Insomnium – One for Sorrow

Insomnium fait partie de ces groupes dont je surveille toujours du coin de l’oreille les dernières productions.

Je préfère vous le dire tout de suite, je ne suis pas un grand fan de death/doom metal car cette musique a la fâcheuse tendance à provoquer chez moi un certain assoupissement.  Ceci dit, cela ne m’empêche pas d’apprécier la bonne musique…

Alors forcément, le nom du groupe en lui-même est plutôt prometteur par rapport à mes critères !
Depuis leur premier album In The Halls of Awaiting (2002), Insomnium parvient à mélanger avec succès  des aspects mélodiques et mélancoliques, avec une touche de brutalité bienvenue.
Si leur musique est plutôt lente (normal pour du doom me direz-vous !), elle reste néanmoins rythmée voir énergique par moment. Si on veut s’amuser à coller des étiquettes, on pourrait choisir également l’appellation death mélodique, voir doom/death mélodique/progressif…

Quoiqu’il en soit, nos finlandais de Joensuu ont fait du chemin depuis 1997 ! Deux démos, quatre albums chez Candlelight Record, sans compter les EP !

Insomnium 2011

L’album One for Sorrow débute avec un morceau très planant, « Inertia », basé sur une mélodie qui servira de véritable introduction à « Through the Shadows ». On aurait presque pu fusionner les deux morceaux pour en faire un seul. Le chanteur Niilo Sevänen alterne ici une voix gutturale dans la pure tradition du death metal avec un chant clair très mélodique.

« Song of the Blackest Bird » accélère le rythme dans un style proche d’Amon Amarth : voix virile, petites mélodies à la guitare et riffs lourds. Ce long morceau démontre toutefois la variété du style d’Insomnium, avec des passages complexes à la limite du métal progressif.

« Only One Who Waits » nous offre des riffs tout ce qu’il y a de plus heavy metal, avant de revenir rapidement à une ligne mélodique au synthétiseur  et des grognements mélancoliques qui nous rappelle que nous sommes bien encore dans les sombres forêts pluvieuses de Finlande. « Unsung » me rappelle une fois encore que la Suède d’Amon Amarth n’est décidemment pas très loin. Le morceau « Every Hour Wounds » nous empêche de sombrer dans l’apathie contemplative et relance la machine à toute vapeur.

« Decoherence » nous offre un répit instrumental où s’installe une douce ambiance automnale, qui doit certes être agréable au milieu d’un concert, mais, je l’avoue, me fait surtout davantage apprécier le retour aux choses sérieuses avec  « Lay the Ghost to Rest ». Quant à lui, « Regain the Fire » annonce le retour des mélanges voix death/voix claires.

L’album se conclut sur le morceau phare « One for Sorrow », qui résume à lui seul cet opus.

 

Insomnium 2011

L’enregistrement de l’album a eu lieu au printemps dernier, d’une part en Suède pour la partie guitares, et d’autre part en Finlande pour le reste. Pourtant, l’album est extrêmement cohérent et harmonieux. Les arrangements sont calculés au millimètre près et d’une manière générale, la qualité et le professionnalisme nordique est bien au rendez-vous.

Il n’y a aucun doute pour moi à ce sujet : cet album est très bien produit !

Il s’inscrit clairement dans la lignée des précédentes œuvres d’Insomnium. L’évolution est bien présente, mais plus dans la qualité d’interprétation que dans un changement de style. Je dirais que le groupe reste fidèle à lui-même, tout en taillant encore davantage le précieux joyeux qu’est leur musique. C’est peut-être d’ailleurs cette absence de réelle innovation qui modère mon ardeur pour cet album. Quand je réécoute leurs précédents opus, je ne trouve pas que sur le fond, il y ait un réel renouveau. Ceci dit, quand on fait bien quelque chose, pourquoi nécessairement changer ?

Musicalement, il s’agit donc d’une démonstration de compétences évidentes. Personnellement, j’ai hâte de voir Niilo Sevänen, Ville Friman, Ville Vänni et Markus Hirvonen devant moi sur une scène pour voir s’ils sont aussi bons en live qu’en studio. Malheureusement, cela ne sera pas pour tout de suite, car leur tournée européenne oublie la France (les plus mobiles et motivés d’entre vous pourront néanmoins les voir en Belgique le 16 novembre, en Suisse le lendemain ou en Allemagne pour la fin de la tournée jusqu’au 27).

Allez, pour vous motiver à aller rendre visite nos voisins, je vous mets une petite video…

 

« One for Sorrow » – sortie le 17 octobre 2011 chez Century Media

Tracklist :

Inertia (3:43)
Through the Shadows (4:31)
Song of the Blackest Bird (7:30)
Only One Who Waits (5:17)
Unsung (5:05)
Every Hour Wounds (5:25)
Decoherence (3:19)
Lay the Ghost to Rest (7:46)
Regain the Fire (4:27)
One for Sorrow (6:07)
 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements