Hell in the Club – Let the Games Begin

Hell in the Club, ce nom ne vous dira peut-être rien mais les musiciens qui composent ce quatuor ne sont pas des débutants, loin de là, car ces musiciens appartiennent à d’autres groupes connus d’Italie comme Secret Sphere ou Elvenking. Et comme tout groupe italien qui se respecte, ils officient dans le power metal à voix très haut-perché et … et non, en fait. Les quatre hommes s’éloignent de leur style musical d’origine pour entrer dans une veine hard rock déjà bien suggérée par une sulfureuse pochette. Fans de Ratt, Skid Row ou Mötley Crüe, voilà le public auquel notre jeune combo souhaite s’adresser. Et pour cela, c’est avec une première galette que les transalpins vont le faire, nommée Let the Games Begin et disponible depuis cette année sur Red Pony Records (le rouge semblant définitivement être la couleur choisie par le groupe).

Fans de hard rock et de heavy metal, réjouissez-vous car Hell in the Club livre un opus qui va mettre le feu à votre salon ! C’est bien simple, sur cet album, les tubes s’enchainent et on se trouve irrémédiablement pris dans une spirale infernale qui nous donne une énergie considérable et une folle envie de headbang, tant la musique semble passionnée, puissante et vivante. Pas de temps mort, le rythme est donné, et c’est avec un plaisir certain que chaque piste arrive. On se retrouve directement dans un passé remis au goût du jour, à l’heure de la grande époque des Mötley Crüe ou Twisted Sister, deux formations qui ont été très certainement des influences pour nos italiens qui semblent leur vouer ici un véritable hommage. Le quatuor n’hésite pas toutefois à apporter quelques touches plus modernes, notamment la production que l’on pourrait qualifier d’être très au goût du jour, un compromis entre années 80 et 2011, si l’on peut dire. En tout cas, la déferlante de riffs endiablés, elle, conserve ce côté authentique que l’on aime aussi chez des groupes comme Crashdïet ou Sister Sin, et donne un charme supplémentaire aux quatre membres, qui s’en donnent à coeur  joie et la joie qui se dégage est contagieuse, que ce soit par la fougue musicale et vocale, ou par quelques choeurs comme sur « Natural Born Rockers ». On navigue en pleine époque glam, pour votre plus grand bonheur/malheur (rayez la mention inutile), et l’efficacité est de mise, c’est indéniable !

Seulement, notre combo d’Italie souffre d’un petit problème d’identité. Coincé entre ses précurseurs et ses références, sa musique d’une sympathie énorme ne parvient pas encore totalement à se démarquer de ceux qui ont fait le genre bien des années avant, restant donc dans cet héritage sans lui apporter de réelle nouveauté ou d’une quelconque démarcation. Ainsi, dans 20 ans, ce brûlot deviendra-t-il culte comme l’ont été ceux de Mötley Crüe ou Skid Row ? Là est toute la question et, au fond, on peut se la poser pour les groupes officiant dans le genre à l’heure actuelle. Ce qui est d’autant plus dommage que les transalpins sont véritablement attachants et que leurs morceaux restent en tête pendant une journée entière, enfin, presque tous, et là un autre défaut est encore souligné. A vouloir composer de l’hymne, la sélection s’opère d’elle-même et les pistes possédant moins de charme se retrouvent sur le carreau, sans autre forme de jugement, n’ayant pas la même chance. On retient toujours les mêmes titres, on se souvient toujours des mêmes refrains, mais d’autres n’arrivent pas à s’incruster dans votre esprit, et pourtant elles sont à milles lieux de la mauvaise qualité, ce qui est absent chez nos hard rockeurs d’Hell in the Club. Cependant, ce défaut peut aussi faire ressortir davantage les titres les plus marquants qui s’en trouvent bien plus rayonnants, atteignant des sommets de jouissance. C’est dans ces moments que l’on se dit que nos quatre compères pourraient bien devenir importants dans l’avenir, vu qu’il ne s’agit ici que d’un premier album, et la maturité est impressionnante.

Et que vaut un bon vieux hard rock sans un chanteur d’envergure ? Que ce soit dans des groupes récents ou anciens, chacun à son emblème. Et chez nos piémontais ce sera un vocaliste déjà bien connu, à savoir Davide ‘Dave’ Moras, officiant également chez Elvenking. Et sa voix s’accorde parfaitement au registre du groupe, son chant semble vraiment taillé pour le style, et le frontman se permet de varier, de livrer puissance et émotion à la fois, renforçant encore des morceaux qui sont déjà ciselés pour être puissants. L’italien ne faiblit pas et au détour de chaque note, il se donne littéralement, insufflant beaucoup de vitalité. Il n’a peut-être pas une signature vocale particulièrement marquée, mais son travail est de grande qualité, de sorte qu’il réussit à ne pas ennuyer sur la longueur, gagnant décidément à être connu pour sa performance dans ce combo, qui semble tout à fait lui convenir.

Les moments marquants commencent dès « Never Turn My Back » qui est une introduction adéquate pour entrer dans l’univers du groupe italien, et c’est ce qui va attendre l’auditeur au détour d’une bonne partie des pistes, seule une ballade, « Star », fera son apparition, et au passage ce morceau est complètement dispensable. A noter également une reprise de Sam Cooke, « Another Saturday Night », réadaptée aux épices italiennes, pour un bon moment de plaisir intense. Globalement, les morceaux sont courts, misant sur leur pêche pour plaire, ce qui marche plutôt bien mais qui échoue parfois lors des moments moins intéressants, comme « Daydream Boulevard », plutôt rock, mais moins réussie car un peu poussive, dommage. A côté de ça, c’est l’explosion de tueries qui s’étale, entre « No Appreciation » courte mais efficace et bourrée d’énergie positive, « Don’t Throw in the Towel » qui est une conclusion magistrale et permet de quitter l’album sous d’excellentes conditions, un « Forbidden Fruit » qui respire le old-school à plein nez, sans parler d’un « Natural Born Rockers » de haute volée, voilà que nous sommes transportés à travers le temps.

Bien sûr, Hell in the Club ne signe pas une galette impeccable mais nous ne sommes pas si loin de cette qualification, et voici, au même rang qu’un Crashdïet ou qu’un Sister Sin, un bien bel espoir pour le genre musical. Ce Let the Games Begin respire la joie et le talent, et une fois terminé, il ne redemande qu’à être écouté une fois de plus. Il manque encore le tout petit truc qui fait toute la différence et nul doute que les italiens pourront vraiment faire parler d’eux à nouveau dans l’avenir, si les quatre musiciens ne sont pas trop occupés avec leur groupe d’origine et prévoient de faire un nouvel album de ce projet. Et c’est tout ce que l’on espère, ce serait un réel gâchis que de laisser là une formation encore si jeune qui ne demande qu’à éclore. En attendant, il ne reste qu’à profiter de cette première livraison d’une fraîcheur exquise. A découvrir au plus vite !


 

Site officiel d’Hell in the Club

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements