Mugen et Akonit, chanteurs d’Artweg


A l’occasion de la sortie de leur deuxième album, Drunk’N High, nous avons rencontré Akonit et Mugen du groupe Artweg. En pleine promo, nous nous sommes longuement entretenus avec eux pour évoquer leur dernier opus, sa conception ou encore la dimension live.

Bonjour à vous, merci de nous accorder cette interview.

Akonit : Merci à toi !

Tout d’abord, est-ce vous pouvez nous en dire un peu plus sur vous, sur votre groupe, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Akonit : Cela fait dix ans que Artweg existe. On se connait depuis quinze ans et on vient de formations différentes. On avait décidé de monter un groupe totalement par hasard. Aujourd’hui, on a beaucoup travaillé et on sort notre deuxième album le 23 octobre.

Par rapport à votre nouvel album justement, est-ce que vous pouvez m’en dire plus sur la composition de celui-ci ? 

Akonit : On a pris du temps, parce que l’on a changé de bassiste entre le premier et le deuxième album. Il a fallu un temps d’adaptation avec le nouveau bassiste.

Mugen : Un an d’adaptation.

Akonit : On avait prévu de sortir notre album justement un an auparavant, mais comme on a changé de line-up ça nous a pris un peu de temps. Mais on a fait ce nouvel album et on en est super content parce que ça rajoute un peu de couleur à notre musique et ça fonctionne bien. On essaye d’améliorer notre style à chaque nouvelle composition. Et surtout on s’éclate à faire de la musique.

Par rapport à votre précédent album, qu’est-ce qui a évolué dans celui-ci ? 

Akonit : Notre style s’est amélioré, dans le sens où la musique est plus riche.

Mugen : Quand on a commencé, on est arrivés vraiment avec des influences différentes. Au lieu de se cloisonner à un style précis, on a fait ce qui nous plaisait. On a mélangé toutes nos influences, tout ce qu’on aimait –et aussi des choses que je n’aimais pas- mais ça a donné un cocktail avec un peu de metal, de punk et d’hardcore. Sur « Drunk’N High », on commence à aller plus près de ce qu’on veut faire musicalement. On est en train de prendre le chemin de l’intensité qu’on aimerait mettre, des réelles émotions qu’on aimerait transmettre au public ou aux personnes qui nous écoute. On se situe plus dans notre « artcore » et il nous a fallu trois essais pour ça.

Pourquoi avoir choisi Drunk’N High comme premier single ? 

Akonit : Parce qu’il fallait en choisir un (rires). A l’origine ça aurait dû être « Human Bomb », mais on a choisi « Drunk’N High » parce qu’on voulait mettre un peu de couleur, pas un titre trop bourrin. On est des bourrins mais on fait aussi du rock’n’roll, ça s’entend dans les guitares notamment, parce qu’il y a plein de couleurs musicales dans Artweg.

Mugen : « Drunk’N’ High » représente la version la plus standard de la musique d’Artweg. Il y a les couplets qui sont très punk, on peut aussi entendre du metal voir du death.

Akonit : Même quelques parties hip hop.

Mugen : Par rapport à l’album, « Drunk’N High » est le titre qui représente plus notre musique dans sa légèreté. Pas besoin d’être averti pour l’écouter, à l’inverse du « Human Bomb » par exemple qui est assez rentre dedans.

Akonit : « Drunk’N High » serait plus placé dans le hardcore

Mugen : Mais ça reste quand même assez cardiaque.

Et par rapport au clip de ce single ? 

Mugen : Ah ce clip, c’est une grande histoire (rires). On a tourné le clip en deux jours. On s’est servi du haut de notre local de repet’, créant un appartement avec un bar de pote à nous –le Holy Holster bar-. Dans « Drunk’N High » on s’est mit dans l’ambiance.

Akonit : « Drunk’N High » correspond à l’esprit du groupe. On aime bien picoler (rires).

Mugen : Avec le temps et les moyens qu’on avait, le clip rend bien. On l’a fait en famille, avec notre bande de potes. Les gens qui ont filmé sont aussi des connaissances à nous.

Akonit : C’est la même équipe de tournage que pour « Insane ». Ils font d’ailleurs le tournage de Metal Versus. C’est une télé réalité que notre bassiste Vlad a mit en place il y a deux ans. Différents membres s’enferment dans un studio pendant deux jours, et le but est qu’ils composent un morceau. Ils ne se connaissent pas et n’ont pas les mêmes univers musicaux, un peu comme Artweg en fait.

Mugen : Et ils ont fait du bon boulot sur ce clip.

Akonit : Et c’est aussi pour ça qu’on continue de bosser avec eux. D’ailleurs on bosse qu’avec des gens qui aime ce qu’ils font et ce qu’on fait, et avec qui on s’entend bien. On a une équipe solide. Au début il n’y avait que nous puis au fil du temps l’équipe a augmenté.

C’était un choix depuis le début de mélanger anglais et français ? 

Akonit : Je suis très mauvais en anglais donc j’ai décidé de chanter en français. On avait déjà entendu le mélange dans d’autres groupes, notamment dans Absolute (un groupe français originaire d’Epinay, comme Artweg) où les membres mélangeaient français et anglais et ça passait bien. Ce sont ceux qui nous ont lancé sur les premières dates. On est content parce qu’on arrive à faire sonner les deux langues, même si ce n’est pas tout le temps évident parce que le français est une langue compliquée dans la musique. On s’est partagé les taches, moi je suis dans le français et Mugen dans l’anglais

Mugen : Je n’ai rien contre le français mais c’est vraiment atroce quand je chante en français.

Akonit : Au début il chantait également en français, mais il a perdu l’habitude et maintenant il ne chante qu’en anglais.

Mugen : Je serais capable de t’écrire un texte en français, mais alors te le chanter… Donc c’est venu comme ça, et quand tu fais de la musique tu as tout de suite envie de chanter en anglais. Ca a été automatique de ma part. Mais Akonit trouve qu’il se débrouille mieux en français, qu’il arrive mieux à jouer avec la langue.

Akonit : Mais sur certaines parties, je suis obligé de chanter en anglais. « Dans Drunk’N High », tout le refrain est en anglais. J’ai travaillé, j’ai fais des progrès par rapport au précédent album. Puis il y a un morceau sur le dernier album qui est totalement en anglais (« Thanks For Nothing »). D’ailleurs, les textes ont les écrit tous ensemble. Dans Artweg, les chanteurs participent autant à la musique que les musiciens. Et eux participent aussi aux textes. C’est un réel échange, et on compose tout à cinq. On les a poussé pour qu’ils participent vraiment, ils avaient envie de le faire. Mais se mettre tous ensemble, autour d’une table et le faire réellement c’est différent, parce que les musiciens ont un autre état d’esprit mais ils ont également leur mot à dire. On dénonce dans nos textes tout ce qui peut se passer dans le monde.

Mugen : On dénonce, mais on reste assez léger. Des tonnes de choses se passent, les gens font et jugent ces choses là. Mais nous ce n’est pas notre cas. « Drunk‘N High » nous représente, on donne notre avis mais on ne force pas les gens à penser comme nous. On est engagés, on a une façon de voir le monde mais ça reste notre vision. De base, on fait de la musique. Nous on fait du culturel, la musique sert à donner un point de vue. Tu restes ton propre chef, on peut dire que ce n’est pas bien mais la musique ce n’est pas fait pour la politique, ou engrainer les gens. C’est fait pour se détendre, passer un message, écouter des gens qui ont un point de vue différent. Et on essaye de garder cet état d’esprit, on veut apporter du fun pas de la merde. En gros bois un coup et détend toi.

Comment s’est fait votre rapprochement avec votre nouveau label ? 

Mugen : Par internet, Juste une trace nous a contactés. Ils ont apprécié l’engagement qu’on avait par rapport à la musique, notre motivation. Ils sont venus vers nous. J’étais sceptique, étonné qu’un label puisse aller sur internet et se dire « oh ce groupe là, j’aime bien je vais les contacter« . C’est plutôt l’inverse normalement. On cherchait pas plus que ça à faire signer « Drunk’N High », on pensait le distribuer. Puis le label juste une trace est arrivé et bosse maintenant avec nous. Ils sont de bons conseils et on apprend avec eux. Cela fait conte de fée (rires). Le label t’envoie un mail « est-ce que tu veux bosser avec nous ? On a un label« . On n’était pas en avril, ce n’était pas noël ni mon anniversaire alors j’ai dis « ok, on y va« . Ca s’est passé par le plus grand des hasards pour le plus grand des bonheurs.

Parlons des lives, maintenant. Vous avez plusieurs dates de prévues, notamment en première partie de The Exploited le 23 novembre. J’imagine que vous avez hâte de remonter sur scène.

Akonit : Si on pouvait faire des concerts tous les jours et bah ça nous conviendrait. On a fait une tournée européenne, on sait comment ça se passe.

Mugen : Sur la date avec The Exploited, on va avoir le même état d’esprit qu’à chaque fois, c’est à dire donner tout ce qu’on a jusqu’à la dernière goutte. Artweg sur scène essaye de convaincre par l’envie qu’on dégage.

Akonit : On a un bon relationnel avec le public, quel qu’il soit. Il y avait des gens qui étaient sceptiques, qui nous avait entendus avant de nous voir jouer. On s’est retrouvés devant des bonnes surprises parce que ça plait au public qu’on soit présent et qu’on le fasse participer. Il y a vraiment un échange entre lui et nous.

D’ailleurs vous avez joué avec pleins de groupes d’univers très différents, mais est-ce qu’il y a des groupes en particuliers avec qui vous aimeriez partir en tournée ? 

Mugen : Celui qui veut. N’importe qui, on dit oui.

Akonit : On se voit tourner avec des groupes français comme étrangers. Prend par exemple la tournée avec Orphaned Land, Myrath et Arkan. Si demain The Exploited voulait partir en tournée avec nous on irait, même si on ne fait pas totalement le même genre.

Mugen : Il faut aller en tournée avec les gens, connaitre les groupes derrière la scène et partager avec les gens. On ne se cantonne pas à une liste de groupes. Par exemple la plupart des groupes avec qui j’aimerai tourner, c’est ceux que j’écoutais gamin.

Akonit : Mais aujourd’hui on ne peut plus tourner avec Rage Against The Machine par exemple. Sur notre tournée européenne il n’y avait que des groupes de metal prog orientaux. C’était un message, qui disait qu’on pouvait tous faire de la musique ensemble, une sorte de tournée de la paix. Même si on avait aucun rapport avec eux, ils étaient super content de nous recevoir, qu’on soit là.

Est-ce que vous allez annoncer d’autres dates bientôt ?

Mugen : On y travaille.

Akonit : Là on est en promo. On attend déjà que l’album sorte. Cela va nous ouvrir des portes. On commence à avoir des appels, de nouvelles opportunités. On va bientôt faire une tournée en Bretagne. Il y a des choses qui se préparent.

Mugen : On est déjà bien jusqu’au printemps, sans trop m’avancer.

Akonit : Pour la promo, on nous file des coups de main et c’est bien parce qu’on a besoin de se faire entendre plus largement. On n’avait pas l’occasion ni l’opportunité avant.

Mugen : Et c’était peut être pas le bon moment. On commence à arriver à une maturité, et pour arriver à là il a fallu passer par certains paliers. Tout se passe quand même bien pour nous en ce moment, et on espère que ça va durer.

Akonit : On attend encore des nouvelles dates, et vraiment si on pouvait jouer toutes les semaines, on le ferait.

Un dernier mot à dire ? 

Mugen : Merci à toi. Et à très bientôt j’espère !

Akonit : Merci d’être venue, et merci pour l’interview surtout. 



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