Vallenfyre – A Fragile King

Sortie prévue le 31 octobre 2011 chez Century Media

Vallenfyre a été engendré dans la souffrance. En novembre 2009, le guitariste et compositeur de Paradise Lost, Gregor Mackintosh quitte la tournée « Faith Divides Us – Death Unites us ». Il retrouve son père et l’accompagne dans une longue souffrance jusqu’à la mort. Ce dernier est emporté par un cancer en décembre 2009. Dans ces circonstances douloureuses, Gregor décide de rendre hommage à ce père tant aimé, qui l’a toujours soutenu dans ses projets musicaux. « Le seul père que je connaisse qui écoutait Bolt Thrower à la radio. L’Homme qui m’a offert mon premier livre de partitions ».

Rendre hommage, mais aussi se réfugier dans ses premiers amours. Entre autres groupe de punk, Motörhead, Black Sabbath, Autopsy, Napalm Death, Morbid Angel, Repulsion, Nihilist, ont tous été des inspirations à un moment ou un autre de la vie de Gregor, une vie dédiée à la musique. « J’ai décidé de revenir aux sources. A mes racines, au Death, au Crust Punk et au Doom » – déclare-t-il.

Il décide donc de monter un nouveau projet, Vallenfyre, qui signifie « feu puissant ». Il s’entoure de ses meilleurs amis, car c’est là qu’il trouve refuge, et aussi parce qu’ils sont les meilleurs musiciens qu’il connaisse. Il fait ainsi appel au batteur Adrian Erlandsson (At the Gates, Paradise Lost), Hamish Glencross (My Dying Bride) et Mully pour les guitares, mais également Scoot, un pote d’enfance, pour la basse (Doom, Extinction of Mankind).

Paradise Lost, My Dying Bride, At the Gates, Doom… un bien joli mélange donc qui donne à Vallenfyre une dimension toute particulière. Un mélange qui donne envie.
 

Vallenfyre 2011


Gregor s’entoure également des pointures pour peaufiner le bébé et lui garantir un son « roots ». Ainsi, l’album intitulé A fragile King (référence à son père), sera enregistré par l’ingé-son de Paradise Lost, James Dunkley, puis mixé par le légendaire Russ Russell aux Studios Parlour. Sa sortie est prévue le 31 octobre 2011 chez Century Media.

Alors rentrons un peu dans ce lugubre projet, pour essayer de déterminer s’il va vous enthousiasmer ou au contraire, vous laisser insensible.

Comme je le disais dans une précédente chronique, les projets d’un seul homme sont souvent les meilleurs. (ARCKANUM – Helvitismyrkr). Je maintiens mes propos.

Ici, nous avons les pointures de 4 groupes mythiques qui s’associent pour faire un album « retour aux sources », avec un son lourd, gras, soit exactement ce que le public de Death Metal réclame sans relâche. Les personalités de chacun vont forcément transparaître dans ce projet. La seule chose que j’espère, c’est que les compromis ne terniront pas l’ensemble et le hisseront parmi l’un des meilleurs albums de cette année.

Et à ma plus agréable surprise, ça commence plutôt bien, puisqu’aux premières notes on s’aperçoit que le tout sonne comme un Paradise Lost à ses débuts. Riffs ultra prolongés, le Death et le Doom sont à l’honneur. Quelques accélérations. On ne célèbre rien ici. On est en deuil. Et on a la rage. La voix de Gregor est merveilleuse et surpasse toutes mes espérances. Très agréable surprise donc sur le titre introductif « All will suffer ».

Ce qui est incroyable dans ce projet, c’est la manière dont la musique de Vallenfyre sort du silence pour trouver son écho dans le vide. La musique de Vallenfyre est en effet entrecoupée de moments où l’on est complètement abandonnés à son sort, où l’on pourrait presque avoir le vertige. Tenez par exemple le titre phare de l’album, « Desecration », qui vous invitera dans une expérience auditive unique. Sur la longue lamentation finale vous ressentirez sans doute des émotions fortes.

Cependant, moi il m’en faut plus pour me séduire. A ce stade des carrières respectives de certains, je me dois d’être intransigeante et d’en attendre l’excelence. Même si d’après les déclarations de Gregor, je ne m’attends pas au projet le plus original du siècle…

Première critique : l’album A fragile King est très inégal dans l’ensemble. D’une part, des titres comme le très catchy « As the World collapses » vont vous entraîner par ses blasts extrêmes qui ponctuent le morceau et prouvent une fois de plus que Adrian Erlandsson est un tueur en son genre. Aussi, le punk est à l’honneur tout au long de l’album, en particulier sur « Humanity Wept ». Ca va vous plaire !

Mais par moments on se fait un peu chi… Les onze titres de l’album paraissent longs…très longs. Le son est gras et lourd, ça sent la sueur, mais le contenu est parfois creux, insuffisant. Vallenfyre ne compense que très rarement ce son à l’ancienne par des solis de guitares qui donnent un peu de musicalité. Au lieu de ça, des riffs certes entraînants, mais souvent peu intéressants et finalement une morosité continue se dégage de cet album. Je n’apprécie pas non plus le titre « My Black Siberia » qui me paraît être le summum des compromis et sonne commercial.

Heureusement, sur « Seeds », le mélange est savamment dosé et on trouve finalement ce que l’on cherche dans…le Doom. Heureusement que les solis raisonnent de nouveau sur l’avant dernier titre, « The Divine Have Fledt », un des meilleurs de cet album ! Heureusement que « The Grim Irony » a une vraie profondeur !

Deuxième critique : à l’image de la musique, la voix de Gregor n’est pas toujours suffisamment travaillée. Pourquoi ne pas continuer les efforts déployés sur les premiers titres de l’album ? Les growls sont rarement prolongés, souvent presque inaudibles, les paroles sont scandées au lieu d’être retransmises avec douleur… C’est de ça dont parle l’album après tout, non ? Bon, ça va, sur « The divine Have Fledt » je les retrouve, en puissance, grandioses. Mais c’est un peu tard.

Troisième critique : Le mélange des genres est très bien pensé tout au long de l’album. En effet, les parties Doom font fondre les blasts les plus rapides régulièrement, la batterie punk accompagne et donne du rythme au Death le plus lourd. Bref, j’adhère totalement à ce mélange. Mais… le mixage ne lui rend pas honneur. J’aurais aimé entendre la batterie mieux que ça, et un peu moins la guitare rythmique, bien que je comprends qu’elle soit importante dans le style recherché. En tout cas si Gregor a réussi son pari, c’est dans ce son très particulier.

Revenir aux sources, s’évader dans le néant, dans un Doom Death aux très bonnes accélérations, c’est tout à fait possible avec A Fragile King. Partez à la découverte de cet album si vous voulez de nouveau ressentir votre sueur d’adolescent. Mais ne vous attendez pas à suer pour de vrai, comme vous le faisiez sur Carcass ou Morbid Angel.
 

           Katarz
 

Tracklist :

1. All Will Suffer                        (04:10)
2. Desecration                          (04:56)
3. Ravenous Whore                (03:02)
4. Cathedrals Of Dread          (03:52)
5. As The World Collapses    (03:14)
6. A Thousand Martyrs           (03:25)
7. Seeds                                    (04:46)
8. Humanity Wept                    (02:18)
9. My Black Siberia                 (03:50)
10. The Divine Have Fled      (03:42)
11. The Grim Irony                   (04:40)
 
L’édition limitée incluera le titre bonus « Majesty Dethroned »

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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