Orphaned Land à  Vauréal (18.11.2011)

Orphaned Land passe le « shalom » à Vauréal

Après une fructueuse tournée européenne l’année dernière, Orphaned Land revient à la charge, accompagné de deux autres groupes à tendance orientale, Arkan et Myrath, et un groupe de hardcore français, Artweg. Forts d’une bonne humeur communicative, nos 4 groupes ont fait le bonheur des fans de metal présents dans le Val d’Oise pour assister à la première tournée de metal oriental.

Artweg

Groupe de hardcore parisien, Artweg fait quelque peu figure d’outsider dans cette tournée. Pourtant, leurs compos groovy à souhait n’ont pas déplu et ont permis une bonne entrée en matière pour la soirée. Les chanteurs Mugen et Akonit s’en sont donnés à cœur joie pour chauffer la foule, ce qui a plutôt fonctionné. Si tout le public n’était pas à fond, l’ambiance était bon enfant sur l’ensemble du set du groupe. Artweg montre qu’il a su se faire une place, malgré sa musique très différente des autres groupes du Tour To Or-Shalem.

Artweg

MYRATH


by Ju de Melon

Le second groupe à monter sur scène est donc le tant attendu Myrath, formation tunisienne de metal progressif oriental qui a su très sympathiquement nous étonner avec son nouvel album Tales of the Sands récemment sorti chez XIII Bis Records. Une véritable douceur arabisante pour nos oreilles, nos yeux allaient-ils connaître le même bonheur ?

Sans suspense aucun, la réponse est oui. Certains s’attendaient pourtant à du clone de Symphony X avec des effets orientalisants, ils en ont eu pour leur argent car le combo tunisien sait dégager sa personnalité au fur et à mesure que le show avance. Façon diésel, un peu à l’image de son chanteur Zaher Zorgati assez timide au début et qui d’un seul coup se lâche en milieu de set sur un « Under Siege » qui met le feu aux poudres. Puisqu’on parle du frontman, on n’a eu à dénoter aucune fausse note et un chant maîtrisé du début à la fin dans un style où pourtant la précision est de rigueur. Les refrains tous aussi accrocheurs les uns que les autres en studio ont eu un rendu quasi similaire sur scène, ceci aussi grâce aux choeurs du claviériste Elyes Bouchoucha très convaincants à ce niveau.

Techniquement donc, rien à redire. Avec bien sûr on se doit d’effectuer un énorme focus sur un bassiste plutôt ahurissant, le dénommé Anis Jouini, hors pair sur sa 6-cordes de l’enfer et explosif de ses doigts d’acier – citons d’ailleurs cette démonstration sur l’intro de « Wide Shut », étonnante de facilité, parfait exemple de ce dont est capable le bonhomme. Derrière les fûts, nous retrouvions non pas Piwee Desfray (retenu avec son autre groupe Heavenly pour une date dans le sud) mais Morgan Berthet qui semble s’être fait sans grand mal une petite place au soleil. Nous avons déjà parlé d’Elyes en tant que choriste, rien à redire sur sa prestation derrière le clavier, quant à Malek Ben Arbia c’est tout en force tranquille tel un Michael Romeo du désert qu’il nous a distillé ses riffs et soli gorgés de puissance et de précision. Rien que sur le plan mise en place et scénique, on sent déjà que Myrath ira loin.

Niveau chansons jouées : aucune surprise. Part belle fut offerte aux chansons du dernier opus, toutes réussies par ailleurs et donnant envie à ceux n’ayant pas encore écouté l’album de se ruer dessus. Seule « Madness », issue de Desert Call, viendra jouer les troubles fêtes pour un moment cependant explosif ; de quoi chauffer à blanc une foule très vite acquise à la cause du quintet tunisien. Instantanément, les « Myrath, Myrath » fusent, et le show se termine sur les chapeaux de roue avec « Beyond the Stars » qui voit la réapparition remarquée de Erin, ravissante danseuse du ventre, qui était déjà venue sur « Tales of the Sands », le tout avant une ovation finale à n’en plus finir.

« Mais on est chez nous ? » s’est écrié Zaher, visiblement agréablement surpris par l’acceuil du Forum. Peut-être bien que les petits gars de Myrath se sentiront bientôt chez eux n’importe où, si le monde s’ouvre à eux comme ils le méritent amplement. 

Myrath

Setlist :

Sour Sigh
Braving the Seas
Merciless Times
Under Siege
Wide Shut
Tales of the Sands
Madness
Beyond the Stars


ARKAN

Venus présenter Hilal en mai 2010 en ouvrant pour Orphaned Land, voilà le groupe de death metal oriental qui revient à la charge. Cette fois, les parisiens reviennent pour présenter Salam, sorti cette année chez Season of Mist. Les membres d’Arkan maîtrisent de mieux en mieux la scène, et captivent très bien le public, aussi bien avec les titres du nouvel album (en écrasante majorité ce soir), qu’avec les perles comme « Tied Fates » ou « Groans Of The Abyss », issus de leur premier disque. La musique sombre du groupe ne semble pas effrayer les fans d’Orphaned Land, qui en redemandent avidement. Le groupe a volontairement adouci sa setlist pour mieux plaire au public nouveau, ce qui fonctionne à merveille.

Pour son passage en région parisienne, ils ont réservé une petite surprise aux fans, en invitant Kobi Fahri d’Orphaned Land sur scène, pour interpréter « Deus Vult », titre de Salam dans lequel il prête sa voix. On remarque que cette chanson passe tout à fait l’épreuve du live, et que le trio vocal SarahKobiFlorent fonctionne à merveille. Depuis le départ d’Abder, notre chanteuse prend bien plus de présence sur scène. Une évolution scénique qui va de paire avec ce qui se passe en studio.

Le plaisir de jouer est total, en témoigne la banane sur le visage de chaque membre. Foued, le batteur et membre fondateur d’Arkan, invitera même son fils sur scène, ce qui provoquera l’émotion d’une bonne partie du public. Un peu de douceur ne fait pas de mal au milieu de ces growls et riffs enragés.

Forts d’une présence scénique en constante amélioration et de titres toujours bien adaptés, Arkan devient de plus en plus une valeur sûre dans le paysage du metal français. Ceux qui les ont manqué sur cette tournée pourront les retrouver en ouverture d’Arch Enemy, pour encore plus de death metal !

Arkan

Setlist :

Origins
Tied Fates
Innerslaves
Deus Vult (avec Kobi Fahri)
Groans of the Abyss
Beyond Sacred Rules
Salam

ORPHANED LAND

Place maintenant au clou de la soirée, Orphaned Land, qui s’est définitivement rodé en live, après avoir passé le plus clair de son temps sur les planches depuis la sortie de The Neverending Way Of the ORwarriOR. Forts d’une actualité nouvelle avec la sortie de leur tout dernier DVD live, The Road to Or Shalem, le groupe a su attirer les foules et proposer un show légèrement différent par rapport à leur passage en mai.

Le backdrop représentant la pochette du dernier album est cette fois remplacé par un écran sur lequel sont projetés extraits de clips et images d’ambiances bien choisies pour coller aux chansons. Est également invitée la danseuse orientale Johanna Fakhri, qui, malgré les vagues qu’elle a fait au Hellfest, ne perd pas de sa superbe et continue de séduire les chevelus amateurs de metal oriental.

Le public est d’ailleurs sous le charme de la musique envoutante du groupe. Plus réactifs que jamais, les fans reprennent les refrains à tue-tête, sautent, dansent, et applaudissent de plus en plus fort. Kobi Fahri, frontman toujours aussi charismatique, n’est d’ailleurs pas avare en remerciements et félicitations.

Son déguisement de Jésus n’adoucit pas sa voix pour autant. Il alterne growls et chant clair toujours aussi bien, et, si la technique n’est pas son point fort, il sait se montrer juste et passer les émotions qu’il faut sans en faire des caisses. Zaher, frontman de Myrath, viendra lui prêter main-forte sur l’épique « The Path part 1 – Treading through Darkness ». Une surprise qui témoigne de la bonne ambiance qui règne sur cette tournée.

« Les politiciens devraient prendre exemple sur nous, lance Kobi, nous sommes de trois confessions différentes et nous nous entendons à merveille dans notre bus ». Les groupes peuvent se réjouir de l’exemple qu’ils montrent. Car à travers leur musique cosmopolite, c’est un véritable message de paix qui est lancé. Le nom de la tournée est équivoque : La tournée pour la paix (The tour to Or Shalem). Orphaned Land arrive à faire passer son message non seulement à travers son set, mais aussi à travers la tournée en elle-même.

Côté set, le petit dernier du groupe est évidemment dominant, avec les désormais classiques « Sapari » et « Barakah ». Le groupe s’est permis d’ajouter d’autres titres, comme « From Broken Vessels » ou « Vayehi Or », qui changent par rapport à leur dernier passage en région parisienne. Mabool est aussi à l’honneur avec « Halo Dies », fraichement inclus. Les classiques « Birth Of The Three » et « Norra El Norra » ne sont bien sûr pas oubliés. Deux titres des deux premiers albums sont présents pour les vieux de la vieille, qui s’émeuvent sur « The beloved’s Cry » ou entrent en transe avec « The Never Ending Way ».

Ce n’est plus une surprise, la maîtrise des musiciens est au poil. La section rythmique est bien assurée par Matti Svatizki, qui balance ses riffs typiquement orientaux avec passion et application. Uri Zelha montre qu’il sait maltraiter sa basse sans malmener les compos, et le dernier arrivé, Matan Shmueli, n’a désormais plus à montrer sa maîtrise de la batterie. Petite surprise pour ceux qui n’ont pas vu le DVD, notre batteur soutient Kobi avec des growls bien sentis. Un aspect qui sera développé plus tard ?

Mais le musicien le plus spectaculaire reste l’éternel Yossi Sassi. Avec son son de guitare immédiatement reconnaissable, situé quelque part entre l’Orient et l’Occident, il arrive à faire passer toutes ses émotions à travers de magnifiques solos, comme sur « The Warrior » ou « In Thy Never Ending Way (Epilogue) ». Mais son talent ne s’arrête pas là ! Notre guitar hero israélien manie également le bouzouki, qui sera mis à contribution sur « El Meod Na’Ala », titre de El Norra Allila remanié pour le live. Avec un tel talent, on ne peut qu’être impatient face à la sortie prochaine de son premier album solo.

Une fois de plus, Orphaned Land n’a définitivement plus à prouver sa maîtrise de la scène. Avec une musique qui sert leur message pacifique, on ne peut que penser que le groupe est sur la bonne voie pour réunir les mélomanes de différents horizons. L’avenir leur appartient.

Kobi

Setlist :

Halo Dies (The Wrath of God)
Birth of the Three (The Unification)
Olat Ha’tamid
The Kiss of Babylon (The Sins)
A Neverending Way
Barakah
Sapari
From Broken Vessels
Ocean Land (The Revelation)
The Path (Part 1) – Treading Through Darkness (avec Zaher de Myrath)
Vayehi Or
The Warrior
El Meod Na’Ala
In Thy Neverending Way (Epilogue)

Rappel :

The Beloved’s Cry (avec Kobi et Yossi seulement)
The Storm Still Rages Inside (avec Kobi et Yossi seulement)
Norra el Norra (Entering the Ark)
Ornaments of Gold (Outro)

Pour accéder à toute la galerie photo de ce concert, visitez :
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Photos : © 2011 Nidhal Marzouk  / Yog Photography
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
 



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