Therion (+ Luciferian Light Orchestra, Ego Fall et Imperial Age) au Trabendo (18.01.2016)

Therion aime la France et la France le rend bien au combo. Pas de nouveautés du côté des Suédois mais une envie de retrouver le public au travers d’une tournée best-of et aussi l’occasion pour Christopher Johnnson de présenter Luciferian Light Orchestra au public. Pour l’occasion, ce sont les Russes d’Imperial Age et les Mongols d’Ego Fall qui ouvrent la partie.

 

Imperial Age
 

Il est 18h15 quand Imperial Age prend place sur la scène du la scène du Trabendo devant un parterre assez clairsemé pour le moment au vu de l’heure. La formation Russe a pour particularité d’être signé sur le label de Christopher Johnnson depuis la sortie de son second opus, Warrior Race. Emmené par Alexander Osipov (claviers, chant), Imperial Age est à l’origine un one-man band qui s’est maintenant transformé en véritable formation dont le chant se scinde entre la voix principale d’Alexandra Sidorova et celles d’Alexander Osipov et de Jane Odintsova sur les refrains.


Le combo entre en scène avec le titre éponyme de son premier album, Turn The Sun Off, puis « Death Guard » du même album avant de nous proposer des titres de son dernier opus, notamment « Anthem Of Valour » ou « Aryavarta ». Musicalement, les Russes n’inventent rien et on sent que Therion a bercé Alexander Osipov mais il y a pire que de s’inspirer des Suédois. Le son est un peu brouillon notamment lorsque les trois voix se mélangent et c’est dommage parce que ce sont les parties les plus intéressantes.


Au final, une prestation relativement convaincante d’Imperial Age qui avec plus de dates et d’habitudes de scène pourra prétendre à une place sur l’échiquier du metal symphonique.
 

Ego Fall


Changement total d’ambiance pour le groupe suivant puisque débarque les Mongols d’Ego Fall. Le set commence avec un long morceau joué avec un instrument oriental à deux cordes et par les incantations d’un des guitaristes de la formation. Une entrée en matière bien trompeuse quand on se rend compte ensuite que le groupe nous balance un bon gros metalcore teinté de death mélodique supporté par des passages orientaux sur les bandes.

Ca décoiffe et a de quoi surprendre le public qui peut se demander ce que fait ce groupe sur l’affiche. Et effectivement on peut se poser la question mais au final la curiosité et la qualité des compos font qu’Ego Fall a gagné sa place sur cette tournée. Avec un anglais très marqué, le chanteur nous annonce que c’est la première que lui et ses camarades posent le pied sur le sol français.

On sent les compères ultra heureux d’être là, de pouvoir voyager hors de leur pays grâce à cette tournée et l’opportunité offerte par Therion. Le public réagit plutôt bien aux appels à taper dans les mains du chanteur qui possède un micro – et des dreads – que n’aurait pas reniés Tomi Joutsen (Amorphis). Musicalement, les morceaux se suivent et ont tendance à fortement se ressembler mais avec un temps de jeu relativement limité, cela passe comme une lettre à la Poste.


Luciferian Light Ochestra


Luciferian Light Orchestra est le nouveau side-project de Christopher Johnnson qui a la particularité d’offrir le poste de chanteuse  sur la tournée à … sa femme ! Véritable succès auprès des différents webzines du monde – et un 9/10 de la part de La Grosse Radio, c’est avec beaucoup d’appréhension que nous attendons cette prestation. Sur scène, les quatre musiciens sont grimés un petit peu comme des participants au carnaval de Venise tandis que Mina Karadzic est-elle au naturel.

LLO est un side-project aux relents seventies qui se compose de titres n’ayant pas été retenus pour Therion, ce qui prouve le talent extraordinaire de composition du leader de la formation Suédoise. Etant relativement calme, les titres ne provoquent pas la furie dans l’audience mais on sent qu’une bonne partie du public du Trabendo a déjà au moins jeté une oreille sur ce premier opus éponyme. Tout est carré surtout avec un son aux petits oignons, malheureusement Mina Karadzic a des soucis avec sa voix, c’est clairement faux par moment, dommage.

Therion


Un concert de Therion, ça ne se rate définitivement pas surtout quand c’est dans un lieu intimiste comme le Trabendo. Il est 20h45 quand le combo prend place sur la scène au son de « 2001: A Space Odyssey » avant de prendre tout le monde par les sentiments en jouant quatre titres de Secret Of The Runes d’affilés ! « Ginnungagap » ouvre le bal suivi par « Schwarzalbenheim » qui permet de mettre en avant la maîtrise vocale d’un Thomas Vikström toujours aussi impressionnant. Pour cette tournée, les parties féminines sont interprétées par Linnea Vikström (fille de Thomas) et la petite nouvelle, Chiara Malvestiti – qui aura d’ailleurs sa place dans l’Opera Rock que nous prépare le sieur Johnnson. Chiara Malvestiti remplace donc Lori Lewis de manière définitive et on peut dire qu’elle possède tous les atouts vocaux nécessaires même si personne ne remplacera totalement Lori Lewis.

Pour cette tournée, Linnea Vikström ne fait pas dans le discret avec sa chevelure rose. On la sent aussi très joueuse que ce soit avec le public mais aussi avec ses compères scénique et notamment l’imposant bassiste Nalle Påhlsson.


Véritable tournée best-of en attendant la sortie de l’Opera Rock (aux dernières nouvelles, prévu pour cette année 2016), nous avons donc la chance de voir Therion piocher dans quasiment toute sa discographie avec « Melek Taus » issu de Sirius B et « The Beauty In Black » venant de Lepaca Kliffoth. La plus grande surprise de cette setlist nous vient du titre « Black Fairy » (de A’arab Zaraq – Lucid Dreaming) que Thomas Vikström nous explique quémander auprès de Christopher Johnnson depuis son arrivé dans le groupe en 2007, c’est avec joie que ce dernier a accédé à la requête du géant Vikström pour offrir aux fans un morceau seulement joué depuis fin 2015.

Qui dit tournée best-of dit forcément des titres incontournables. Ainsi, Therion nous offre « Invocation Of Naamah » puis « Cults Of The Shadow » avant que Linnea Vikström prenne la parole  pour nous raconteur son bonheur d’être en tournée avec son père et d’annoncer que les deux vont donc nous interpréter « The Siren Of The Woods » en duo. Un très beau moment pour une chanson incontournable de la carrière de Therion.

En promenant le regard dans la fosse du Trabendo on peut se rendre compte à quel point Therion est un groupe fédérateur de quasi toutes les générations. On voit des fans inconditionnels de metal symphonique comme des vestes à patchs et un public plus jeune qui navigue entre plusieurs eaux, c’est la force de Therion et cela fait extrêmement plaisir à voir.

Les titres défilent entre grand classique (« Wine Of Aluqah », « Draconian Trilogy ») et titres plus récents dont « Kings Of Edom » ou « The Dreams Of Swedenborg ». Mais ceux qu’attendent avec impatience le public parisien ce soir sont ceux issus de Les Fleurs du Mal avec ce soir « Mon Amour, Mon Ami » à l’origine de Marie Laforêt et une petite surprise lors du rappel, nous allons en reparler.

Après plus de quatre-vingt-dix minutes sur scène, Therion entame « Son Of The Staves Of Time » qui clôt le set. Un set bien entendu pas terminé puisque les sept membres reviennent pour nous interpréter « Rise Of Sodom And Gomorrah » et un titre que le public attend et scande même à de nombreuses reprises lors des moments calmes : « Les Sucettes ». Et oui car lors du dernier passage parisien, le public avait réclamé ce titre et Thomas Vikström avait annoncé qu’il serait joué la prochaine fois. Chose promise, chose due et c’est donc tout le public qui entame la reprise de France Gall pendant que Linnea Vikström distribue des sucettes de forme phallique aux demoiselles du premier rang.

Un set de Therion ne peut que se terminer qu’à partir du moment où « To Mega Therion » a été offert au public et ce sera le cas encore ce soir. Hymne du combo, « To Mega Therion » n’est pas le meilleur titre mais il est impossible de passer outre le vent de folie distribué par le public.

Cette tournée best-of est une idée formidable pour faire patienter l’Opera Rock attendu par les fans du monde entier. Merci Therion, c’était génial !

Setlist:
2001: A Space Odyssey
Ginnungagap
Schwarzalbenheim
Nifelheim
Vanaheim
Melek Taus
The Beauty in Black
Invocation of Naamah
Cults of the Shadow
The Siren of the Woods
Wine of Aluqah
Draconian Trilogy (Part 2: Morning Star; Part 3: Black Diamonds)
Black Fairy
Mon amour, mon ami (Marie Laforêt cover)
Kings of Edom
The Dreams of Swedenborg
Lemuria
The Invincible
Son of the Staves of Time
Encore:
The Rise of Sodom and Gomorrah
Les Sucettes (France Gall cover)
To Mega Therion

Photos : © 2016 Arnaud Dionisio / Anantaphoto
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe



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