Parkway Drive (+ Architects et Thy Art Is Murder) à  La Cigale (11.02.16)


Quand Parkway Drive avait annoncé sa tournée européenne avec deux dates françaises, les fans étaient en joie. Mais quand les invités se sont révélés être Architects et Thy Art Is Murder, il était impossible de nommer cette tournée autrement que « tour of the year ». Dans une Cigale pleine à craquer, les Australiens ont absolument tout retourné sur leur passage pour ne laisser qu’un champ de bataille ruiné.

 

Thy Art Is Murder

Il est 19h00 pétante quand les Australiens (eux aussi) de Thy Art Is Murder prennent place sur la scène de La Cigale. La scène de Parkway Drive prenant énormément de place, celle-ci est donc assez réduite pour les premières parties.  Suite au départ de CJ McMahon au poste de chanteur, c’est Nick Arthur (ex-Molotov Solution) qui prend donc le micro et c’est une vraie réussite sur le plan vocal. Sur l’épreuve du live, il est quasiment impossible de faire la différence entre les deux vocalistes. Il faut dire que le son de La Cigale est incroyablement bon et précis ce soir même si on sent un léger de manque de puissance.


Sur le plan de la setlist, Thy Art Is Murder met très fortement à l’honneur son dernier album Holy War. « Absolute Genocide » est un choix risqué pour entamer le set puisque le morceau est relativement lancinant (enfin, pour du deathcore) mais la maîtrise de chacun des membres est impressionnante. Pas de Winston McCall sur « Coffin Dragger », dommage vu la présence des deux groupes sur la même tournée nous étions en droit de nous attendre à un duo. Les titres de Hate – « The Purest Strain of Hate » et « Reign of Darkness » – sont ceux qui récoltent le plus les faveurs du public.

Du côté de la scène, c’est malheureusement ultra statique et il faut le dire, un poil ennuyeux. Autant sur CD la puissance et la violence font mouche, autant en live l’immobilisme des musiciens, à l’exception du chanteur, n’aident pas à rentrer dans l’ambiance. Carré mais redondant, voilà ce qu’on pourra conclure de la prestation des Australiens ce soir.

Setlist:
Absolute Genocide
Coffin Dragger
The Purest Strain of Hate
Shadow of Eternal Sin
Reign of Darkness
Light Bearer
Holy War


Architects


Invités très spéciaux sur cette tournée, les Anglais d’Architects ne sont pas là pour séduire un public puisqu’ils sont même en terrain plus que conquis. Bien sûr que Parkway Drive est la tête d’affiche mais on ne se trompera pas en voyant la fosse s’électriser dès les premières notes de « Gravedigger ». Comme pour Thy Art Is Murder, le son est incroyablement bon mais manque un peu de puissance notamment sur la voix de Sam Carter (mais au vu des discussions d’après concert, cela semble plutôt venir de notre placement).

Les slammeurs commencent à se manifester pour le plus grand malheur de la sécurité qui ne semble pas du tout heureuse de cela, mais nous reviendrons un peu plus tard. Sur scène, les membres d’Architects ont eux aussi peu de place pour s’exprimer mais il y a beaucoup plus de mouvement et Sam Carter arpente celle-ci frénétiquement de gauche à droite tout en haranguant une foule qui lui mange dans le creux de la main. En parlant de ce dernier, il ne porte pour une fois pas de tee-shirt à l’effigie de Sea Sheperd dont il est l’ambassadeur au Royaume-Uni mais en revanche un drapeau à sa place sur l’ampli basse d’Alex Dean.

Sur les neufs titres joués ce soir par le combo de Brighton, huit viennent du petit dernier Lost Forever // Lost Together. Il faut dire que celui-ci n’est rempli que de pépites et de tubes. « Broken Cross » et « The Devil Is Near » voient apparaître les premiers circles-pits du set.

Dès le début de « Naysayer » on sent un Sam Carter sur les nerfs et pour cause, la sécurité continue de maltraiter les slammers en leur signifiant que le deuxième passage sera synonyme d’expulsion de la salle. Ainsi un jeune homme et un homme de la sécurité sont en intense discussion lorsque le frontman d’Architects descend dans la fosse pour s’interposer entre les deux et terminer cette altercation. Bravo à lui pour s’être interposé, c’est assez rare pour être souligné ! En immense professionnel, le quartet arrive à redémarrer la chanson et le public le leur rend bien en mettant la fosse sens dessus-dessous.

La prestation d’Architects s’achève sur le seul titre non-issu de Lost Forever // Lost Together puisque c’est « These Colours Don’t Run » qui vient clore les quarante minutes allouées à Architects !

Setlist:
Gravedigger
Broken Cross
The Devil Is Near
Dead Man Talking
Colony Collapse
Castles in the Air
Naysayer
C.A.N.C.E.R
These Colours Don’t Run

Parkway Drive


Nous nous en doutions mais la configuration de La Cigale ne permet pas à Parkway Drive de nous offrir de la pyrotechnie comme sur le reste de la tournée, c’est bien dommage tant celle-ci fait vraiment partie intégrante du show des Australiens à l’heure actuelle. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois.

Il est 21h10 quand les lumières de la salle s’éteignent et que les premières notes de guitares se font entendre. C’est « Destroyer » qui ouvre le bal avec sur scène un immense rideau au couleur d’IRE qui tombe au moment où le morceau démarre vraiment tout en envoyant des confettis sur le public.

Autant le dire tout de suite, on sait accueillir chez Parkway Drive ! Le combo nous sert un doublé d’IRE puisque c’est « Dying To Believe » qui prend la suite et qui fait bouger une fosse chaude comme la braise. Alors que la première partie du public est acculée contre la barrière, la seconde moshe sans répit et il arrive très souvent qu’un déplacement latéral sur cinq mètres soit réalisé par tout le monde. Après deux titres récents, on revient au début de la carrière du combo de Byron Bay avec « Carrion » qui fait soulever une salle pleine de fond en comble. Lumière éteinte sur la scène, dirigée vers le public, c’est cette assemblée qui entame le morceau en criant à pleins poumons le titre, électrisant.

Suite à quelques soucis familiaux, Jia O’Connor (basse) ne tient pas sa place sur la tournée et c’est donc Andy Marsh, guitariste de Thy Art Is Murder, qui est à la quatre cordes. Après des premiers concerts assez statiques, le jeune homme prend de l’assurance et on le voit exécuter les quelques mimiques scéniques de Jia O’Connor,notamment lorsqu’il simule un circle-pit avec Luke Kilpatrick (guitare).

Tous les titres de Parkway Drive sont des tubes et ils nous prouvent leur position de roi du metalcore encore ce soir. Le trio « Karma » – « Dark Days » – « Deliver Me » fait craquer le sol de La Cigale et le sourire sur le visage des membres du combo trahit cette fierté d’être présents et de faire passer une bonne soirée au public. Comme toujours Winston McCall (chant) a la banane pendant tout le concert, prenant la parole à quelques occasions pour remercier le public mais c’est surtout son attitude pendant les chansons qui nous prouvent que cet homme est un des frontman les plus charismatiques de sa génération – on lui pardonnera sa teinture blonde.

Titre le plus décrié du dernier album pour son côté ultra radiophonique, « Vice Grip » est cependant un morceau fédérateur et très clairement, quoi de meilleur en live ? Nous avions déjà eu la chance de l’entendre pour la première mondiale en juin dernier à Lille et maintenant que celui-ci est rodé, c’est même un des titres recueillant le meilleur accueil de la soirée.

Parkway Drive délivre une setlist qui offre une part belle aux nouveaux titres, qui d’ailleurs passent l’épreuve du live haut la main et qui ravissent le public, en les alternant avec des anciens ainsi « Idols And Anchors » signe un retour aux sources d’Horizons avant que Winston McCall nous annonce l’arrivée du titre le plus violent d’IRE et c’est une certaine euphorie qui s’empare des gens ayant compris ce qui allait se passer : « Dedicated ». Avec un nouvel album tourné vers des  sonorités plus originales, « Dedicated » sert un peu de rappel – à la limite du fan-service – aux tous premiers sons de Parkway Drive sur Killing With A Smile notamment. La fosse est toujours en furie mais on sent que la fatiguegagne le public. Les crowdsurfers eux sont toujours sur un petit nuage, se faisant transporter d’un bout à l’autre de la salle.

Ce soir, pas de « Romance Is Dead » mais plutôt un enchaînement « Bottom Feeder » – « Swing » du plus bel effet pour terminer la prestation dantesque que vient de nous accorder Parkway Drive. La totalité de la fosse s’époumonne sur les « Swing, swing, swing […] motherfuckers » avant qu’un breakdown vienne détruire les cervicales encore en état d’headbanguer.

Le combo quitte la scène pour mieux revenir avec « Crushed » et le morceau final, « Home Is For The Heartless » pour lequel Winston McCall exprime sa satisfaction de la prestation du public et ne demande qu’une chose, que nos voix se joignent à la sienne pour terminer en beauté cette soirée. IRE permet à Parkway Drive de s’ouvrir à un nouveau public, à la base peu enclin au metalcore mais qui apprécie les mélodies de ce dernier opus et ce n’est que mérité pour les Australiens. Le groupe va continuer de grandir auprès du public metal plus classique et n’a pas fini de nous envoyer des shows ultra léchés à base de morceaux fédérateurs.

Setlist:
Destroyer
Dying to Believe
Carrion
Karma
Dark Days
Deliver Me
Vice Grip
Idols and Anchors
Dedicated
Wild Eyes
Bottom Feeder
Swing
Encore:
Crushed
Home Is for the Heartless



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