Kim McAuliffe, chanteuse et guitariste de Girlschool


« Pour faire du rock, il ne faut pas trop se prendre au sérieux. »


Girlschool, groupe de hard-rock mythique, sort le 13 novembre 2015 un tout nouvel album studio, Guilty As Sin. A cette occasion, nous avons rencontré Kim McAuliffe, chanteuse et guitariste depuis les débuts du groupe. Elle nous parle ici de la création de ce nouvel opus et de sa perception de la musique en général.

Bonjour Kim, merci de nous accorder cette interview ! Comment vas-tu ?

Merci à vous de continuer à nous soutenir surtout, c’est incroyable ! Ça va très bien, je suis heureuse d’être ici, mais je n’arrive pas à croire qu’il faille déjà que je quitte Paris dans quelques instants.

Comment te sens-tu avant la sortie de Guilty As Sin, votre nouvel album ?

Je me sens vraiment excitée, notamment parce que toutes les réactions que nous avons eues jusque-là ont été très positives.

Tu peux nous présenter un peu ce nouvel album ?

En fait, ce qu’il s’est passé, c’est que la maison de disque a décrété qu’il était temps pour nous de sortir un nouvel album studio. Parce qu’il paraitrait que notre dernier album est sorti il y a 8 ans ! Ce que je n’arrive pas à croire, c’est affreux, le temps passe tellement vite. Je ne réalise même pas l’âge que j’ai, c’est dire ! Tu n’en sais encore rien parce que tu es jeune, manifestement ! Blague à part, nous avions donc un album studio appelé Legacy qui, d’après ce qu’on me dit, est sorti il y a 8 ans. La maison de disque nous a dit qu’il fallait un nouvel album. Ils nous ont dit ça l’année dernière, vers octobre/novembre, en précisant qu’il fallait préparer ça pour janvier. On était surprises, mais ils ne nous ont pas laissé le choix !

Comment s’est passé l’enregistrement ?

C’était génial, mieux qu’on aurait pu le penser d’ailleurs. En fait c’est comme si rien n’avait jamais changé depuis toutes ces années, tout nous est tellement familier désormais. Ça s’est vraiment très bien passé, on était très à l’aise.

Vous n’avez pas changé vos méthodes de travail ?

Absolument pas ! Pourquoi ? C’est quelque chose qui ne nous traverse même pas l’esprit, on fait les choses comme ça, ça vient tout seul. Je pense que c’est une bonne chose de devoir travailler sous pression. On avait 6 semaines pour monter tout ça, avec Noël en plein milieu. J’avoue qu’au début on ne savait pas comment ça allait se passer. Mais on avait accumulé pas mal d’idées à travers les années… Tu sais il y a tous ces moments où tu trouves une mélodie, par exemple en plein milieu de la nuit ça te vient et tu te dis « oh, il faut absolument que je note ça. ». Donc heureusement pour nous, on avait tout un stock d’idées pour faire de nouveaux morceaux.

Tout le monde participe à l’écriture des morceaux ?

Oh, oui, absolument. Chacune avait ses idées, ses riffs à apporter.

Pourquoi avez-vous choisi Guilty As Sin comme titre pour cet album ?

C’est une chanson que j’ai écrite, et je trouve les paroles assez fun. J’accuse le diable dans ce morceau. A chaque fois que je fais quelque chose de mauvais ce n’est pas de ma faute, mais la sienne. Je trouve ça assez amusant au fond. Et puis, on n’est pas tous des anges, non ?

En ce qui concerne les parties de guitare, est-ce que tu travailles seule, ou avec Jackie Chambers ?

Généralement, Jackie ou moi arrive avec un riff, ou j’arrive avec un refrain et elle met un riff dessus. On fait ça ensemble, c’est une vraie collaboration. Mais en même temps, ça ne se passe pas toujours pareil. Par exemple pour Guilty As Sin elle m’a apporté plusieurs riffs, et je choisissais sur quoi je voulais travailler, pour voir ce qui fonctionnait vraiment. Et puis après tout je n’ai besoin que de 3 accords pour faire un refrain… Depuis toutes ces années je n’en utilise que 3 à chaque fois, mais ça fonctionne de toute façon ! (rires)

Il y a une reprise de « Staying Alive » des Bee Gees sur cet album, pourquoi ? Tu ne penses pas que c’est un peu perturbant pour vos fans ?

Si, mais il faut bien les secouer un petit peu, non ? Et pourquoi pas… C’est pareil pour moi, je n’arrive toujours pas à y croire (rires) ! Plus sérieusement, on a toujours enregistré des reprises, habituellement c’était plutôt des morceaux glam. Et sur Legacy, c’était « Metropolis », de Motorhead. Ce qui s’est passé cette fois-ci, c’est qu’aucune de nous n’arrivait à trouver un morceau à reprendre… Je ne trouvais pas, Enid et Jackie ne trouvaient pas non plus, ou en tout cas n’arrivaient pas à tomber d’accord. Notre manager est arrivé et a dit « Et « Staying Alive » alors ? », on lui a répondu « Quoi « Staying Alive », de quoi tu nous parles ? » Mais en fait je dois me confesser… j’adore le morceau original. A vrai dire j’ai été au cinéma voir le film. Bon, j’étais jeune mais j’aime toujours ce film. Par contre, je ne pensais pas une seconde reprendre une chanson des Bee Gees un jour… et d’ailleurs je tiens à dire que je n’ai aucun album des Bee Gees chez moi. On a réfléchi à la question et dans un premier temps, Jackie n’était vraiment pas emballée. Puis au fur et à mesure, on s’est dit qu’il y avait quelque chose de marrant là-dedans. Maintenant, je trouve que c’est vraiment la meilleure reprise qu’on ait pu faire, j’en suis très fière. Je pense que pour faire du rock, il ne faut pas trop se prendre au sérieux, en tout cas nous on se s’est jamais trop prises au sérieux !

Sur cet album, on perçoit beaucoup d’influences et notamment des influences plus punk sur des morceaux comme « Night Before » par exemple. D’où ça vient ?

Pour moi, Never Mind The Bollocks des Sex Pistols est probablement le meilleur album de rock de tous les temps. Et je dis rock, plutôt que punk. Je continue de l’écouter aujourd’hui. Bien sûr il y a aussi The Damned, ils sont une grande référence pour moi. D’ailleurs ils étaient sur une tournée avec Motörhead il y a quelques années, on avait joué avec eux. C’était incroyable. On a toujours aimé et eu un petit côté punk. J’adore aussi Siouxsie and The Banshees, c’est excellent. Mais évidemment j’aime aussi tout ce qui est Led Zeppelin ou Bowie. J’aime la musique, c’est tout.

Il y a un morceau sur cet album que tu aimes plus que les autres, ou avec une signification particulière ?

Alors, c’est vraiment compliqué parce que j’aime tout l’album (rires). J’aime vraiment « Awkward Position », c’est le morceau le plus provocateur de l’album. C’était vraiment chouette à écrire mais… je ne veux pas que ma mère entende ça. Je n’arrive pas à croire que je chante ces paroles aujourd’hui. On va dire que c’est un morceau à propos de tâches ménagères. Enfin, c’est ce que je vais dire à ma mère (rires). Mais j’aime aussi « Come The Revolution », « Take It Like a Band », et « Painful » que j’ai plus particulièrement écrit avec Jackie, j’aime beaucoup l’esprit de ce morceau.

Tu es fière de cet album si je comprends bien ?

Oui, complètement, je suis très contente ! En fait après Legacy qu’on trouvait très bon, on se demandait ce qu’on allait faire, comment on pourrait continuer sur cette lignée. Donc je suis vraiment heureuse qu’on ait attendu, qu’on ne se soit pas précipitées pour faire un nouvel album.

2015, guilty as sin, jackie chambers, kim macauliffe

Vous avez récemment fait une tournée américaine avec Crucified Barbara, comment ça s’est passé ? Tu connaissais déjà ce groupe ?

Oui, bien-sûr, je les avais déjà rencontrées avant, sur une tournée avec Motörhead. Lemmy est génial, comme on le sait, il a toujours beaucoup soutenu les groupes féminins, et il avait invité Crucified Barbara sur une tournée. En plus, je voulais les voir, et c’était il y a quelques années, 5 ans je dirais… Enfin je ne sais pas, comme je l’ai dit, je ne suis pas douée pour me repérer dans le temps (rires). Je me rappelais que je les avais trouvées géniales et c’est pour ça qu’on a décidé de les prendre sur notre propre tournée américaine. Elles sont douées… mais on n’avait pas réalisé à quel point. Au bout d’un moment on commençait à se dire, mon dieu, ces jeunes suédoises sont absolument fantastiques, elles jouent divinement bien… Et on doit jouer APRÈS elles ? (rires) Mais ça s’est très bien passé, on a voyagé toutes ensemble et on a appris à se connaître. Elles sont adorables. Ida (la bassiste de Crucified Barbara, ndlr) était enceinte, elle doit avoir accouché maintenant…

Oui, ça y est, d’ailleurs elle a posté une photo de son bébé sur internet.

Oh, vraiment ! C’est super, il faut absolument que j’aille voir ça. On a passé un mois ensemble, à tourner dans un mini-bus, le conducteur devant se demander qui étaient toutes ces folles à l’arrière.

Tu as commencé à jouer avec Girlschool dans les années 70, tu continues aujourd’hui. Quel regard portes-tu sur l’évolution de l’industrie de la musique ?

Tout a changé, c’est un monde complètement différent maintenant. Tout est différent et la principale différence c’est évidemment Internet. Maintenant tout le monde peut enregistrer quelque chose et le sortir, c’est très bien d’une certaine façon. Mais d’un autre côté, avant quand on était avec une maison de disque c’est elle qui nous lançait plus ou moins et on pouvait avoir une carrière. Ce qui était bien c’était de pouvoir sortir des albums avec les maisons de disques. Par exemple en 1980 quand on a sorti « Please Don’t Touch » avec Motörhead, on a vendu 250 000 copies et on était seulement n°5. Aujourd’hui il faut tout juste en vendre 10 000 pour être n°1, alors tu n’as qu’à voir. Ce n’est vraiment plus la même chose avec Internet. Si on pouvait vendre 1 000 albums aujourd’hui avec Guilty As Sin, j’en serais super fière. Mais d’un côté, tout ça permet aussi aux jeunes de sortir leurs morceaux et parfois de se faire connaître.

Vous allez venir jouer avec Motörhead à Paris le 15 novembre, qu’est-ce que ça représente pour toi après toutes ces années de continuer à jouer avec eux ?

Oui, ce sera d’ailleurs notre première date de la tournée. De base, je sais que ça va être génial parce qu’on va pouvoir passer du temps avec Lemmy à nouveau. Quand on était jeunes on avait l’habitude de traîner tous ensemble dans Londres. On pourrait continuer, mais Motörhead tourne toujours partout à travers le monde. Mais là on va pouvoir se retrouver, traîner, se poser, et boire du coca. Non je rigole ça ne va pas se passer comme ça… (rires) On est très heureuses de faire partie de cette tournée. On a fait la première partie de la tournée de l’album Overkill en 1979. Et être là pour la tournée des 40 ans de Motörhead, c’est quand même quelque chose.

Tu as un dernier message pour nos lecteurs ?

Venez nous voir à Paris le 15 novembre. En tout cas moi, j’y vais !



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