Folk Fest 2015 au Barba Negra de Budapest en Hongrie (06/11/2015)

Au début de l’histoire, je me trouve dans l’une des plus belles villes d’Europe, prénommée la « perle » du Danube. Ville au lourd passé, Budapest a notamment été l’épicentre de la révolution hongroise de 1848, de la République des conseils de Hongrie de 1919, de l’opération Panzerfaust en 1944, de la bataille de Budapest en 1945 et de l’insurrection de 1956 contre les Russes.

A ce moment là, je me trouve du côté Buda de la ville dans un bar dédié à Manowar, des barbares « américanisés » mais ô combien sympathiques. Sur le comptoir, comme dans toutes les grandes villes, il y a des flyers qui parlent d’un festival folk metal ralliant des groupes « barbares » venus de l’Est et du grand Nord. Le concert a lieu au Barba Negra, qui se trouve de l’autre côté du Danube : Pest.

Barba Negra


La ville actuelle a été créée en 1873 par la fusion de Buda, alors capitale de la Hongrie, de Pest et d’Óbuda. Elle a pour origine le site d’Aquincum, baigné d’eaux chaudes pour alimenter les dizaines de thermes de la ville et ancien lieu de peuplement celte devenu capitale de la Pannonie inférieure pendant l’époque romaine.

L’affiche est belle pour accompagner les deux têtes d’affiche. On y retrouve quatre des meilleurs groupes de metal folklorique de la Hongrie avec Ankh, Kylfingar, Virrásztók et Dalriada qui ouvrira pour Arkona en décembre à Paris au Divan du Monde.

Le festival n’oublie pas la récente tragédie qui a eu lieu dans le club roumain Colectiv où de nombreuses personnes ont trouvé la mort lors d’un concert de hard rock. Tout au long de la soirée le club collecte des dons pour financer une aide aux familles des victimes.

Comme dans toutes les capitales, un vendredi soir est synonyme d’embouteillage et les taxis même férus de raccourcis ont du mal à traverser le beau Danube large de 333 mètre,s pour rallier l’autre rive…

Après une bonne soupe au goulash arrosée d’un très bon vin rouge (Egri Bikavér), j’arrive à temps pour voir Dalriada, le dernier des groupes hongrois à jouer ce soir. Le groupe avait eu des soucis par le passé (comme Negură Bunget ou d’autres) parce que l’association Antifa pensait que certaines membres du groupe propageaient des idéologies nationalistes.


Dalriada


Bref, le groupe sur scène porte des costumes traditionnels du plus bel effet. Le public reprend en chœurs les morceaux. Les blasts se mélangent aux flûtes, aux violons et cornemuses, les gens dansent devant la scène pendant que je découvre les lieux. La salle est sublime, un genre d’Elysée Montmartre en plus grand avec des grands bars, des tables pour se restaurer, une scène grande avec un écran en fond de scène. Le son met en avant les nuances que l’on peut entendre avec les instruments traditionnels sur une musique pagan. Après autant d’année de carrière, le groupe est rodé et n’est pas impressionné par un public littéralement déchaîné et acquis à sa cause. Il faut rappeler que ce ne sont pas des petits nouveaux puisque depuis maintenant 10 ans ils ont sorti huit albums et une compilation, et sont à l’aise sur les planches.
 

Dalriada


La légèreté des flûtes sur des blast beats donne le tournis, pendant que la voix de la chanteuse Laura Binder passe du clair au plus obscur des growls, avec de grands moments comme sur « Téli ének », « Borivók éneke » ou en rappel « Hajdútánc » pour salluer un public heureux.
 

Dalriada


Barba Negra


J’en profite pour aller au bar et découvrir… des pintes à 3€… de la nourriture et tous les alcools possibles et imaginables à des prix « très », voire  « trop » abordables, au vu des mecs à la démarche assez chancelante. En discutant au bar, et vu le passé du pays, je rencontre des mecs assez hostiles aux Russes qui vont monter sur scène, ne jurant que sur leur identité hongroise.


Barba Negra


Setlist Dalriada :
Intro
Amit ad az ég (Álmos búcsúja)
Dózsa rongyosa
Áldás
Napom, fényes napom
A nap és szél háza
Ígéret
Téli ének
Futóbetyár
A walesi bárdok 1.
Hamu és gyász / Moldvageddon
Borivók éneke
Rappel:
Hajdútánc

 

Barba Negra


Arkona


Quelle plaisir d’admirer à nouveau la pile électrique de Masha « Scream » Arkhipova qui arrive sur scène en sautillant et en agitant sa belle chevelure blonde. C’est dingue l’énergie qu’elle dégage. En déboulant ainsi, la marée humaine des premiers rangs sautille, ça se resserre. Voix claires suivies de growls, et posant sur les retours d’une façon guerrière, Masha impressionne dans sa tenue traditionnelle de femme des bois.
 

Arkona

Arkona


Les titres d’Arkona s’enchainent au pas de course dans une ambiance surchauffée. Masha bouge, change de place, croisant les autres musiciens dans une ronde infernale. Les autres bougent aussi (seul le massif Ruslan « Kniaz » reste plutôt en retrait) tandis que  Sergey « Lazar » Atrashkevich et le multi instrumentiste Vladimir « Wolf » Reshetnikov sont au plus près du rebord de la scène pour haranguer la foule.
 

Arkona

Arkona


Il fait chaud dans la salle, ça sue à grosses goutes. Le charisme de Masha dépasse tout. Après cette déferlante, la pression passe sur les épaules de Korpiklaani, qui doit suivre.
 

Arkona


Setlist Arkona :
Yav
Ot Serdtsa K Nebu
Goi, Rode, Goi!
Liki Bessmertnykh Bogov
Zakliatie
Na Strazhe Novikh Let
Slav’sja, Rus’!
Chado Indigo
Katitsia Kolo
Pamiat
Kupalets
Stenka Na Stenku
Yarilo

 

Arkona

Les Finlandais arrivent sur scène, tout souriants. Il est incroyable de voir l’embonpoint qu’a pris le bassiste Jarkko Aaltonen, aux sourcils « yourigagarinien ».

Korpiklaani


Les gens sont heureux, mais restent sur leur faim en ce début de show, car Korpiklaani ne met en avant que des morceaux moins connus, et moins percutants, tirés du dernier album ; alors que les fans attendent d’emblée une bonne dose d’esprit païen pour faire la fête tout en éclusant des bières. Ça commence pourtant fort avec des « Journey Man »,  « Pilli on pajusta tehty » qui déboulent à fond les ballons (de rouge), avec un Jonne Järvelä maintenant sans guitare. J’avoue que cela me gène, d’autant que j’adorais son pied de micro en forme de bois de renne, qui se retrouve désormais autour de la batterie. Mais bon, on veut de la humpa pour partir danser avec la gente hongroise, et j’avoue que les titres des dernières productions me laissent plutôt sur la béquille.
 

Korpiklaani


Il faut attendre la fin, avec des relents de rôts alcoolisés grâce à « Pellonpekko »,  « Vodka » et « Wooden Pints », qui vont droit au cœur ou au bar, selon vos instincts guerriers. Mais c’est déjà la fin, et franchement ces morceaux n’ont pas d’égal pour faire la fête !

Korpiklaani


Les années ont passé et les finlandais sont devenus moins intimistes qu’avant, trop mainstream et je trouve que leur côté hommes des bois des forêts finlandaises enneigés me manque tel un syndrome « heluveitien », comme leur  « au revoir » avec  « Juodaan viinaa », sorti d’une bande enregistrée.

Barba Negra


Setlist Korpiklaani :
Viinamäen mies
Journey Man
Pilli on pajusta tehty
Kantaiso
Lempo
Sahti
Kirki
Ruumiinmultaa
Petoeläimen kuola
Sumussa hämärän aamun
Vaarinpolkka
Viima
Metsämies
Kultanainen
Minä näin vedessä neidon
Ämmänhauta
Kylästä keväinen kehto
Rauta
Pellonpekko
Vodka
Wooden Pints
Juodaan viinaa

 

Lionel / Born 666

 

Photos : © 2015 Lionel / Born 666
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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