Morbid Angel à  la Machine du Moulin Rouge (16.12.2011)


Rites immortels à la Machine

Après avoir mis le public du Hellfest à genoux, les floridiens de Morbid Angel reviennent défendre leur dernière offrande aux amateurs de death metal, Illud Divinum Insanus, cette fois dans une salle parisienne. Voix d’outre-tombe et riffs chaotiques étaient de la partie, pour le plus grand bonheur des headbangueurs. En ouverture, les qataris Nervecell et les suédois Necrophobic ont su réveiller les spectateurs.

Nervecell

La soirée commence avec Nervecell, groupe de death metal qui emprunte quelques rythmiques et mélodies à la musique orientale. Orphaned Land a ouvert la voix, et c’est avec une vision plus extrême de la musique que les qataris se glissent dans leur sillage. Gros riffs et voix profonde et rocailleuse sont donc de mise.

Si le groupe a réveillé quelques metalleux, la partie n’était pourtant pas gagnée d’avance. Personne ne se trouvait près de la scène lorsqu’ils sont montés dessus. Après une première chanson accueillie de manière timide par le public parisien, la tension est montée d’un cran avec « All Eyes On Them ». Le charisme de James Khazaal, bassiste et frontman, aura eu raison des plus excités. Entre deux vociférations enragées, le hurleur fait part au public de ce qu’il avait appris de plus poétique en français. C’est donc sans déplaisir qu’il se met à hurler « garage à bites » et autres « salope » au micro, dans l’hilarité générale.

Aidé par un son correct, le groupe alterne couplets sulfureux et ponts plus mélodiques. Le soliste Rami H. Mustapha peut alors montrer toute la propreté de son jeu dans des solos teintés de musique orientale. Brutal, mais rarement bêta, Nervecell arrive à provoquer quelques mosh devant la scène de la petite salle. Cerise sur le gâteau pour les amateurs du genre, le groupe reprendra « Where Next To Conquer » des anglais Bolt Thrower.

Le groupe n’ayant pas de batteur attitré, c’est Kevin Foley, du groupe français Benighted, qui est sur le tabouret. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas pu jouer à Paris à cause du timing trop serré. James ne manquera pas de remercier l’initiative du groupe stéphanois de leur avoir laissé la place.

Inconnus du public, Nervecell a su en réveiller une bonne partie, et surement gagné de nouveaux fans ce soir. Une soirée de gagnée pour les metalleux orientaux.

Nevercell

Setlist :

Première chanson
All Eyes on Them
Amok Doctrine
Vicious Circle of Bloodshed
Where Next to Conquer (reprise de Bolt Thrower)
Demean

Necrophobic

Les suédois de Necrophobic emboîtent le pas à Nervecell devant une foule bien plus complacte. Le groupe a déjà son public réuni devant la scène, qui se montre bien plus excité. L’entrée des vikings maquillés est bien plus acclamée. Le public ne manquera pas de montrer son implication en multipliant mosh, slams et autres bousculades en tout genre.

Leur mélange de black et de death metal se montre redoutablement efficace. Tobias Sidegard fait grincer ses cordes vocales en vociférant des titres comme « Celebration Of The Goat » ou « Revelation 666 ». Tout un programme. L’ambiance macabre et enfumée qui règne n’épargne aucun présent. Certains ont cependant remarqué une boule à facettes accrochée au plafond qui tournait. Un contraste qui en amuse plus d’un.

Au milieu de cette déferlante evil, les guitaristes Johan Bergeback et Sebastian Ramstedt arrive toutefois à placer quelques passages mélodiques efficaces qui enrichissent les titres sans casser la dynamique installée. Et ce n’est pas le son moyen qui freine leurs ardeurs. Tout ceci n’empêche pas au groupe de se montrer proche de son public. Entre les chansons, le frontman n’hésite pas à échanger quelques mots avec les fans au premier rang.

C’est un succès pour Necrophobic, qui a bien su chauffer les voix et cervicales des metalleux assoiffés de gros riffs. Place maintenant au clou de la soirée.

Necrophobic

Setlist (ordre incorrect) :

Celebration of the Goat
Revelation 666
The Nocturnal Silence
The Crossing
Age of Chaos

MORBID ANGEL

Le public est à bloc lorsque s’ouvre le rideau de la grande scène de la Machine du Moulin Rouge. Après une courte intro, le groupe balance « Immortal Rites », classique de leur premier album. Les mosh se multiplient, les slams sont nombreux, et les vigiles sont sans cesse sollicités pour dégager la scène les fans.

Ces envahisseurs ne gênent pas David Vincent, chanteur légendaire de Morbid Angel, qui vocifère sa haine avec son timbre profond et unique. Comme tout bon frontman, il fait preuve d’un charisme exemplaire. En deux mots, il se met le public dans la poche, et ne le lâche pas.
Malgré le temps imposé par la salle, qui force le groupe à servir un set plus court par rapport à l’ensemble de la tournée, David ajoutera, à la demande d’un fan, l’un des tubes du dernier album, « I Am Morbid ». Un frontman qui sait se montrer classe et spontané.

David Vincent

Le fan ne peut que se montrer ravi par la setlist. Aucun titre de la période Steve Tucker n’est joué ce soir, et la part belle est faite aux classiques Altars of Madness et Covenant. Les fans peuvent donc achever leurs cervicales sur les classiques « Chapel Of Ghouls » et autres « God Of Emptiness ». Le petit dernier, malgré les critiques négatives qu’il a reçues, n’est pas oublié, et est représenté par les trois titres les plus susceptibles de plaire aux inconditionnels, « Existo Vulgoré », « Nevermore » et  « I Am Morbid ». Petite curiosité de set, seules deux chansons de Blessed are The Sick sont présentes, alors que l’album a fêté ses 20 ans cette année. La mode des tournées anniversaires ne prend pas chez les floridiens.

Côté son, l’ensemble de la salle est bien servi, les instruments sont assez équilibrés et clairement rendus. Malheureusement, la sonorisation hasardeuse de la salle donne un rendu bien moins fidèle au premier rang. Les fans sont donc forcés d’entendre quasi-uniquement l’ampli en face. Ce qui est dommage pour un groupe qui joue beaucoup sur le duo des guitaristes.

Ce duo aura eu une allure étrange ce soir. Si Destructhor, guitariste recruté sur Illud Divinum Insanus, se montre appliqué et impliqué dans le concert, le leader du groupe, Trey Azagthoth, se fait tout petit et se cache derrière sa crinière brune. L’interaction faible entre lui et le reste du groupe fait jaser les fans. Heureusement, ses solos chaotiques qui font partie de l’identité de Morbid Angel sont toujours présents pour le bonheur des amateurs de sonorités dissonantes. Côté rythmique, Tim Yeung, remplaçant de Pete Sandoval, se montre appliqué et énergique, pendant que David Vincent assure ses parties de basse avec aisance.

Trey Azagthoth

Avec un décor minimaliste et un set écourté, les vétérans du death metal arrivent à mettre le public à leurs pieds et à montrer leur maîtrise de la scène. Ils arrivent sans peine à installer une ambiance de souffre, où les riffs lourds et les voix d’outre-tombe décuplent les sensations des fans. Les gars de Morbid Angel ont le death metal dans le sang.

Setlist :

Immortal Rites
Fall From Grace
Rapture
Day of Suffering
Blasphemy
Maze of Torment
Existo Vulgoré
Nevermore
I Am Morbid
Angel of Disease
Lord of All Fevers and Plague
Chapel of Ghouls

Rappel :

Where the Slime Live
God of Emptiness
World of Shit (The Promised Land)

Photos par Pedro Roque, Alejandro Juàrez, Edi Foritni, David Tyler, utilisées sous licence Creative Commons.
 



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