Edguy au Bataclan (19.10.2011)

Edguy, bon, comme d’habitude
 

Nos metalleux allemands reviennent dans la capitale, au Bataclan cette fois, pour défendre leur dernier album, Age Of The Joker. S’il n’a pas fait l’unanimité chez les critiques, les fans sont tout de même au rendez-vous pour apprécier la musique épique et accrocheuse de nos teutons qui ne démordent pas sur scène. Pour les accompagner, deux groupes : Kottak, formation punk-rock menée par l’actuel batteur de Scorpions, et Karelia, groupe français que les habitués des concerts de Scorpions ne manqueront pas de reconnaître.

Karelia

Ce sont donc les alsaciens Karelia, habitués des premières parties de Scorpions, qui ouvrent la soirée au Bataclan. Ils peuvent ainsi continuer la promo de leur tout dernier bébé, Golden Decadence. Au groupe de jouer entre titres nouveaux et reprises, et de diviser une fois de plus. En effet, la musique riche en samples des français est loin de faire l’unanimité. Et encore moins quand ils s’attaquent à un monument du rock comme « The Show Must Go On ». N’est pas Queen qui veut, et cette reprise à peine vitaminée a laissé bon nombre de spectateurs de marbre. Si l’envie et la technique étaient de leur côté, on pourra leur reprocher d’offrir des performances quelque peu poussives. Le passage ou Matt Kleiber se déguise en rappeur, pour offrir un rap de bas étage, mais critiquer cette musique derrière. Un discours en apparence un peu primaire et sectaire de la part d’un groupe qui semble se prendre plus au sérieux qu’il ne le devrait… Si les membres Karelia ont raison de profiter des opportunités qui leur sont offertes, on peut néanmoins se demander s’ils s’adressaient au bon public ce soir-là. Karelia souffrirait-il de sa gourmandise ?

Kottak Attack

Après un léger temps d’attente, c’est James Kottak et sa bande qui viennent faire le contraste avec Karelia. Après un metal samplé et pachydermique, place à un punk rock immédiat et énergique, dans la pur tradition américaine. Le batteur de Scorpions révèle donc ses talents de chanteur guitariste devant le public du Bataclan qui commence à se chauffer. Il faut dire que ça bouge sur scène ! L’ami Kottak n’est pas un grand chanteur et un guitariste, mais sait bien communiquer son énergie et fait preuve d’une grande générosité avec son public, que ce soit en humour ou en remerciements. Il a même rendu visite au public dans la fosse et fait chanter qui le voulait bien. Ses jeunes musiciens ne sont pas en reste, et la simplicité de leur musique leur permet de chauffer le public sans problème. Il ne manque pas non plus de mettre en avant sa participation à Scorpions, en reprenant le tube « Holiday », dans une version bien plus rapide. En n’essayant pas de coller au style de la chanson originale, Kottak montre bien qu’il a compris le principe de la reprise : s’approprier complètement un titre, quitte à changer son aspect. Ainsi, la comparaison avec l’originale n’a pas lieu d’être. Encore faut-il avoir la personnalité nécessaire. Si Kottak n’a pas brillé par sa technique ou son originalité, sa sincérité et son côté décalé ont permis de chauffer le public et de s’amuser avant de voir leur groupe tant attendu…

Kottak


Setlist :

World War Love
Do You Want To Play?
Let’s Do It Tonite
So Disconnected
Scream With Me
Solo de batterie
You’re Not Sorry
Do It Big
Holiday (reprise de Scorpions)
Time To Say Goodbye
Rock & Roll Forever


EDGUY

C’est maintenant au tour de nos teutons d’Edguy de venir confirmer leur talent de performers live. Force est de constater que, si la qualité de leurs albums a tendance à décroitre, leur maîtrise de la scène est toujours totale. A grands coups de grimaces et de chorégraphies improbables, nos 5 lurons s’amusent comme des petits fous sur scène, et ce sans que cela n’entrave leur professionnalisme. La machine Edguy, carrée et bien huilée, ronronne toujours aussi bien.

Et ce n’est pas leur irremplaçable frontman, Tobias Sammet, qui montrera le contraire. Malgré sa santé un peu fragile ce soir (des taches de vin étaient visibles sur son visage), et certaines des dates précédentes annulées, Tobias n’a pas retenu sa voix, et s’est débrouillé comme un chef tout le long du concert. Mais Tobi ne serait pas Tobi sans ses pitreries habituelles, qu’il n’a pas manqué de lancer. Qu’il s’agisse de blagues sur Manowar ou d’humour dont il a le secret, le leader du groupe a su ponctuer la soirée de blagues qui ont fait mouche. Sa facilité à se mettre le public dans la poche en un claquement de doigts est toujours aussi déconcertante, et ses fans étaient à sa botte tout le long de la soirée.

Tobias Sammet, Edguy, Paris 2011

Côté ambiance, le public était bouillant. Entre chants et headbang à profusion, pas un instant de répit n’était réservé au groupe. Dans la pure tradition française, la célèbre « Marche des gendarmes » a été entonnée, sous les sourires des musiciens, visiblement heureux que ce vieux délire soit toujours d’actualité dans nos vertes contrées. Une preuve de plus que la communion avec le public était totale.

Côté setlist, tournée promotionnelle oblige, le dernier-né d’Edguy, Age Of The Joker, était bien mis en avant, avec pas moins de 6 titres interprétés, soit une petite moitié de la setlist. Si l’album en a laissé plusieurs de marbre, force est de constater que les nouveaux titres passent plutôt bien l’épreuve du live. Mais que les nostalgiques se rassurent, les classiques étaient aussi de la partie. Au groupe de ressortir les éternels « Tears Of A Mandrake », « Lavatory Love Machine » et « Vain Glory Opera ». De ce côté, on peut pointer la prise de risque inexistante, et on aurait aimé que le groupe ressorte quelques raretés des tiroirs, comme cela avait été le cas avec « Pharaoh » et « Until We Rise Again » lors de la précédente tournée.

Jens Ludwig Tobias Exxel, Edguy, Paris 2011

Malgré cela, Tobi a réservé une surprise au public, en interprétant « Superheroes » du haut d’une sorte de monte-charge au fond de la salle. Il a donc pu s’approcher des gradins, pour le plus grand bonheur des fans qui s’étaient tenus jusque-là éloignés du feu de l’action. Une curiosité qui peut présager d’une inclusion de plus d’éléments de show de ce type dans les tournées futures. Cela permettrait de casser la routine de l’éternel « Drum Solo », passage qui semble obligé à chaque concert d’Edguy, et qui a la manie de faire retomber l’ambiance. Une habitude que le groupe ferait bien de perdre.

Une fois de plus, Edguy a su se montrer à la hauteur sur scène. Bonne performance et bonhomie des ménestrels étaient présentes. On espère cependant que le groupe saura se renouveler à l’avenir sur scène, afin d’éviter qu’une frange de son public ne se lasse.

Tobi Jens, Edguy, Paris 2011

Setlist :

Nobody’s Hero
The Arcane Guild
Tears of a Mandrake
Pandora’s Box
Rock of Cashel
Lavatory Love Machine
Behind the Gates to Midnight World
Superheroes
Robin Hood
Solo de batterie
Ministry of Saints
Vain Glory Opera

Rappel :

Land of the Miracle
King of Fools

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Photos : © 2011 Nidhal Marzouk  / Yog Photography
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 



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