Bring Me The Horizon – That’s The Spirit

« So you can throw me to the wolves, tomorrow I will come back leader of the whole pack… »
 

Bring Me The Horizon, ce groupe adulé par ses fans et détesté par le reste de la sphère metal est de retour en 2015 avec son 5ème opus, That’s The Spirit. Alors que Sempiternal avait déjà amorcé un virage musical important, ce nouvel opus va encore plus loin dans la démarche du groupe de s’éloigner du metal. Encore un album qui va faire parler dans les chaumières.

Disons-le de but en blanc, cet album va faire couler beaucoup d’encre parmi les fans et ils sont nombreux, en témoigne la place du groupe sur les affiches de festivals ou encore son concert sold-out à la Wembley Arena (un petit Bercy) de Londres. Pour les non-fans du combo de Sheffield, cet album sera un moyen supplémentaire de se taper une bonne tranche de rigolade.


Quel chemin parcouru par Bring Me The Horizon depuis sa formation en 2004 et surtout quelles évolutions dans le son. A l’origine un groupe de deathcore, le groupe s’était déjà assagit en s’orientant vers le metalcore et l’étape suivante est en cours depuis Sempiternal, pour en être encore plus exacerbé sur That’s The Spirit. Ce nouvel opus s’écarte encore plus du metal pour lorgner du côté du rock alternatif voir même du post-rock, et des mélodies que l’on a plus de chance de retrouver sur un album des 5 Seconds Of Summer que chez Linkin Park.

Premier extrait de l’album dévoilé il y a presque un an, « Drown » est déjà un véritable hit live. Oli Sykes (chant) montre qu’il sait très bien chanter maintenant qu’il a quasiment abandonné le scream, dommage que cela ne soit pas aussi vrai pour le live, et sur cet album il se permet d’explorer de nouvelles horizons qui sont très agréable parce qu’innovante pour la musique de Bring Me The Horizon. Jusqu’à parfois en être méconnaissable comme sur le refrain de « Follow You » (qui pose d’ailleurs une ressemblance plus que troublante avec des morceaux de l’album Humanoid de Tokio Hotel) ou encore sur ‘Oh No’ (qui de son côté à des relents d’Imagine Dragons), il est celui le plus mis en avant sur cet album au détriment de quasiment tous ses compères.
 


Sûrement dans l’idée de rassurer son public, Bring Me The Horizon a décidé que les titres mis en ligne en amont de la sortie allait être les plus heavy. Et c’est effectivement le cas avec « Happy Song », « Throne » et « True Friends » qui sont, il faut le dire, des tubes absolument incroyables. Ces 3 titres sont d’ailleurs les seuls vestiges du passé même récent du combo britannique, de quoi chambouler n’importe quel fan. En fait, le meilleur moyen d’apprécier That’s The Spirit est sans doute de prendre cet album comme celui d’un tout nouveau groupe et non pas en pensant le comparant aux albums précédents comme on le fait avec n’importe quel groupe.

Le tour de force de Bring Me The Horizon, c’est de s’approprier ce nouveau son et d’en faire quelque chose de crédible. « What You Need » est l’exemple type de cette recette avec un son de guitare mis en retrait mais qui devient le fil conducteur du titre tout en laissant énormément d’espace aux autres instruments et notamment le synthé. Jordan Fish (claviers, percussions) est celui que l’on pourrait qualifier de grand gagnant, co-producteur avec Oli Sykes de l’album il impose ses influences et cela se ressent.


Entre les titres plus rentre-dedans et ceux mielleux, on retrouve des morceaux comme « Avalanche » et « Run » qui sont  mid-tempo, relativement calme mais avec une construction de la mélodie autour d’un riff de guitare simple et efficace. Les influences blues et rock de Lee Malia (guitare) se font ressentir par toutes petites touches et c’est agréable, jusqu’à en faire au final les titres les plus intéressants de l’album.

That’s The Spirit est un véritable casse-tête, cet opus est une véritable catastrophe pour n’importe quel fan et en même temps un album jouissif et addictif. Bring Me The Horizon va diviser plus que jamais et s’attirer les foudres de ses détracteurs comme de ses fans, pourtant le pari est réussi et on tient là un album charnière. Chapeau bas pour la prise de risque. Bring Me The Horizon est mort, Bring Me The Horizon est vivant, vive Bring Me The Horizon.

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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