Haunting the Chapel Festival 2016 : Jour 1 (Samael + guests)

Comme tous les ans en Lorraine, le premier gros rendez-vous de l’année nous attend le dernier week-end de janvier avec le Haunting The Chapel festival, organisé par Damage Done Production dans la superbe chapelle des Trinitaires à Metz. Après avoir accueilli l’an dernier Asphyx et Caliban en tête d’affiche, l’édition 2016 se tourne vers le black et le thrash avec notamment Samael en tête d’affiche de ce premier jour. Une soirée placée sous le signe de l’éclectisme qui n’aura pas déçu les amateurs venus parfois de très loin pour admirer les Suisses.

Wheelfall

Avec son dernier disque Glasrew Point, Wheelfall a été l’une des sensations de 2015 dans le petit monde du metal français. Autant dire que le set des Nancéiens en ouverture du Haunting The Chapel était attendu de pied ferme, au moins par votre serviteur. La salle est encore quasiment vide quand le groupe commence, ce qui ne l’empêche pas d’envoyer d’entrée son post-hardcore très lourd teinté de sludge et de doom.

En plus d’avoir probablement le meilleur son de la soirée, Wheelfall en profite pour lâcher à intervalles régulier des volutes de fumée épaisse, enfumant une bonne moitié de la salle. Au niveau du mix, c’est surtout la section rythmique qui tire son épingle du jeu en poussant les fréquences de basses jusqu’à la saturation.

Wheelfall, les trinitaires, metz, 2016

Malheureusement pour Florian, sa guitare sera le seul instrument difficilement audible dans le mix, malgré la pedal board bien remplie à ses pieds. Musicalement, Wheelfall fait parler la poudre par des passages plutôt racés sludge/post-hardcore, alternant avec des interludes plus aériens, dans la tradition doom. Avec la fumée remplissant la salle, le groupe n’a aucun mal à créer une atmosphère onirique assez impressionnante. Quelques incursions du clavier viennent parfaire le tableau bien qu’elles se fassent relativement trop rares. Vous l’aurez compris, les Lorrains prennent leur temps pour développer leurs compositions et leur set de 35 minutes en vient à sa conclusion bien trop rapidement.

wheelfall, metz, les trinitaires, 2016

La salle se remplit doucement et le public observe, intrigué, le spectacle qui se joue sous ses yeux en se laissant bercer par l’atmosphère déployée.

Slatsher

On vous a promis une soirée éclectique, c’est chose faite. Après le doom/sludge de Wheelfall, c’est le progressive death metal de Slatsher qui envahit la scène des Trinitaires. Dès les premières notes, on est déjà soufflé par la débauche de technique assez incroyable de tous les membres du groupe, à tel point qu’on a l’impression d’assister à la prestation d’un poids lourd du death technique. Que nenni, Slatsher est bien un groupe local basé à Jarny. C’est dire la qualité du plateau rassemblé par Damage Done Prod pour le festival.

slatsher, metz, les trinitaires, 2016

Malheureusement pour le quintette, le son est trop brouillon en début de set. Les trois premiers morceaux ont du mal à convaincre, malgré la performance exemplaire des musiciens. Le son gagne cependant en clarté au fur et à mesure du set et c’est le moment que choisit le groupe pour sortir The Adamant, composition impressionnante, tout en groove et en changement de rythmes.

slatsher, metz, les trinitaires, 2016

Les guitaristes rivalisent de solos et de plans en tapping d’une précision remarquable compte tenu de la technicité de la musique jouée. Mais selon les titres, on a tout de même tendance à se perdre dans cette avalanche de notes jouées sans presque aucune pause. Heureusement, comme pour Wheelfall, Slatsher ponctue ses compositions avec des passages progressifs qui offrent une petite respiration. De plus, alors que les chansons fourmillent de détails, rien ou presque n’est samplé et les musiciens réduisent les erreurs au minimum. Un vrai exploit de précision.

Au final on parvient à passer un bon moment et la bonne humeur des musiciens est communicative. Le public commence maintenant à bien remplir l’ancienne chapelle des Trinitaires. Au bout de 35 minutes et après avoir offert deux morceaux prometteurs de son prochain album, le groupe se retire en ayant sûrement convaincu de nouveaux adeptes, malgré une prestation un peu gâchée par le son.

Dust In Mind

Les Alsaciens de Dust in Mind commencent à se construire une petite notoriété à l’échelle régionale, ce qui justifie leur présence en tant que main support en ce premier jour de festival. Leur metal symphonique n’est pas forcément en adéquation parfaite avec la tête d’affiche mais après tout, les sonorités industrielles qu’on peut y entendre en studio auraient pu constituer une passerelle. En théorie car en pratique, le son catastrophique empêchera de les entendre tout au long du concert !

Beaucoup trop en avant dans le mix, la batterie écrase pendant toute la durée du set les autres instruments. Il est quasi impossible de distinguer les guitares, la basse ou même le chant, ce qui vous en conviendrez est un peu problématique. Le public des Trinitaires n’est donc pas très réactif et dodeline gentiment de la tête malgré les nombreux appels du guitariste Damien.

Ce dernier est d’ailleurs celui qui donne la meilleure impression avec son chant varié, capable de passer du growl au chant clair sans problème. La chanteuse Jen peine en revanche à se faire entendre du public. Avec un décor scénique plutôt riche et des musiciens bien en place, Dust in Mind a pourtant tous les atouts pour délivrer un set réussi, mais ce sera sûrement pour la prochaine fois. En attendant, scène plutôt cocasse, le groupe distribue au premier rang des boissons énergisantes à son effigie qui sont illico confisquées par la sécurité (car c’est interdit, voyons !).

La formation enchaîne ses morceaux sans temps mort et Jen prend tout de même un moment pour remercier le batteur Arnaud qui effectue son dernier concert derrière le kit. Dommage que les conditions  pour une dernière ne soient pas idéales. On se surprend à attendre distraitement que le set se termine, puisque jusqu’au bout les sonorités industrielles des alsaciens n’auront pas été audibles.

Samael

22h25, c’est pile à l’heure que Samael fait son entrée sur la scène des Trinitaires, à la plus grande joie de ses fans venus visiblement en nombre. « Shining Kingdom » qui ouvre la soirée promet déjà une setlist orientée old-school et les fans des albums sortis dans les années 90 en auront pour leur argent, avec pas moins de six titres de Ceremony Of Opposites et quatre de Passage.

samael, metz, les trinitaires, 2016

Un concert de Samael, c’est indéniablement une expérience unique. En live, les morceaux prennent une autre dimension en mélangeant la puissance de feu du black metal au groove de l’indus. Rapidement, Vorph s’empare du micro pour annoncer « Of War », du dernier album Lux Mundi. Un titre majestueux aux claviers grandiloquents mais qui permet de s’apercevoir que si le son est plutôt bon, les machines de Xytras sont légèrement en retrait dans le mix. Dommage. Cela n’empêche pas ce dernier de se démener derrière son mini-kit, apportant avec sa batterie programmée un côté étonnamment dansant aux vieux titres de Samael. Une boite à rythme qui permet au nouveau bassiste Drop de poser son groove de fort belle manière, cimentant ainsi la rythmique du groupe.

samael, metz, les trinitaires, 2016

A la guitare, Makro offre une performance quasi-parfaite, s’amusant même à quelques improvisations facétieuses. Le guitariste respire la classe dans son maquillage double-face, même s’il est souvent gêné dans ses mouvements par le câble de sa guitare, qu’un roadie doit régulièrement venir détendre. De quoi amuser une bonne partie du public.

Bizarrement, ce dernier est plutôt calme, alors que l’indus des Suisses incite au déchaînement. Vorph semble le remarquer, mais le frontman est loin de se formaliser pour ce genre de choses. S’il est des musiciens au charisme naturel, nul doute qu’il rentre facilement dans cette catégorie. Echangeant sans cesse avec le premier rang, communiquant dans un français parfait, ses chants black et indus se mêlent parfois si bien qu’il est impossible de les distinguer.

samael, metz, les trinitaires, 2016

Au final, après un début de concert en forme de best of, le groupe rentre dans le vif du sujet en terminant son set par six titres de son album culte Ceremony Of Opposites, dont le tube indémodable « Baphomet’s Throne » mais aussi quelques raretés comme « To Our Martyrs ». Après le traditionnel rappel, Samael boucle le tout avec « The Truth Is Marching On », où Vorph nous invite à nous lâcher complètement pour un final en apothéose.

samael, metz, les trinitaires, 2016

Malgré l’absence de nouveautés studio depuis déjà presque six ans, Samael prouve qu’il est toujours capable de faire plaisir à ses fans en ressortant partiellement Ceremony of Opposites le temps d’un concert. Les Suisses sont toujours irréprochables en live et semblent avoir encore un bien bel avenir devant eux, avec leur son unique. Pour les festivaliers du Haunting The Chapel, l’heure est maintenant au repos avant d’accueillir les thrashers de Destruction dès le lendemain.

Setlist : 
Shining Kingdom
Rain
Of War
Luxferre
Slavocracy
Reign of Light
Infra Galaxia
Jupiterian Vibe
Makro's Guitar Solo
Solar Soul
My Saviour
Black Trip
Baphomet's Throne
Flagellation
Crown
To Our Martyrs

Ceremony of Opposites
The Truth Is Marching On

© photos : Clémentine Desloges



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