Byfrost – Of Death

Sorti le 27 juin chez AFM Records

De la pointe de la montagne Ulriken du Hordaland norvégien, on pouvait jadis entendre les riffs d’une légende du Black Metal, Immortal. En 2011, un écho retentit du haut de cette même montagne. C’est le Black’n’roll de Byfrost.


Avec ce nouvel album sobrement intitulé Of Death, sorti chez AFM Records, le jeune combo réaffirme son titre d’héritier d’un Black Metal des temps modernes et part à la conquête d’un nouveau public. En couverture d’album uniquement teintée de bleu, de noir et de vert,  une armée de morts part à l’assaut. Le contenu de l’album se chargera de la teindre en rouge. La couverture dont il s’agit a été réalisée par Christian Sloan Hall, connu pour son artwork sur les albums de Dimmu Borgir, Testament ou Slayer.
 


Tout de suite après la sortie de leur précédent opus Black Earth en 2010, les trois membres de Byfrost n’ont pas chômé et se sont immédiatement mis à l’écriture et à l’enregistrement de Of Death. Mixé aux studios Conclave and Earshot à Bergen, produit par Bjørnar Erevik Nilsen (Vulture Industries, Black Hole Generator) et Herbrand Larsen (Enslaved), le résultat est assez remarquable.

Rentrons dans le vif car c’est ainsi qu’ Of Death débute.

Ainsi l’écoute du titre introductif « May the Dead Rise » vous collera une première claque sans nom. Un son et un univers clairement Thrash ou comment remettre au goût du jour le meilleur des vieilleries ! La batterie hyper rapide d’Alkolust culbute les riffs saccadés de la guitare de HeavyHarms. Peu de breaks et pas de changements de rythme ici ! Non, la traversée du champ de bataille sera sans détour. Avec une seule guitare on nous sert des riffs assez simples mais l’ensemble est d’une efficacité incroyable. On est entraînés dans un rythme diabolique, poussés par les rares exclamations de HeavyHarms, grand fan d’Abbath de Immortal. Un retour en arrière garanti également à l’arrivée d’un passage de guitare presque piqué semblable à celui d’un Kovenant sur l’album Nexus Polaris de 2000. (Titre « Chariots of Thunder »). Le Black’n’Roll prend tout son sens, il en résulte unle recyclage parfait de la rapidité des riffs du Thrash, mélangés à la noirceur du Black Metal.

On est dans une ère médiévale imaginaire les amis. « Eye for an Eye » vient vous le rappeler. Plus encore que le précédent, le second titre de l’album intègre le Thrash dans une journée orageuse du Black Metal. Le sabots des destriers des combattants mort-vivants claquent sur la terre boueuse. Sous les tambours va-t-en-guerre d’Alkolust, un second titre très intéressant s’impose dans le tableau. Les riffs Thrash coïncident avec un titre aux inspirations multiples. Une superbe musicalité, une mélodie empreinte de nostalgie nous entraîne une fois de plus. La noirceur du Black Metal est présente dans un refrain hurlé par HeavyHarms. Lors des longs passages en mid-temp, ce dernier hurle et vomit Eye for an Eye, Eye for an Eye ! Son armée est visiblement toujours debout et l’acclame avec lui.
 

« Buried Alive ». Encore un titre qui ne vous laissera pas insensible. Amateurs de mid-temp, ne vous abstenez pas ! Son riff est absolument hypnotisant. Un titre parfait à intégrer à toute prestation live de Byfrost tant son efficacité ne fait aucun doute. La basse à ciq cordes de R.I.P. Meister est bien audible, le mixage aidant. Le talent d’interprétation de HeavyHarms sert le morceau à la perfection. La voix, constamment criée est tantôt profonde, tantôt acérée, et toujours parfaitement bien maîtrisée. Sans doute un des meilleurs titres de l’album.

Face à une telle déferlante de bonnes paires de claque, les petites déceptions peuvent poindre à l’horizon. Un parfait exemple est l’écoute du titre éponyme « Of Death » qui n’apporte rien de nouveau. Passons. Vous serez vite gâtés de nouveau sur l’excellent Black’n’Roll de « Full Force Rage » qui vous donnera envie de remonter les décibels. Trois mots qui représentent ce court morceau de 2:40 minutes à la perfection et qui seront scandés par le vocaliste telle une incantation sous une pluie de riffs véloces et un solo strident qui marquera une des rares pauses de ce titre ravageur. 

L’album Of Death ne vous laisse jamais refroidir. C’est ainsi que le très rapide « Shadow of Fear » est intelligemment amené à ce stade. Dans une ambiance sombre, avec une vague de blasts à vous couper le souffle, ses riffs vont vous faire passer sous la moulinette. La prestation de batterie est absolument remarquable, tant Alkolust superpose la lourdeur de la grosse caisse avec la légèreté des cymbales. Les solis sonnent toujours aussi strident et s’intègrent dans cette machinerie de guerre. Sans jamais faillir à oublier la musicalité, il est incroyable de constater à quel point ce jeune groupe parvient toujours à affiner ses titres et compléter le tableau. On est emportés par cette énergie qui ferait palir certains voisins du genre… « Shadow of Fear ! » s’exclame HeavyHarms et relance le rouleau compresseur…
 


Les critiques du précédent opus de Byfrost intitulé Black Earth ont déploré l’absence totale de passages atmosphériques. Ainsi, l’avant dernier titre de Of Death est un long voyage intégrant pour la première fois l’électronique. Juste pour l’ambiance. La longue complainte intitulée « Sorgh » surprend de prime abord tant elle contraste avec le reste de l’album. Je n’ai pas la réponse à la question de savoir pourquoi Byfrost l’a intégrée dans l’album mais je doute que ce soit pour satisfaire les critiques. Je dirais plutôt que cet interlude est loin d’être une gêne et dans un dernier soupir, on enchaîne avec « All Gods are Gone ».

Ce dernier titre est absolument magnifique. Je me garderai de le commenter et vous laisse le soin de vous laisser porter par celui-ci… Il souligne toute la maturité de Byfrost et redonne de la profondeur à cet opus.

Byfrost est un recycleur qui donne dans le Black’n’Roll bien huilé. Mais c’est un recycleur de talent, autant en studio où il cultive ce son très particulier telle une signature, que sur scène. Là aussi, la presse ne tarit pas d’éloges. Of Death est un album incontournable selon moi et se déguste de la première à la dernière minute. Sur scène, ses titres vont vous vider. 

Byfrost jouera en première partie de Taake au Glaz Art, le 20 octobre 2011.


Katarz

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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