Powerwolf (+ Orden Ogan et Civil War) au Trix d’Anvers (01.11.15)

2015 a marqué le retour discographique de Powerwolf, deux ans après un très bon Preachers Of The Night. Malheureusement, Blessed & Possessed,  son successeur s’avère bien moins convaincant. En revanche, il reste au groupe allemand une imagerie forte sublimée sur scène par des prestations plus que solides. Ainsi, après des apparitions remarquées au cours des festivals d’été, les loups-garous nous reviennent à présent avec un show complet d’une heure et demie. Ils sont accompagnés sur cette fin de tournée par leurs compatriotes d’Orden Ogan et les Suédois de Civil War. Récit d’une soirée 100% power metal.

La première fois que nous avions vu Civil War en concert (cet été au Sabaton Open Air allemand), le groupe nous avait moyennement enthousiasmés. Une fois passé le plaisir de revoir d’anciens membres de Sabaton sur scène (dont cet excellent batteur qu’est Daniel Mullback), le cruel manque de conviction des musiciens et particulièrement de leur chanteur, Nils Patrik Johansson ainsi que les conditions difficiles (froid, pluie et retard les obligeant à raccourcir le show), le set ne nous avait pas vraiment convaincu.

Heureusement, ce soir, les membres du groupe semblent bien plus concentrés et surtout, heureux d’être là. Les musiciens ont l’air impliqués à l’image de Rikard Sundén (guitare) qui a la bougeotte et le vocaliste (qui boit du café sur scène) apparaît aujourd’hui tout sourire sur les planches. Ce dernier fera même quelques traits d’humours, présentant chacun de ses collègues avec des blagues. Le jour et la nuit comparé à notre première expérience en concert avec Civil War.

Pour ne rien gâcher, la setlist de ce soir est parfaite ! Si l’on avait pu regretter que le combo suédois avait précédemment rempli son set de titres mid-tempo, il ne refait pas cette erreur ce soir. Rien que l’enchaînement de début entre « USS Monitor » et « Saint Patrick’s Day » a raison de la nuque des premiers rangs qui chantent les refrains.

Seul bémol, le responsable des lumières ce soir semble ne pas avoir compris que l’immense toile cachant le décor de Powerwolf en fond de scène bloque la plupart des éclairages… Le groupe se retrouve ainsi plongé dans la pénombre durant les deux premiers titres avant que le chanteur ne fasse la remarque, ce qui aura pour effet de déclencher un mélange de rire et de huées à destination de ce technicien qui comprend trop tard qu’il faut utiliser les projecteurs à l’avant de la scène pour éclairer le groupe…

Setlist de Civil War:
* USS Monitor
* Saint Patrick’s Day
* Braveheart
* Gods and Generals
* Bay of Pigs
* I Will Rule the Universe
* Rome Is Falling

C’est à la faveur de son excellent « Ravenhead » sorti en janvier dernier que nous avons véritablement découvert Orden Ogan. Non content d’avoir frappé fort avec cet album solide, le groupe allemand nous avait également fait forte impression en première partie de Hammerfall en début d’année. Nous sommes donc très contents de les revoir ce soir.

Comme en janvier, c’est avec « F.E.V.E.R »., extrait de son dernier opus, qu’Orden Ogan entame son set et le public ne se fait pas prier pour reprendre les paroles dès les premières secondes. Seulement, nous le constatons rapidement, le responsable des lumières n’a visiblement pas compris la leçon et le groupe jouera l’intégralité de son set dans la pénombre… Heureusement ceci n’entame en rien le moral des musiciens ou du public.

Si la setlist est heureusement quelque peu modifiée (« We Are Pirates » est placé plus tôt dans le set, mais toujours autant acclamée par les fans) et que de nouveaux titres (« Sorrow Is Your Tale », le très bon « Here At The End Of The World » « qui parle de votre ville » dixit le chanteur) sont ajoutés depuis la dernière date belge, les discours et les interventions de Seeb (chant, guitare) sont recyclés à la virgule près. Alors, oui le frontman ne manque pas d’humour, d’autant plus que le public lui mange dans la main (il suffit d’entendre toute la salle crier « fate » pendant « To The End » ou bien « cold dead and gone » pendant le « The Things We Believe In » final) mais le tout laisse un arrière gout de déjà-vu dont nous nous serions passé.

Au final ce qui compte, c’est la musique et à ce niveau, Orden Ogan est toujours aussi imparable. Des riffs à s’en arracher les cervicales et des refrains épiques à reprendre en cœur. Parfait pour chauffer un public qui donne déjà tout ce qu’il a lors de ce set. De bon augure pour la tête d’affiche !

Setlist d’Orden Ogan:
* Orden Ogan (sur bande)
* F.E.V.E.R.
* Deaf Among the Blind
* We Are Pirates
* To the End
* The Lords of the Flies
* Here At The End Of The World
* Sorrow Is Your Tale
* The Things We Believe In

La salle commence à présent à être bien remplie (le show de ce soir est sold out comme de très nombreuses dates de la tournée) et heureusement, nous nous trouvons à portée directe du système de climatisation de la salle, car la température ne cesse de monter alors que retenti l’intro « Lupus Daemonis ». La toile placée à l’arrière de la scène se révèle alors, le logo de Powerwolf en son milieu se voyant éclairer par les projecteurs de la salle. On devine les musiciens déjà en position derrière cette toile et lors des premières secondes de « Blessed & Possessed », cette dernière tombe pour révéler un décor immense, donnant l’impression que le groupe joue dans une véritable chapelle ! Et pour ne  rien gâcher, les lumières sont superbes. Si les deux premiers groupes avaient grandement été desservis par l’éclairage, celui de Powerwolf bénéficie d’une mise en place remarquable. Chaque titre se voyant ainsi sublimé par une ambiance qui lui est propre.

« Ce soir nous combattons pour le heavy metal contre la musique pop » c’est avec ces mots qu’Attila Dorn, chanteur à la voix irréprochable nous accueille et c’est en effet en véritable général d’état-major qu’il agit ce soir, maniant la foule avec aisance malgré ses prises de paroles en anglais toujours un peu hésitantes. Ainsi, le public est dévoué aux cinq loups-garous allemands et il suffit d’écouter la ferveur avec laquelle il chante le nom du groupe entre chaque titre pour s’en rendre compte. À tel point que le chanteur finira par rappeler qu’il se sent vraiment comme à la maison en Belgique « un des premiers pays en dehors de l’Allemagne à nous avoir accueilli ».

Au niveau de la setlist, c’est étonnamment Preachers Of The Night qui se taille la part du lion (5 titres contre 4 du dernier album) avec par exemple un « Cardinal Sin » jamais joué avant cette tournée et dédié « à toutes les personnes qui sont venues maquillées ». En effet, un peu partout dans le public, des fans arborent le maquillage du groupe, voire même des tenues complètes de prêtres ou de nonnes.

Powerwolf c’est aussi une bonne dose d’humour et de second degré. Attila en fera encore la démonstration en expliquant de manière solennelle qu’à « Noël, nous célébrons la naissance du Christ. A Pâques, nous célébrons la résurrection de Jésus. Mais ce soir, nous fêtons la résurrection par l’érection ! » ou bien lorsqu’il nous demandera de hurler en secouant les mains en l’air « comme si vous étiez possédés » au début de « Lupus Dei »… Et le public ne se fait pas prier (haha !) pour répondre aux sollicitations du groupe, qu’elles viennent du frontman ou de Falk Maria Schlegel, claviériste qui n’hésite pas à quitter son instrument dès que l’occasion se présente pour aller au plus près de la foule. « Werewolves Of Armenia » sera d’ailleurs l’occasion d’un petit concours entre Falk et Attila, divisant la foule en deux pour savoir quel côté est le plus bruyant. Classique, mais efficace à en juger par les réactions et les éclats de rire devant les pitreries des deux hommes.

« Blessed & Possessed » est donc représenté par quatre extraits ce soir. En plus du titre éponyme joué en ouverte (en remplacement d’un « Sanctified With Dynamite » qui se voit joué en rappel sur cette tournée) et du single « Army of the Night », sont joués « Armata Strigoi » (qui est encore l’occasion pour les fans de donner de la voix… avec tellement de puissance que l’admiration se lit sur les visages des guitaristes Charles et Matthew Greywolf et que tout ce qu’Attila arrive à dire est « waouh ») et l’ambiancé « Let There Be Night » avant lequel le chanteur nous demande d’imiter des loups hurlant à la lune.

Après le traditionnel « Lupus Dei », vient l’heure du rappel. Alors que la salle est plongée dans le noir, des techniciens s’affairent sur scène pour allumer des flammes un peu partout qui prendront tout leur sens lorsque le combo entame « Kreuzfeuer ». Le show se finit avec « All We Need Is Blood » non sans que Powerwolf ait pris le temps de remercier les techniciens et roadies qui ont travaillé avec eux, fin de tournée oblige.

Malheureusement ce concert, s’il est loin d’être mauvais, ne nous a pas pour autant réellement enthousiasmé outre mesure. Nous avons même trouvé certains passages terriblement longs et répétitifs. Peut-être le fait que la musique du groupe soit ultra balisée et codifiée provoque cette lassitude sur la longueur. En tout cas on ne peut enlever à Powerwolf qu’ils savent faire le show et donner des prestations réussies.

Setlist de Powerwolf:
* Lupus Daemonis (sur bande)
* Blessed & Possessed
* Coleus Sanctus
* Amen & Attack
* Cardinal Sin
* Army of the Night
* Resurrection by Erection
* Armata Strigoi
* Solo de batterie
* Dead Boys Don’t Cry
* Let There Be Night
* Werewolves of Armenia
* In the Name of God (Deus Vult)
* We Drink Your Blood
* Lupus Dei
Rappel:
* Opening: Agnus Dei (sur bande)
* Sanctified With Dynamite
* Kreuzfeuer
* All We Need Is Blood
* Wolves Against the World (sur bande)

Photos (sauf Orden Ogan): © 2015 Sara Hammerzmith
https://hammerzmith.wordpress.com/
Toute reproduction interdite sans autorisation de la photographe.



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