Meden Agan – Erevos Aenaon

Vous vous souvenez de Meden Agan ? Si ce n’est pas le cas, je vous invite à aller faire un tour vers cette vieille chronique, celle de leur EP qui date de l’an dernier (c’est ici que ça se passe).

Quoi de neuf sous le soleil de la Grèce ? Le quintet n’a pas splitté entre temps, le line-up a changé (un nouveau batteur), la chanteuse est toujours la même, et s’est même payée le luxe d’apparaître en tant qu’invitée sur le dernier opus des compatriotes de Septic Flesh, rien que ça. D’ailleurs, aucune surprise donc lorsque l’on voit l’artwork, Seth est bien là-dessous … Nos grecs seraient-ils dès à présent des intimes du combo du gaillard sus-nommé ? Mais là n’est pas la question, et, à vrai dire, ce n’est pas vraiment ce qui nous intéresse aujourd’hui …

Revoici donc une nouvelle livraison, de quoi se faire connaître. Et cette fois-ci, lectrices et lecteurs, c’est un album que voilà en cadeau, Erevos Aenaon (sortie prévue en Septembre 2011) ! L’EP révélant de belles qualités, il va falloir que cette fois-ci, les méditerranéens confirment leur potentiel, et surtout, qu’ils possèdent une place dans le petit monde très étriqué du metal symphonique. Pari réussi, coup d’épée dans l’eau ?

La recette est toujours la même, que ce soit sur les pistes qui inédites, ou celles tirées de l’EP que l’on retrouve sur ce nouvel essai, qui, elles, ont subies un relooking. On reconnaît bien les mélodies, mais elles ont légèrement changées. Mais encore une fois, Meden Agan réitère le défaut relevé lors de leur essai précédent, à savoir une tendance trop forte à la redite. On retrouve assez souvent des plans similaires, des lignes vocales qui ne semblent que peu variées, et malgré de belles mélodies et des riffs intéressants, il est difficile d’accrocher de manière pleine et entière à ce nouveau brûlot des grecs. Pourtant, les incursions dans les registres du progressif sont toujours là, que ce soit par des solos qui manquent à la plupart des formations du genre, ou à des changements de rythme et des déconstructions qui brisent une certaine monotonie pouvant s’installer.

Néanmoins, le groupe tient souvent le bon bout et n’hésite pas à surprendre, et ces passages-là sont souvent les plus réussis. Un exemple sur « Nemesis » ou l’éponyme « Erevos Aenaon », qui n’hésitent pas un instant à se faire beaucoup plus sombres, agressives, typées belle et la bête en plus rapide, et dans ces instants, Meden Agan excelle. Ainsi, les deux titres ci-dessus sont très clairement les meilleurs présents sur le brûlot, même si le grunt, bien que mâtiné d’un côté profond agréable, pourrait être meilleur. Il permet cependant un bon échange avec la belle voix d’Iliana Tsakiraki, chanteuse lyrique de son état, qui est l’un des piliers de cet album. Son chant est toujours aussi beau, son timbre plaisant, son accent à couper au couteau qui ajoute une petite touche de charme. On regrettera une certaine linéarité due à des lignes de chant qui n’aident pas forcément à obtenir un résultat vraiment probant (« Tribute to Life » qui, au bout de quelques écoutes, devient très irritante). Du coup, on se dit que les capacités de la belle ne sont pas complètement exploitées et qu’elle pourrait en délivrer bien plus. Et ses superbes envolées prouvent qu’il ne s’agit absolument pas d’une débutante.

Il faut bien l’avouer, musicalement, on navigue en terrain connu. Le mélange des influences n’est pas évité, et on peut facilement reconnaître Nightwish de temps à autre, ainsi qu’Epica et les meneurs du mouvement belle/bête. Ce n’est pas pour rien que la frontwoman grecque peut évoquer Tarja. Fort heureusement, celles-ci ne sont pas criantes, et l’univers dévoilé n’est pas un pompage éhonté des leaders du genre. Meden Agan se construit une certaine personnalité, mais pas encore assez affirmée. Celle-ci gagnerait à être plus affinée, plus poussée, en prenant plus de risques, en diversifiant davantage la musique, en tirant encore plus fort sur la ficelle du prog pour s’affranchir de l’étiquette symphonique pure et dure. On sent bien une petite navigation entre les deux eaux, les compositions mêlant l’un et l’autre, bien qu’un aspect domine l’autre. Cependant, la production est de qualité et les guitares en avant, l’opus gagnant encore en pêche, en puissance et en vélocité, un aspect excellent, qui est très judicieux. Et puis, le groupe ne se base pas uniquement sur les capacités vocales de sa chanteuse, il brode autour une tapisserie qui, parfois, est maladroite, mais faisant souvent preuve d’une vraie dextérité. Outre des petites erreurs par-ci, par là et un manque d’accroche de temps à autre, il est offert un joli cadeau, les pistes gardant globalement un bon niveau. Même si « Tribute to Life » peut hérisser le poil et « All Seems Lost » tombe dans la banalité et le cliché le plus total, ces quelques flops sont rattrapés par des pistes prometteuses. Plus besoin de parler du morceau-titre ou de « Nemesis », elles excellent. On peut se pencher sur « Universe Unseen », une vraie-fausse balade qui a au moins le mérite de briser les clichés, en s’affranchissant de l’éternel piano-voix. On compte aussi « Blinded by Faith », qui pourrait faire office d’un très bon single, et « Black Sky » dans sa version raccourcie ouvre bien le skeud.

Choix déroutant : des versions (très/trop) longues de « From the Ashes of Sin », « Dissolve into Grey » et « Tribute to Life ». Alors, que viennent-elles faire ici ? On ne sait pas trop, elles sont juste plus longues, mais pas plus utiles, et pire, elles n’apportent rien à l’album. Ce choix aurait été compréhensible si ces trois titres concluaient en tant que bonus tracks, mais non, même pas … Là, c’est un choix qui fait perdre des points, fort dommage.

Alors qu’avons nous-là ? Une bien belle pièce, c’est certain, mais qui souffre de défauts entachant un bilan qui aurait vraiment pu être bien meilleur. Pas d’inquiétudes, le résultat final reste positif et beaucoup de qualités se dégagent, ainsi que de nombreux détails et éléments qui donnent réellement envie de croire à un futur pour Meden Agan. Il suffit juste de creuser un peu plus les bons points, de conserver ce bon filon, de s’affirmer en prenant plus de risques, et nul doute que les grecs vont refaire parler d’eux. Pas de doute, encore une révélation de ce pays paradisiaque du metal « à chanteuses ». Vivement un nouveau brûlot.

Note finale : 7,5/10

Myspace de Meden Agan

NOTE DE L'AUTEUR : 6 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements