Selim Lemouchi, guitariste de The Devil’s Blood

Après un passage remarqué au Nouveau Casino à Paris, Selim Lemouchi, guitariste, leader, compositeur et parolier de Devil’s Blood nous a accordé quelques minutes pour une interview.

La Grosse Radio : Le nouvel album, The Thousandfold Epicentre, sonne un peu différemment du premier, Time Of No Time Evermore. Pourquoi ?

Selim Lemouchi : La principale différence réside dans le temps que ça a pris. Il a été composé en 11 mois, alors que la période d’écriture pour le premier a duré 3 ans. Sur ce disque, on peut avoir un meilleur point de vue sur le groupe à l’instant T. On peut y vois un groupe plus mûr, et avoir une vision plus précise de ce que The Devil’s Blood est.

En revanche, le style n’a pas changé, vous êtes toujours dans le trip 70’s !

Ce n’est pas vraiment un choix. C’est ce qui sort. Quand je prends une guitare et que je veux faire une chanson, elle sort comme ça. Je n’ai pas vraiment le choix, ça vient naturellement. Ce style, c’est ma vision de la musique, et c’est tout ce que je sais faire. C’est pour ça que nos albums sonnent de cette manière.

Quel est le sens du titre « The Thousandfold Epicentre » ?

J’aimerai que chacun se concentre sur sa propre interprétation des paroles et du titre. Plus j’en dis, plus je retire du pouvoir à l’imagination de l’auditeur. On va dire que ce titre représente un certain stade dans l’évolution de The Devil’s Blood. The Thousandfold Epicentre doit laisser libre cours à ton imagination. C’est le point de départ. Les paroles s’expliquent par elles-mêmes, tout comme le titre. Je ne veux embrumer l’esprit de personne avec mon interprétation.

L’artwork à l’intérieur de l’album est assez travaillé. Est-ce que tu as choisi l’artiste toi-même ?

Oui, cela faisait un moment qu’on était en contact. Il voulait vraiment travailler avec The Devil’s Blood. Je lui ai donné les démos des chansons, je lui ai aussi donné les paroles, comme ça il pouvait baser ses dessins sur l’interprétation qu’il faisait. Je ne lui ai rien dit sur ce que je voulais voir ou sur la symbolique qu’il voulait utiliser. Je lui ai laissé une liberté totale. Je suis très heureux du résultat.

Est-ce que vous compter travailler avec lui à l’avenir ?

Il y aura surement des sorties moins importantes avec des designs de lui, comme des produits du merch. Mais je préfère l’idée d’avoir un artiste et une esthétique différente pour chaque album. Donc on en choisira un autre quand le prochain album viendra.

Pour ce disque, vous avez choisi de rester avec le label Vàn Records. Etes-vous satisfait de votre collaboration ?

Oui, très. Vàn Records a fait un excellent travail pour nous par le passé, et je leur fais confiance pour l’avenir. Certains labels indépendants plus gros se sont intéressés à nous, mais il y avait toujours des clauses dans les contrats sur lesquelles on ne tombait pas d’accord. Comme on ne voulait pas vendre nos âmes, on a décidé de rester chez Vàn Records. Chez eux, nous avons une liberté totale. C’est nous qui décidons quand faire l’album, quand sortir l’album, comment il va sonner, à quoi il va ressembler. Notre label est tout à fait d’accord avec nous sur ce point.

Selim Lemouchi

Le 2 décembre, vous étiez en concert à Paris. Quelles ont été tes impressions ?

Je ne sais pas ! Je pense que c’était bien, mais quand je suis sur scène, j’oublie où je suis. Je pourrais être à Paris, Helsinki, ou une autre ville, ce n’est pas si important au final. C’est très dur de se souvenir de ce qui s’est passé à telle ou telle date. Tout ce dont je me souviens, c’est la nuit de fou que j’ai passé après. Se retrouver dans Paris à 7h du matin, complètement bourré, c’était très drôle. Je pense que le rituel en lui-même s’est bien passé, je ne m’en plains pas !

As-tu pu voir le show de The Hangman’s Chair en première partie ?

Cela fait des années que les gars de Hangman’s Chair et moi sommes amis. On fait ce qu’on peut pour les aider et leur permettre de monter sur scène avec nous nous fait plaisir. Ils ont eu des problèmes techniques, mais les chansons qu’ils ont pu jouer étaient déjà très bien, donc on est heureux d’avoir pu les avoir avec nous ce soir.

Il se passe pas mal de choses dans vos concerts. Vous les appelez d’ailleurs Rituels. Pourquoi ?

Je pense que chaque performance artistique est un rituel en soi. L’art est intimement lié au spirituel. A chaque fois, on montre son adoration pour une puissance créatrice ou divine, ou même démonique. C’est pour cela que nos concerts sont présentés comme une cérémonie, pour honorer ces puissances que l’on essaie d’atteindre. Nous posons un autel sur scène et jouons de cette manière de façon très naturelle. Il n’y a pas de dimension théâtrale ou d’artifices. On veut se concentrer sur un point, et on essaie d’amener le public à ce concentrer sur quelque chose qui n’est pas nécessairement humain ou même physique. On cherche à aller et à emmener ceux qui le veulent bien au-delà de la musique.

Vous allez bientôt revenir au Hellfest, en 2012. Es-tu content de te retrouver là-bas ?

Honnêtement, je m’étais éclaté à ce festival la première fois que j’y ai été (en 2010, le vendredi 18 juin). On avait joué avec Watain, et d’autres groupes, je ne me souviens plus lesquels. C’était notre seconde date en France dans notre carrière, et on avait eu des réactions très positives. C’était aussi l’une des premières fois où on jouait en dernier sur une scène aussi grande (La scène de la terrorizer tent), et tout cela nous a bien plu. En plus de ça, j’ai hâte de voir Blue Öyster Cult. Il y a Black Sabbath aussi. J’ai grandi avec ces groupes, donc j’irai les voir avec plaisir. Comme au Graspop Metal Meeting (Belgique) l’année dernière, j’ai pu voir Aerosmith. J’ai pu revenir à mes 12 ans et voir mes héros jouer leur musique géniale sur scène.

As-tu une préférence sur les endroits où tu joues ? Tu préfères les gros festivals ou les dates en clubs ?

Tourner en tête d’affiche fait que tu peux te permettre d’exiger plus de choses. Tu peux avoir plus de temps pour les soundchecks, tu peux jouer dans de meilleures conditions, avoir de la meilleure nourriture aussi ! Toutes ces petites choses qui te rendent la vie plus facile. Mais en festival, tu peux aussi rassembler plus de fans. Si je devais choisir, je prendrais les dates en tête d’affiche uniquement, mais je ne me plains pas des festivals et des opportunités que cela peut amener.

Est-ce qu’il y a des groupes avec qui tu aimerais tourner ?

Je n’ai pas d’idée qui me vient, mais, dans l’idéal, j’aimerai tourner avec des groupes qui partagent notre vision du monde. On a déjà des choses de prévues, mais, pour l’instant, c’est trop tôt pour révéler les détails.

Un dernier mot aux fans français ?

Merci à tous ceux qui écoutent The Devil’s Blood, et qui nous aident à grandir. On espère tous vous voir bientôt.

Un grand merci à Rose Vignat de Season of Mist.

Photo live par Cathrin « Hüpfmaus » Kruse. Utilisée sous licence Creative Commons.
 



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