Powerwolf (+ Xandria + Orden Ogan) au Trabendo (10.09.2015)

Originellement programmé à la Maroquinerie de Paris, le concert de ce soir a vite été transféré au Trabendo, victime de son succès. Cette augmentation de capacité de 500 à 700 places n’a toutefois pas suffi : le concert est sold-out depuis plusieurs semaines, et les fans affluent tôt pour passer une soirée au plus proche de Powerwolf, dans une salle pleine à craquer.
 

Xandria


Etranges choix sur le papier que ceux effectués pour les premières parties de Powerwolf. Xandria et son metal gothique à la Epica semble être l’outsider de la soirée, mais n’est pas au final le groupe qui s’en sort le plus mal. Et pour cause, servis par un son tout bonnement parfait, les Allemands délivrent un set sans anicroche qui n’a rien à envier aux grands du genre.

Malgré l’imposant matériel de Powerwolf qui occupe la majeure partie de la scène, les musiciens sont très mobiles, et on pourra tout juste regretter qu’ils ne puissent évoluer quasiment qu’au bord de la scène, dans la pénombre. Le public participe bien aux six morceaux interprêtés ce soir, tappant dans ses mains et sautant en rythme au fil des injonctions de la chanteuse Dianne van Giersbergen. Cette dernière est absolument irréprochable au chant, soutenue par des chœurs pré-enregistrés du plus bel effet et par la prestation de ses comparses, carrée et tout en maîtrise.

Les ambiances sont nombreuses, et l’on note plusieurs breakdowns intéressants prenant l’audience à revers. Xandria ne semblait pas, à priori, être un invité logique pour Powerwolf, toujours est-il que même les fans de power metal présents en masse ont été captivés par leur univers, jusqu’aux dernières notes de « Valentine » qui viennent clore une prestation remarquable.

Orden Ogan


Malgré leurs armures attestant de leur penchant pour le power metal, le style des Teutons d’Orden Ogan est difficile à définir. Si par le passé, le groupe a eu recours à divers éléments folk comme la flûte, le violon ou encore le hautbois, c’est maintenant bien fini : le combo arbore une structure aussi classique qu’éprouvée à base de guitares, basse et batterie.

Si les sonorités sont globalement modernes, et habilement mélangées à des influences progressives, un aspect saute bien vite aux oreilles par son décalage : la voix. Le frontman Sebastian « Seeb » Levermann possède en effet un timbre à mi-chemin entre ce que peut offrir un Matthew Tuck (Bullet For My Valentine) et un punk FM lambda des années 90. Autant le dire d’emblée : ses envolées lyriques typiques du power metal sonnent souvent creux et peu adaptées à son timbre.

Venu défendre son dernier album en date, Ravenhead, le groupe sait malgré ce défaut mettre l’ambiance, et provoque même les premiers slams de la soirée sur le très efficace « Sorrow Is Your Tale », repris par un public très motivé. Le son est excellent, en particulier sur les solos de guitare, et malgré quelques morceaux qui tournent un peu en rond (« Here At The End Of The World » ou encore « The Things We Believe In »), Orden Ogan reçoit un accueil chaleureux et motivé de la part du public parisien.

Setlist  :
F.E.V.E.R.
Deaf Among the Blind
We Are Pirates
Ravenhead
The Lords of the Flies
Here At The End Of The World
Sorrow Is Your Tale
The Things We Believe In

 

Powerwolf


Peut-être est-ce la fin de la longue trève hivernale qui donne autant d’entrain aux métalleux présents au Trabendo, mais l’ambiance a été impressionnante jusqu’à présent, et n’est pas prête de redescendre ! Il fait une chaleur étouffante dans la salle malgré une température extérieure plutôt fraîche, et tous sont dans les starting-blocks pour accueillir les loups-garous les plus appréciés du power metal : Powerwolf.

A 21h précises, la salle est plongée dans le noir pour un set d’une heure et demie sans réel temps mort. Venus défendre leur dernier opus en date, Blessed & Possessed, Attila Dorn et sa bande en interprètent pas moins de quatre titres, soit un quart du set. Ainsi, en vrac, « Armata Strigoi », « Army Of The Night », « Let There Be Light » et l’éponyme « Blessed & Possessed » se succèdent, passant haut la main l’épreuve du live.

Annonçant d’emblée sous les cris du public « la seule véritable mess de « holy metal » d’Europe », le frontman assure par sa prestance, malgré une voix qui met quelques titres à parfaitement être chauffée : ainsi, quelques notes sont légèrement éraillées en début de set. Le groupe ne cherche pas à masquer cela, dans sa quête d’authenticité, en ceci qu’aucun artifice ou effet n’est utilisé en ce sens. Rapidement, Attila est en voix, et le mix légèrement boueux du titre d’ouverture atteint le niveau d’excellence auquel nous avaient habitués les premières parties.

Dès les premières secondes du concert, le public est déchaîné : pogos, bousculades, cris et poings levés sont de mise pendant la totalité de la prestation, et les deux premiers tiers seront même l’occasion de faire de véritables ovations au groupe entre chaque titre. Les Allemands semblent abasourdis par une telle réponse, et remercient chaleureusement le public français, qui les fait se sentir « comme à la maison » pour cette quatrième date française de leur existence

Comme à son habitude. Le claviériste Falk Maria Schlegel est très présent, et vole presque la vedette au frontman par instants : il navigue au gré de ses envies entre ses deux claviers ornés de corbeaux géants qui encadrent la batterie, et se rend à intervalles réguliers en bord de scène aux côtés de son vocaliste, pour mieux haranguer la foule.

Pour le classique « Werewolves of Armenia », les deux comparses jouent avec le public, faisant chanter et crier chacun un côté de la salle. Afin de mieux comparer leurs leaderships respectifs, ils échangent en permanence le côté de la salle qu’ils orchestrent, sous le regard hilare de leurs cordistes. Un jeu de scène original, et bon enfant qui ne peut que plaire à tout un chacun !

A la moitié du set principal, le batteur Roel van Helden reste seul en scène pendant que ses collègues vont prendre l’air en coulisses. C’est l’heure du traditionnel et dispensable solo de batterie, qui comme souvent sera un coup d’épée dans l’eau. Elément pourtant classique du concert typé rock ou metal, le solo de batterie n’apporte que rarement quelque chose à la prestation d’un groupe : seuls quelques maîtres de l’instrument (Ian Paice ou James Kottak par exemple) savent en faire un instant incontournable et passionnant, de par leur interaction avec le public et leur jeu de scène. Ici, malgré un agréable clin d’œil au « Run To The Hills » d’Iron Maiden, repris par le public, rien de bien intéressant à se mettre sous la dent.

Bien heureusement après quelques minutes, le reste du groupe est de retour, et Attila Dorn vient, drapeau du groupe en main, entonner « Dead Boys Don’t Cry ». Plusieurs autres classiques du groupe sont joués, comme le tordant « Resurrection By Erection », attendu de pied ferme par un parterre endiablé qui croule sous les slammeurs.

Même si pour le prophane, les morceaux semblent tourner en rond – et il est vrai qu’en retirant les mots « Lupus », « Dominus », « Animus » et « Sanctus », le propos général se retrouve bien amaigri – la fin du concert approche. Les habitués le savent : lorsque le frontman avance, calice en main, c’est pour annoncer « We Drink Blood », qui avec « Lupus Dei » viennent achever le set. Pendant ces deux derniers titres, l’énergie du public a à peine faibli par rapport au début de la soirée, ce qui est remarquable.

Un rappel de trois titres plus tard, comprenant un « Sanctified By Dynamite » repris à pleins poumons par l’assemblée, et Powerwolf peut se retirer sous les acclamations incessantes de ses fans, non sans avoir remercié ces derniers une dernière fois pour le triomphe offert au groupe.

Au final, qu’on aime ou pas le power metal, on ne peut qu’apprécier l’authenticité et l’énergie démontrées par Powerwolf : chaque spectateur a pris son pied dans une ambiance décalée et assumée, et c’est bien là l’objectif des Allemands. Mission accomplie !

Setlist :
Blessed & Possessed
Coleus Sanctus
Amen & Attack
Cardinal Sin
Army of the Night
Resurrection by Erection
Armata Strigoi
Dead Boys Don’t Cry
Werewolves of Armenia
Let There Be Night
In the Name of God (Deus Vult)
We Drink Your Blood
Lupus Dei

Rappel :
Sanctified With Dynamite
Kreuzfeuer
All We Need Is Blood

Photos © 2015 Tiffany Edighoffer – www.tiffaneye.com



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