Trivium – In Waves

In Waves : Le talent froid
 


Trivium, formation de metalcore américaine, vient de sortir son 5e album, In Waves. Fort d'une production claire et d'une certaine maturité d'écriture, le groupe a pondu un album agréable, mais qui pêche par le manque de personnalité des musiciens.

Trivium in waves


Trivium est un groupe qui sait comment mettre l'auditeur dans le bain. Sonorités aquatiques, synthé saturé et ambiance inquiétante, tels sont les éléments qui caractérisent l'intro d'In Waves, "Capsizing The Sea"... Avant de débouler sur un "In Waves" éructé par un Matt Heaffy bien énervé. Le décor est posé, les riffs, mélodies et tout ce qui va avec peuvent s'enchaîner.
 

Et au groupe de nous déverser son Metalcore toujours aussi enragé. Toutes guitares et voix grasse dehors, Trivium assène sans pitié ses riffs ravageurs et ne laisse que peu de répit à l'auditeur. Enervés comme jamais, les américains démontrent tout de même une maitrise parfaite de leurs instruments, et aux solistes de se faire plaisir dans leurs interventions souvent pertinentes, comme dans "Caustic Are The Ties That Bind" ou Forsake Not The Dream ", aux solos mélodiques et immédiats. Les riffs ne sont évidemment pas en reste, les missiles que sont "Watch The World Burn" et "Chaos Reigns" en témoignent.

Trivium in waves 4

Metalcore oblige et son envie de balance oblige, les passages mélodiques sont bel et bien présents. Le groupe n'hésite donc pas à adoucir, voir de sucrer certaines compos. Trivium, s'il ne se prend pas toujours les pieds dans le tapis, tombe parfois dans la surenchère de glucose inutile, comme dans le refrain assez éprouvant de "Drowning In Slow Motion". La faute aux lignes de chant banales et à des effets vocaux qui enfoncent le clou. Curieusement, le groupe s'en sort plutôt bien dans l'exercice de la ballade, et réussit son coup avec "All Of These Yesterdays". Ballade dans laquelle le groupe arrive à se montrer crédible sans faire de sensiblerie.

En termes de son, le groupe est résolument moderne. Avec ses guitares compréssées, sa batterie triggée et ses vocaux gutturaux saturées,In Waves possède toutes les caractéristiques des productions d'aujourd'hui. De quoi plaire aux djeuns avides de sensations fortes. C'est propre et clair, mais cela pose un certain problème. En effet, le groupe manque cruellement d'une identité sonore. Trivium sonne comme tout le monde, et joue comme tout le monde.

Trivium In Waves 2

C'est bien là le problème de Trivium. Le groupe a les ingrédients, mais il lui manque le tour de main qui fait la différence avec les autres. On se dit que, finalement, cet album, s'il est agréable, aurait pu sortir sous n'importe-quel emblème. C'est là le mal de bien des productions moderne. Un guitariste qu'on ne peut pas différencier d'un autre par la simple écoute, une voix gavée d'effets qui la dénaturent, et un son général qui se rapproche de plus en plus de la musique électronique.

Synthèse de tout ceci : la bonus track finale. Le groupe s'essaie à reprendre "Slave New World" de Sepultura. Le groupe connait son sujet, et reprend la chanson à l'identique. Résultat : On a droit à une copie conforme, mais applanie par un son devenu ordinaire et la personnalité des brésiliens en moins.

Trivium in waves 2

C'est là que se situe le fossé entre les bons et les grands. Et si Trivium a franchi un pas, il y a encore du boulot.

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NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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