Leprous au Divan du Monde (05.10.2015)

Leprous impose sa loi


Avec un quatrième album confirmant la mainmise des Norvégiens sur le métal progressif pour 2015, Leprous était attendu de pied ferme à Paris. Allaient-ils confirmer cette réussite sur scène, avec un personnel qui avait encore changé depuis la dernière tournée ?

 

 

Rendezvous Point
 


Pour ouvrir le bal, nous avions droit au side project de Baard Kolstad, manifestement orienté djent. A l’écoute, on pense particulièrement à Tesseract, à ceci près qu’avec un batteur comme Baard, l’intérêt est encore rehaussé. Les compositions ne sont certes pas vraiment originales, mais elles ont le mérite d’être accrocheuses et groovy.
 

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Les musiciens sont bons, particulièrement à la guitare et au clavier sans oublier la bassiste qui bat la pulsation comme il se doit. En fait, le seul point bancal du groupe est le chanteur. Pas vraiment charismatique, il peine à capter l’attention du public.
 

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Si on ajoute à cela que son chant n’est pas totalement convaincant, difficile de passer outre, d’autant plus que sa justesse et son cri sont perfectibles. L’aperçu qui est donné ici par les musiciens de leur premier album reste encourageant. Avec de la maturité et de l’expérience, ils pourraient bien aller loin.

Sphere
 


Avec Sphere, on tape dans un metal progressif beaucoup plus rentre dedans, avec des touches djent et core ici et là. Le chanteur se charge des hurlements avec brio, dans un registre qui rappelle Randy Blythe (Lamb of God), alors qu’un des guitariste fait les choeurs en chant clair. Encore une fois, bien que nettement plus fort, le son est plutôt bon pour une première partie. Même si leur musique est un poil moins élaborée que celle de Rendezvous Point, on sent que les musiciens ont beaucoup plus d’expérience de tournée, et ça se ressent dans la performance.
 

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Pour l’anecdote, on aura remarqué avec amusement que leur logo est fait de néons façon kebab du coin. Esthétiquement, c’est discutable, mais ça a le mérite de marquer les esprits. Les compositions sont ici vraiment linéaires. On est jamais vraiment surpris, et le groove n’est jamais complètement au rendez vous. En plus de cela, malgré la qualité du batteur, il fait pâle figure après le passage de Baard Kolstad. Mais soyons honnêtes, dans ce type de musique, la majeure partie des batteurs seraient dans le même cas, tant Baard est aujourd’hui au sommet de son art. L’énergie, la puissance est là, mais comment faire oublier qu’il y a Leprous après, surtout compte tenu de leur forme actuelle ?
 

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Leprous

 

Le début du concert est marqué par un son puissant et vraiment précis, un élément non négligeable pour apprécier le concert comme il se doit.  Le groupe est visiblement dans une forme impériale, même si on peut entendre qu’Einar Solberg a du mal sur les parties de chant les plus aigües, utilisant beaucoup sa voix de tête. En tout cas, les parties de clavier sont assurées avec brio.
 

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Encore une fois, c’est ici la performance de Baard Kolstad qui impressionne. Son jeu de batterie est méconnaissable par rapport à la tournée Coal en 2013. Il a aujourd’hui tout le groove, la puissance et la virtuosité pour figurer parmi les meilleurs batteurs de la scène metal, comme on peut le voir sur « Rewind ». Les autres musiciens ne sont pas en reste, notamment Tor, qui ne se contente plus de jouer de la guitare, mais chante aussi les chœurs depuis quelques années, et c’est typiquement ce genre de détails qui font la différence, d’autant plus que beaucoup des compositions de Leprous s’appuient sur les chœurs, comme la très dynamique « Third Law » ou l’étrange « Foe ».
 

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Malgré l’absence d’Oystein Landsverk qui était aux côtés de sa femme attendant un enfant, le groupe reste à un niveau d’exécution impressionnant, d’autant que son remplaçant est loin d’être en reste à la guitare. La setlist est concentrée sur The Congregation, sans réelle surprise, ce qui n’aura pas forcément plu aux amateurs des vieux albums de Leprous, notamment le premier qui n’a pas du tout  été joué ce soir là. Mais très honnêtement, les nouveaux morceaux sont tellement bien taillés pour les concerts qu’on y pense plus.
 

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Après un enchaînement magistral entre « Acquired Taste » et « Red », Leprous achève l’audience avec un « Forced Entry » toujours aussi joussif à entendre. Le groupe s’y révèle toujours aussi déchaîné qu’à leurs débuts, mais avec une maîtrise et une rage encore accrues. Alors que les dernières notes de l’unique solo de guitare de la soirée s’évanouissent, on se prend à se demander si les norvégiens arriveront à faire encore mieux, ou au moins aussi bien la prochaine fois. Seul l’avenir le dira.

Photos : Marjorie Coulin /  © 2015
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 



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