Hammerfall au Bataclan (05.11.2011)

Hammerfall infecte le Bataclan
 

2 ans après leur passage à l’Elysée Montmartre, les suédois reviennent dans la capitale pour défendre leur dernier opus, Infected. Accompagnés par 3 autres groupes, la bande d’Oskar Dronjak a su proposer une affiche éclectique. Les festivités sont ouvertes par Death Destruction, formation de Göteborg.

Death Destruction

Le Death mélodique et Metalcore sont à la mode. Voilà qui n’a pas échappé à Hammerfall, qui a eu l’idée d’amener un groupe de djeuns avec eux en tournée, dans le probable espoir d’amener quelques amateurs. Mais le problème des groupes à la mode, c’est qu’ils se contentent souvent de simplement suivre leurs ainés. C’est le cas de Death Destruction, qui clone le In Flames récent. Si les rythmiques sont propices au headbang et qu’on peut être séduit par l’énergie que le groupe dégage, le soufflé retombe bien vite et les limites du groupe sont rapidement audibles. Si quelques têtes ont remué, peu ont réellement vibré. L’inspiration viendra peut-être avec la maturité.

Death Destruction

Amaranthe
 

Après la demi-heure réglementaire des suédois, c’est au tour de leurs compatriotes d’Amaranthe d’entrer sur scène. Ils avaient déjà ouvert pour Kamelot à Paris cet été, et comptent bien profiter de leur statut de « groupe qui monte » pour séduire un peu plus le public français. Ce groupe a la particularité d’avoir trois chanteurs : un aux growl, un au chant clair, et une chanteuse. Ils font le pari risqué d’inclure une dose peu raisonnable de pop dans leur metal, qui se ressent notamment au chant, avec notre duo de chanteurs « gentils », qui ne manquent pas d’entonner leurs refrains sucrés. Si le groupe a un public non négligeable, le trop-plein de glucose agace nombre de fans de guitares agressives. De plus, l’attitude des chanteurs clichée au possible porte atteinte à la  crédibilité de leur musique. Une chose est sûre, Amaranthe ne laisse pas indifférent. Un groupe à surveiller pour les amateurs de barbe-à-papa.

Amaranthe

Setlist :

Leave Everything Behind
Enter The Maze
1.000.000 Lightyears
Automatic
Call Out My Name
It’s All About Me (Rain)
Serendipity
Hunger

Vicious Rumors
 

Seul groupe non suédois de la soirée, Vicious Rumors est un groupe de metal old-school qui vient tout droit des Etats-Unis. Ils remplacent Riot, qui n’a pas pu assurer la tournée avec HammerFall à cause d’un chanteur malade. Malgré ces circonstances, le groupe assure son Heavy Metal avec conviction et esprit conquérant. Le chanteur Brian Allen semble parfaitement à l’aise dans son rôle, alors qu’il n’est dans le groupe que depuis 2 ans. Il interprète ses lignes de chant avec rage, et harangue la foule comme personne. Il fera même un slam en fin de set. Devant une telle énergie déployée, le public ne pouvait qu’accueillir ce groupe avec enthousiasme. Entre les chansons, le leader Geoff Thorpe à la guitare n’hésite pas à intervenir au micro pour présenter sa bande et ses chansons. De ce côté, on est dans un Heavy Metal des plus traditionnels, mais très efficaces, qui fait lever le poing et headbanguer comme il se doit. Les refrains sont facilement mémorisables, en particulier celui de « Soldiers Of The Night », titre issu du premier album, du même nom. Un groupe qui a probablement gagné des fans ce soir-là, et qui pourrait bien retourner en Europe.

Vicious Rumors

Setlist :

Don’t Wait For Me
Digital Dictator
Minute To Kill
Murderball
Lady Took a Chance
Abandoned
Let the Garden Burn
Hellraiser
Soldiers of the Night

HAMMERFALL

 

Après ce festival de groupes d’ouverture, place aux templiers suédois, prêts à montrer que le temps n’a pas encore eu d’emprise sur eux. C’est dans un décor assez riche, avec estrade dotée d’un écran en façade, backdrop chevaleresque et lights travaillé qu’HammerFall va déployer toute son énergie pendant 1h30.

L’entrée en matière se fait de manière classique sur la chanson d’ouverture de leur dernier album, « Patient Zero », mid-tempo oppressant et implacable. Les 18 chansons suivantes balayeront l’ensemble de la carrière du groupe, en occultant un seul album, Threshold (2006). Un set relativement varié, avec du tube (« Let The Hammer Fall », « Hearts on Fire »), de la nouveauté (« Dia De Los Muertos », « Let’s Get It On ») et de l’épique par palettes de douze. Le choix de la setlist est simplement expliqué par Joakim Cans : il a décidé d’inclure les chansons les plus téléchargées légalement, afin de contenter le plus de monde possible.

C’est la preuve d’un groupe proche de ses fans, très communicatif, avec un frontman qui a la langue bien pendue, et des musiciens qui n’hésitent pas à jouer avec le public en le chauffant à bloc. Le plaisir de la scène est donc bien présent, les membres s’amusent comme des fous, s’échangent sourires et plaisanteries, sans que la prestation musicale ne soit laissée de côté.

Le public n’est évidemment pas aveugle face à ce spectacle proposé, et se montre tout à fait réactif en reprenant refrains et mélodies, des anciennes et des nouvelles compos. Et il n’hésitera pas non plus à suivre l’injonction « Bang your head ! » de Joakim, qui introduit l’efficace « B.Y.H. » du dernier album par une tranche de vie sympathique sur sa découverte du Metal. Si le public d’HammerFall prend de l’âge, il a la nuque encore active et nerveuse.

Ceux qui ont été au Hellfest cet été ont déjà pu avoir un aperçu de ce qu’HammerFall est capable d’offrir sur scène. Les voir en tête d’affiche ne fait que confirmer ce sentiment, celui d’un groupe très à l’aise en concert, qui ne recherche pas la démonstration technique superflue, mais l’efficacité. Le chanteur plaisantera d’ailleurs dessus : « Vous voulez un solo d’Oskar Dronjak ? OK, mais on va devoir retirer Hearts On Fire de la setlist ! »

Mais l’absence de ce type d’exhibition n’empêche pas au groupe d’être parfaitement en place et d’offrir une prestation appliquée et énergique. Les chansons studio sont parfaitement restituées en live, que ce soient les chœurs guerriers de « Steel Meets Steel » ou encore le dépouillement inhabituel de « One More Time ».

Le son est également de la partie, clair mais massif, afin de rendre au mieux toute la puissance des compositions d’HammerFall. On notera tout de même certaines imprécisions en fin de set, avec des basses un peu trop mises en avant qui fera perdre un peu de mordant à des classiques comme « Legacy Of Kings » par exemple. Mais on n’est loin de la gamelle, tout restera limpide.

Après un album frais et tourné vers l’avenir, HammerFall montre qu’il sait le défendre sur scène, sans pour autant oublier son héritage (des rois). Proche de ses fans comme jamais, le groupe montre qu’il allie sans problème sincérité et talent, pour le plus grand bonheur des chevelus qui se déplacent pour eux.

HammerFall

Setlist :

Patient Zero
Heeding the Call
Any Means Necessary
B.Y.H.
Blood Bound
Let’s Get It On
Last Man Standing
Renegade
Always Will Be
Dia De Los Muertos
Riders of the Storm
Steel Meets Steel
Legacy of Kings
Let the Hammer Fall
The Dragon Lies Bleeding
The Templar Flame

Rappel :

Glory to the Brave
One More Time
Hearts on Fire

Pour accéder à toute la galerie photo de ce concert, visitez :
http://www.yog-photography.com

Photos : © 2011 Nidhal Marzouk  / Yog Photography
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
 



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