Shadowside – Inner Monster Out

Aujourd’hui, le Brésil est à l’honneur sur La Grosse Radio ! Et dans le metal, ce pays d’Amérique du Sud (oui parce qu’il faut préciser, etc) possède quand même quelques groupes renommés de part le monde, à l’instar de Sepultura, Angra, Shaman, Tuatha De Danann … Bref, pourquoi cette introduction ?

Pour parler d’une formation brésilienne qui, lentement mais sûrement, commence à se faire un nom sur la scène. Le quatuor Shadowside, qui fête ses 10 ans, reviens en force avec un troisième album sous le bras, intitulé Inner Monster Out et à la pochette qui n’améliore pas le niveau des précédentes. Peu importe, ce qui compte c’est la qualité, et pour ceux qui connaissent les deux premières galettes, ils ne pourront qu’espérer que le potentiel du combo soit enfin en pleine explosion. But atteint ?

Ce Inner Monster Out début sur les chapeaux de roue … et termine de la même manière. En fait, il reste constamment sur une ritournelle puissante : pas de ballade, pas de mid-tempo, pas de guitares en retrait pour se la jouer romantico-hard FM de temps à autre. Shadowside a des couilles, et le groupe est bien décidé à le montrer, en particulier sa … chanteuse, la belle Dani Nolden. On pourra dire ce que l’on voudra sur le fait qu’elle soit dépourvue d’organe reproducteur (puisque ça paraît si important pour tant de monde), elle reléguera bon nombre de ses collègues masculins au rang de débutants, à l’instar de certaines autres demoiselles du heavy comme Liv Jagrell (Sister Sin) ou Nitte Valo (Battle Beast). Sa maîtrise est toujours aussi impressionnante, sa puissance n’a pas disparue, ses modulations sont toujours placées là où il faut, au bon endroit et au bon moment, sauf qu’elle se montre désormais plus féminine dans son interprétation que par le passé, où il était difficile d’identifier une femme derrière le micro. La symbiose voix/compositions est donc respectée à merveille, parfaitement dosée grâce à une production impeccable.

Seulement, voilà un point sur lequel Shadowside butait parfois, celui de la composition. Si le chant, bien en place et point fort du combo, éblouissait par son talent, on pouvait néanmoins se rendre compte qu’il n’était qu’une diversion pour masquer un accompagnement souvent trop léger. Theatre of Shadows et Dare to Dream en faisaient malheureusement les frais. Pas Inner Monster Out. Alors oui, c’est vrai, il y a deux-trois titres qui ne sont pas aussi bons que les autres, « My Disrupted Reality » en tête de liste malgré sa virtuosité. Mais on ne peut nier plus longtemps que l’énergie déployée et la fraîcheur des pistes ne met pas longtemps avant d’agir et de décrocher l’approbation. Véritable usine à refrains, pistes heavy de qualité à la pelle, ce nouvel album enchaîne les bonnes surprises à une vitesse fulgurante. A peine le temps de se remettre d’un morceau mémorisable à souhait, vrai coup de poing dans la face qu’un autre arrive tout de suite. Et si les influences sont flagrantes (Judas Priest en pôle position) et l’originalité quasi-inexistante (mais ce serait trop demander, là), on passe un excellent moment qui fait oublier ces malencontreuses ombres sur le tableau. Et si parfois le rythme s’affaiblit un peu, ce qui, concédons-le, déplaira à certains (c’est le cas sur « Whatever Our Fortune », très réussie au passage), les qualités des brésiliens s’expriment encore dans un registre différent. Comme quoi, voilà nos sud-américains capables de jouer sur plusieurs terrains.

Des claviers, vous en voulez ? Ils répondront aux abonnés absents. Ici, celle qui est la star, c’est la guitare, majestueuse de technique, sans être trop démonstrative ou trop utilisée. Elle reste là pour donner l’énergie nécessaire aux moult pistes qui peuplent cet opus, mais cette fois-ci, évite de se la jouer faire-valoir à la jolie voix de Dani. Qu’on se le dise, Shadowside a retenu la leçon et bétonne le fond autant que la forme, avec comme ciment l’inventivité mêlé à l’efficacité. Pas de compromis, juste cette débordante puissance, encore et toujours, qui reste avec nous. Par contre, on peut reprocher à la formation de rester en terrain connu et de ne pas prendre réellement de risques, malgré la présence d’invités prestigieux (Björn Strid de Soilwork, Mikael Stanne de Dark Tranquillity et Niklas Isfeldt de Dream Evil) qui viennent rajouter leur grain de sel, apportant une dimension supplémentaire au titre éponyme, qui décolle vraiment. Peut-être même la bombe du brûlot, même si elles sont nombreuses, surtout le single très catchy « Angel With Horns ». Le dernier morceau « Waste of Life » termine également en beauté et en force. De quoi ne pas laisser une sensation d’inachevé, en somme.

Professionnel, carré, efficace et rodé pour la scène, ce Inner Monster Out est l’album de la maturité pour notre quatuor brésilien. Avec son heavy teinté de power metal nourri aux grands noms de la scène pour donner du goût, voilà de quoi attirer l’attention et obtenir une recette des plus réussies. Il ne manque encore qu’un peu de prise de risque pour friser la perfection. Mais avec de tels hymnes réunis dans ce concentré de ce qui se fait de mieux dans le genre, la bande à la belle Dani nous surprend encore avec un troisième brûlot au niveau de maturité phénoménal, et à la très longue durée de vie, la lassitude restant dans son coin, boudant Shadowside. Honnêtement, ce groupe était déjà répertorié comme ayant du potentiel, mais qui aurait pu imaginer une telle progression en si peu de temps ? Et interdiction de bouder son plaisir à cause du manque d’une quelconque originalité, ce serait faire preuve de mauvaise foi. Une grosse claque de 2011.

Shadowside 2011

Note finale : 8,5/10

Site officiel de Shadowside

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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