The Arrs – Khronos


Rage puissance 5
 

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la sortie du premier album de The Arrs En constante évolution tant sur le plan musical que technique, les Parisiens reviennent en 2015 avec ce qui pourrait être comparé à un énorme rouleau compresseur. Intelligente, violente, maîtrisée et incroyablement efficace, cette nouvelle production permet à The Arrs de franchir une nouvelle étape. Si Soleil Noir batifolait avec l'excellence, Khronos danse avec la perfection. Explications.

L'avantage avec un groupe comme The Arrs c'est que l'on sait à quoi s'attendre avant d'insérer le skeud dans son lecteur : l'équivalent d'un uppercut de Mike Tyson en pleine tronche. Bonne nouvelle : Khronos ne déroge pas à la règle. Très bonne nouvelle : on ramasse encore plus de dents que d'habitude.

Les hostilités commencent dans la plus pure tradition du metal extrême à tendance hardcore avec « Kombat »: du groove, de la violence, de la hargne... Mais on décèle quelques passages bien speed pouvant rappeler du beau gros thrash. D'entrée, on apprécie une prod impeccable avec un son vraiment propre et très équilibré mettant en avant des musiciens talentueux qui commencent à avoir pas mal de bouteille.
 


Le chant en français est assuré par un Nico des grands soirs et ses hurlements montrent une rage sincère. Une rage engagée et pas forcément pessimiste comme dans la deuxième piste « Acta Non Verba » et son riff ultra accrocheur. Constat similaire avec l'excellente « La quête » où l'on note la présence de claviers rendant le morceau encore plus catchy.

Autre point à souligner : les collaborations. Sur « Hors norme » tout d'abord, Alex Erian, le chanteur de la formation canadienne Obey The Brave qui vient prêter main forte à Nico. On remarque également un refrain porté par un riff quelque peu « aérien » cher au metalcore. Seul moment de répit de l'album, « Les rives du temps» proposent 55  secondes instrumentales et angoissantes. Et il faut au moins ça avant de se prendre en pleine poire « Khronos » et les growls bien gras de Julien Truchan de Benighted. Déstructurée, la compo alterne passages groovy en mid temp et passages death très véloces collant parfaitement au chant de Julien Truchan.

Khronos se laisse découvrir avec plaisir grâce à ses compostions variées, catchy et cette énergie permanente. Si aucune piste n'est à jeter et aucune n'est au dessus des autres, il convient de s'attarder sur la douzième (et avant dernière) qui semble concentrer toutes les qualités de l'album : « Prophétie ».

The Arrs se livre ici à un exercice plutôt singulier. En effet, la première minute propose d'écouter, sur fond de musique, un extrait du discours (ou plutôt coup de gueule) de Robert Badinter lors du cinquantenaire de la rafle du Vélodrome d'hiver en 1992. Par la suite, les passages de ce discours sont incorporés dans les textes chantés par Nico. Un concept audacieux qui fonctionne parfaitement. Autre homme politique « invité » : André Malraux et un court passage de son discours prononcé lors de l'entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin. « Prophétie » se termine avec la voix très particulière de Poun de Black Bomb A. La musique est quant à elle toujours aussi plaisante et énergique notamment grâce à un solo de guitare qui rappelle, là encore, du bon thrash metal.

Ultime featuring pour l'ultime morceau : Kubi de Hangman's Chair sur « Le Journal de ma haine » qui vient clore avec brio ces 45 minutes de musique.
 

The ARRS


Ultra violent, varié, bourré de surprises et de clins d'oeil musicaux ou culturels, parfaitement produit, addictif et transpirant la bonne volonté, Khronos est un album complet de chez complet. Dix ans après  ...Et la douleur est la même , The Arrs signe ici ce qui est probablement son plus bel effort.
 

NOTE DE L'AUTEUR : 10 / 10



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