sempiternal avait leaké 2 mois avant sa sortie.

Vous avez sorti 3 chansons pour l’instant : « Happy Song », « Throne » et « True Friends ». Comment avez-vous choisit ces morceaux ? Est-ce que vous allez voir ce qui se dit online à propos de ces titres ?

Nous savions à l’écriture de « Throne » que c’était le premier titre qui allait sortir parce que le morceau est rapide et assez court et entraînant pour que les gens s’en imprègnent le plus possible. Et puis c’est un morceau qui est construit pour être chanté par le public, un vrai singalong. Nous avons décidés de garder les titres les plus heavy pour l’album et sortir en single les titres les plus accessibles. Après il faut aussi se dire que si les gens veulent écouter des titres plus typés –core comme par le passé, Bring Me The Horizon n’est pas le groupe pour cette occasion.

Je ne vais pas en ligne pour voir spécialement mais avec les réseaux sociaux, il y a toujours des choses qui apparaissent. De ce que j’ai vu, c’était positif, plus que ce à quoi je m’attendais en fait. Avec Bring Me The Horizon, soit les gens adorent, soit ils détestent au plus haut point, je pense que cela va aussi avec le fait d’être un groupe très populaire à l’heure actuelle.
 


Vous avez récemment joués dans 2 petites salles puis été tête d’affiche au Reading & Leeds Festival, comment se passe la transition entre deux types de concerts si différents en si peu de temps ?

Elle se passe assez facilement. Dans une salle, tu es dans ton environnement, avec tes fans et donc tout ne peut que bien se passer alors qu’en festival, tu dois gagner le public même quand tu es tête d’affiche. Et puis nous n’avions pas joué depuis 9 mois alors il faut se réhabituer à la scène, d’autant plus que le Reading & Leeds Festival était clairement la plus grosse scène de notre carrière alors la pression était à son maximum. Leeds était beaucoup plus fun puisque Reading était passé et que nous savions à quoi nous attendre. Ce qui nous a aussi surpris c’est de voir à quel point « Drown » a été la chanson la plus acclamée par le public.

En général, tu préfères jouer en salle ou en festival ?

Je préfère jouer en salle parce comme je disais juste avant, c’est ton public, ton environnement, tes fans donc tout est plus cool en fait. En revanche quand une prestation à un festival s’est bien passé, tu sors de scène et tu ressens un bonheur intense du genre « On a réussi, on l’a fait » que tu as moins avec un concert en salle.

Revenons sur Wembley, qu’est-ce que ça fait de jouer dans une des plus grande salles d’Angleterre ?

C’est assez bizarre comment sentiment en fait. Quand notre management nous a dit avoir booké la salle, nous étions nerveux parce que c’est une très grande salle (ndlr, 13 000 places environ) et que nous ne pensions pas pouvoir la remplir. Et on a réussi, la date était complète un mois avant, c’est fou. Comme pour Reading & Leeds, c’était assez terrifiant et puis dès qu’on est rentré sur scène, c’était de la folie. Je crois que j’ai lâché ma larme en sortant de scène parce que j’ai pu réaliser tout le chemin que j’ai parcouru personnellement ainsi qu’avec le groupe.
 


Parlons maintenant de That’s The Spirit, quel est le processus typique de création d’un morceau dans Bring Me The Horizon ?

Généralement, on s’assoit et on réfléchit à une idée qui englobe à la fois les paroles et la musique. Avec cet album, nous avions une idée assez précise de ce que nous voulions faire. Par exemple, on voulait donner plus d’espace à tous les instruments au lieu de les cacher comme on a pu faire dans le passé. Laisser de l’espace d’expression à la guitare par exemple pour que le riff principal ressorte mieux et qu’il soit audible par le public. En fait, on commence quasiment toujours avec la guitare donc Lee va jouer des notes qu’on va enregistrer puis travailler autour. La première chanson qui a été écrite pour That’s The Spirit est « Doomed » qui est aussi la première chanson de l’album, mais sinon on a des idées parfois en enregistrant un titre puis au final on va utiliser ce riff, cette partie de batterie pour un autre morceau. C’est un grand puzzle en fait de créer un titre pour nous.

Est-ce que vous vous mettez des limites dans votre écriture ?

Pas du tout. On veut essayer de garder ce qui fait l’identité de Bring Me The Horizon, c’est-à-dire l’intensité mais pour le reste absolument pas. Et je pense que ça se voit dans l’évolution du groupe depuis ses débuts.

Est-ce que tu sais quel titre sera le prochain single ou le prochain clip ?

Ce n’est pas encore entièrement décidé mais je pense que le prochain clip sera pour « True Friends » puis « Follow You » mais pas avant février 2016 pour ce dernier titre.

Pourquoi avoir choisi un parapluie comme image principale de l’ère That’s The Spirit ?

Parce que cela avec le thème de l’album qui parle du fait que la vie peut parfois être frustrante et donner l’impression de ne pas offrir ce que chacun désire. Le parapluie représente donc un moyen de se protéger de tout ce qui peut vous tomber sur la tête. La personne à l’origine de ce dessin s’appelle Max, Oli lui a filé un petit brief par rapport à l’album, au message, etc, et il est arrivé avec cette image et toutes celles qui accompagnent l’album ! On voulait quelque chose de très simple que l’on ne puisse pas du tout apparenter à la scène rock/metal avec toutes les couleurs pastels et les dessins simplistes.

L’aspect électronique dans Bring Me The Horizon est plus important maintenant que tu es dans le groupe. C’était vrai sur Sempiternal et ça l’est encore plus sur That’s The Spirit. Est-ce que l’on peut dire qu’aujourd’hui tu es l’instigateur principal de la musique du combo ?

Non, pas vraiment. Pour être honnête avec toi, je ne pensais pas qu’il y avait un tel changement entre les deux albums jusqu’à ce qu’on commence les interviews et que ce soit des interrogations qui ressortent très souvent. Je pense surtout que le style guitaristique de Lee a changé et que c’est pour ça qu’il y a une si forte impression de changement dans notre musique. C’est vrai qu’il n’y a quasiment plus de breakdowns mais c’est aussi parce que Lee joue et aime des choses différentes. Je ne pense pas être le fondement principal de la musique de Bring Me The Horizon.

Tu as récemment dit dans une interview que tu aimes Justin Bieber et même ta femme dit que tu as les goûts d’une adolescente. Peux-tu nous en dire plus sur ces goûts ?

(rires), oh mon dieu que je me suis mis dans le pétrain avec cette réponse, tout le monde n’arrête pas de m’en parler ! Je n’ai pas honte de dire que j’aime la musique pop, toute cette vague de pop mielleuse. J’aime principalement des titres plus que des artistes. Je n’aime pas Justin Bieber, j’aime certains titres de Justin Bieber et je n’ai jamais écouté un de ces albums par exemple. Je venais juste d’entendre un titre à la radio que j’avais trouvé cool juste avant l’interview en fait. Autre exemple, j’adore « Somebody That I Used To Know » de Gotye que tout le monde aime, cela ne veut pas dire que j’aime Gotye, tu vois ce que je veux dire ?

C’est ce que j’aime à propos d’Oli par exemple, il aime ce qu’il aime et point barre. Il s’en fout de ce que les gens pensent.

Est-ce que tu as déjà été approché par un groupe pour apparaître sur un morceau ou produire un album depuis que tu es dans Bring Me The Horizon ?

Quelques fois oui, surtout pour de l’électro en fait. Mais c’est assez compliqué parce que le groupe me prend déjà énormément de temps. Et puis je ne me considère pas assez bon aux claviers par exemple pour jouer sur un autre morceau que du BMTH en fait. Par contre produire, oui, j’ai adoré produire That’s The Spirit donc c’est quelque chose que je me verrai bien faire, pourquoi pas.

Vous partez aux US en Octobre avec ISSUES et PVRIS, que penses-tu de ces deux groupes ?

Nous les avons choisis donc c’est avec un grand respect. Et PVRIS va aussi nous accompagner en Europe et ça c’est extraordinaire parce que ce groupe est incroyable et qu’ils vont devenir un des plus gros groupe de la scène dans les années à venir, j’en suis certains. On a déjà tourné avec ISSUES et ils vont sortir un nouvel album donc au niveau du timing, c’est parfait.

Maintenant, parlons plus de toi Jordan et de tes goûts. Si Bring Me The Horizon pouvait faire la première partie d’un groupe, ce serait lequel ?

Je pourrai t’en citer quelques-uns mais je suis presque sûr qu’on se ferait virer de scène (rires). J’essaye de penser à un groupe qui puisse être cohérent et la première réponse qui me vient est Linkin Park. Que ce serait géant !

Si vous pouviez emmener un groupe de votre choix en tournée ?

Je ne vais pas faire original mais c’est à coup sûr PVRIS et c’est super qu’ils viennent avec nous sur toute la tournée.

Quel est le dernier album que tu as acheté ?

Laisses-moi regarder sur mon téléphone. Et bien le dernier album que j’ai acheté est … le nôtre, un peu narcissique tout ça. Avant ça, c’était Get To Heaven de Everything Everything et Juggernaut Alpha & Juggernaut Omega de Periphery.

Si Bring Me The Horizon pouvait faire la bande originale d’un film, quel type de film ce serait ?

Du porno, pour sûr ! (rires)

Et maintenant ma préférée pour terminer, quels sont tes 5 groupes ou artistes favoris ?

Hum, disons : Deftones, Radiohead, Motorhead, Slipknot et Jeff Buckley.

Merci pour cette interview Jordan, je te laisse les derniers mots !

Merci La Grosse Radio, merci la France de nous accueillir. Faîtes-vous plaisir en écoutant That’s The Spirit et on se voit bientôt sur scène !

 



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